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Le Trou de Jean-Luc !

La première fois que Jean Luc Kammerer (GS Marcel Loubens) me parle de ce fameux Trou du Pic, c’est en novembre 2014, lors d’un stage photo organisé à Montrond … ses photos me font rêver.
La seconde, c’est toujours Jean-Luc lors de la formation « baguettes », à Montrond également … là, je commence à tirer la langue !
Il revient à la charge en juin 2019 à Montivernage lors de la journée avec l’association « P’tis Bouts de Ficelle »… C’en est trop !

Au moment je commençais à oublier ce « Trou de l’Arlésienne ! » Jean-Luc propose des dates ! MIRACLE!

Un petit mail sur la liste … il n’y a que Christophe le pompier qui se manifeste (c’est vrai qu’on est en semaine). Le parking du Colruyt d’Arcier nous sert de lieu de RDV, celui-ci est balayé par un vent glacial.
Heureusement, la cavité est à l’abri en sous bois (bien plus cool pour enfiler une néo). On se retrouve à 5 spéléos, avec mon fidèle compère Gérard et Claude du GSAM.
C’est sûr et certain, avec notre Jean-Luc pour guide, on va passer une excellente journée sous le signe de la franche rigolade. Quand il nous annonce qu’il est déjà descendu 130 fois dans ce trou, on est tous un peu sur le cul (facile!).

Facile, c’est le mot juste pour qualifier la difficulté de progression … on ne fera du 4 pattes qu’une seule fois et sur 4 mètres ! Je ne suis pas encore complètement rétabli d’un mal de dos aigu et j’ai quand même pu suivre la petite troupe (au passage, merci pour le portage du matos).

Le code du cadenas est toujours le même (&@4 %£$). Le puits artificiel de 12 m est équipé de 3 échelles métalliques qui se succèdent.
Avec les explications éclairées de notre professeur, on a tous les détails sur l’historique de l’exploration du Réseau de la Sapoie Aval.
Il en est de même pour l’approche photo : on ne rate pas une bouchée des particularités photogéniques que l’on zapperait aisément sans Jean-Luc.

 

Cela fait 20 ans que les non plongeurs peuvent découvrir ce tronçon de réseau souterrain. Un travail énorme a été fait : Radiolocalisation – percement- exploration – aménagements en tous genre – mise en place du cheminement, de mains courantes sur près de 500 m de long ! – descente d’embarcations …).

La galerie « Isidore » est un conduit semi actif présentant un somptueux cocktail d’érosion, de concrétionnements remarquablement bien conservés, de superbes chailles parfaitement noires au sol et au plafond… bref, des spots photo en pagaille.
On pose nos sacs au carrefour précédant la « Bifurcation », celle où l’on rejoint le collecteur et qui sert d’embarcadère.
C’est une toute autre ambiance qui nous attend maintenant (on a l’impression de visiter un nouveau trou): Il s’agit de 2 plans d’eau successifs de 300 mètres de long séparés par une salle.
Le gabarit de la galerie est impressionnant par ses volumes photogéniques.
Pour continuer, plusieurs solutions s’offrent à nous. Le kayak avec l’option de monter dessus à califourchon, les bouées et la nage en se tirant (ou pas) aux cordes en place.
Christophe et Claude choisissent le bateau, ce qui rend notre progression franchement insolite.
Ca me fait un peu penser aux barques de Padirac mais en beaucoup mieux.
Au bout de 600 mètres de magnifique rivière, on se hisse hors de l’eau pour rejoindre un lac suspendu qui marque l’extrémité de la partie visitable sans bouteilles.
A vol de chauve souris, nous ne sommes qu’à 400 mètres de la Résurgence de la Font de Lougres.

Vous l’avez compris, le retour se fait donc à contre-courant mais le débit très faible aujourd’hui ne présente pas de résistance.
En hautes eaux, c’est une autre histoire; Jean Luc en a fait lui-même l’expérience et nous le raconte comme si on y était.

On commence la séance photo en suivant les suggestions de notre hôte : En remontant un talus de terre, Gérard domine une très belle perspective aquatique. Christophe et Claude occupent chacun leur rafiot tandis que Jean-Luc et moi sommes cachés derrière les modèles pour envoyer la sauce en contre-jour. C’est un beau challenge collectif qui n’est possible que parce que nous sommes suffisamment nombreux et en même temps partie prenante de l’objectif fixé.

Ensuite, retour au port. On amarre les frêles esquifs et leurs pagayes en hauteur pour éviter qu’elles ne soient emportées.
Puis vient l’heure de la soupe aux vermicelles et des casse-croûtes. Le repas devient rapidement un nouveau prétexte pour notre guide « d’amuser la galerie ».

On se séparent en 2 groupes photos (pas pour longtemps).La batterie du Godox de Gérard n’apprécie pas l’ambiance humide et refuse de démarrer. On se partage alors les flashs mais on se rend rapidement compte que ce n’est pas suffisant pour éclairer correctement certaines scènes.
Du coup, on continue ensemble en alternant les prises de vues.
Après 5h30 passer sous terre, nous retrouvons la lumière du jour avec des souvenirs plein la tête.
C’est sûr, on y reviendra. Un GRAND MERCI à toi, Jean-Luc.

Toutes les photos   (dont quelques unes de Jean Luc  et d’autres de Christophe)     ICI

Et le lien de la vidéo que Christophe à réalisé :

 

 

Guy

Plan B : Réseau sup des Cavottes

Une nouvelle fois, la météo ne nous est pas favorable pour aller traîner nos bottes dans les grandes avenues de la Borne aux Cassots. (Partie remise au 04 janvier : on croise les doigts !)

 

Nous sommes une demi-douzaine à opter pour un plan B. Damien et Jean Lou choisissent d’aller à la Baume des Crètes et nous sommes 4 à nous retrouver devant l’entrée des Cavottes.
Alex est venu avec sa grande fille Alice (11 ans) et j’ai invité mon petit Mathieu (34 ans) à se joindre à nous.

 

Nous sommes presque équipés quand l’averse s’arrête alors qu’Alex et Alice arrivent pour bénéficier d’une courte accalmie. On ne croisera personne durant notre périple souterrain … la cavité sera pour nous tout seul.

Mathieu et moi n’avons jamais mis les pieds dans la salle terminale du réseau Nord et j’ai dans l’idée d’aller y faire quelques photos (à condition toutefois que la voûte mouillante nous laisse passer).
Arrivés au bas du P7, nous découvrons un bestiaire d’argile et le passage bas. Hélas, il reste bien peu de place pour respirer et on va se retrouver trempés jusqu’ aux os. Dommage, on reviendra à l’étiage.

 

On repart tous en direction du P20, à l’extrémité de la galerie Sud pour casser la croûte et commencer une séance photo.
Bien au sec dans cette magnifique galerie aux passages en conduite forcée, on tape la causette en dégustant nos sandwichs.

 

Tandis qu’Alice et son père s’en retournent, nous cherchons des angles inédits que nous trouvons aisément. Mon grand angle (8mm) nous offre plein de possibilités. J’essaie de mettre en avant les plafonds qui sont très esthétiques. Mathieu se montre patient et créatif et adoptant des attitudes inédites et décontractées.

Avec ces images, qui sait, peut-être qu’on vous aura donné envie de visiter ou redécouvrir les Cavottes !

Toutes les photos   ICI

Guy

Objectif Pourpelui… les genouillères vont chauffer !!!

Photo de Romain, Gérard et Guy. En y regardant de plus près, on aperçoit 2 niphargus dans le bassin du premier plan)

Participants :

Guy DECREUSE, Gérard JAWORSKI (GCPM), Romain VENOT (GSAM)

Temps passé sous terre 8h00

On a profité d’une journée de congé de Romain pour réaliser une seconde séance photo dans le gouffre de Pourpevelle à Soye. Lors de notre première sortie photo dans ce gouffre nous nous étions arrêtés au début de la zone, dans la galerie sud, ou la baignade devenait obligatoire. Pour cette nouvelle sortie, nous avons complété notre équipement par une salopette néoprène que nous avons enfilé à l’arrivée dans la rivière.

L’objectif de notre promenade souterraine étant très ambitieux, nous savions que nous n’aurions pas le temps de faire beaucoup de photos (mais ce n’est pas le nombre qui compte).

La progression dans Pourpevelle est assez traumatisante pour les genoux et les coudes et nécessite un véritable engagement du fait des puits et de l’omniprésence de l’eau et de l’argile. Il convient de ne pas sous-estimer la dépense d’énergie nécessaire. Les lendemains sont durs avec quelques courbatures persistantes.

Aux temps jadis, j’avais l’habitude de passer en opposition au-dessus du puits de 8 mètres de la rivière, afin de descendre facilement, sans matériel, un peu plus loin. En conséquence j’avais conseillé à mes compagnons d’infortune de ne pas s’encombrer de matériel inutile… Est-ce l’effet de la sagesse liée à l’âge et/ou un peu moins d’inconscience, mais nous avons intelligemment mis une corde pour équiper ce passage facile, mais très aérien.

Le réseau reste assez paumatoire et c’est sans grande surprise que nous avons galéré avant de trouver le bon laminoir menant à Pourpelui. Le niveau d’eau étant trop important pour passer par le premier accès dans la galerie des cristaux qui siphonnait, nous avons dû nous enquiller la totalité du laminoir ! Guy et moi nous sommes arrêtés avant la fin sur fatigue et ras le bol, alors que Romain continuait jusqu’au bassin marquant l’entrée de Pourpelui 1, qui était bien rempli, avant de nous rejoindre, faute d’un temps suffisant pour imaginer une séance photo en solitaire dans « l’autoroute ASCO ».

De retour dans le canyon souterrain, nous décidons de réaliser une séance photo sur les spots repérés à l’aller. Dans des conditions difficiles, liées à la boue et l’humidité, je teste mon nouveau flash Godox avec quelques difficultés de synchronisation avec les flashs Yongnuo. Romain à une idée géniale de composition et d’éclairage, qui nous mobilise tous les trois pendant plus d’une demi-heure, mais avec un résultat exceptionnel (je vous laisse juge). La photo souterraine, telle que nous l’imaginons, prend effectivement du temps, car on ne prend pas des photos, on les construit… C’est un travail en commun ou chacun se met tour à tour à la disposition du photographe. Le modèle doit adopter une position « naturelle » et sourire (ce n’est pas toujours simple quand on en est à la dixième prise) et l’éclairagiste doit tenir un ou plusieurs flashs, parfois à bout de bras au-dessus et/ou dans un gour !

Au-final… Que du bonheur !

Le partage amical d’une double passion pour la photo et la spéléo. Un bonus pour Guy qui a apporté le matériel, a équipé, a déséquipé, s’est tapé le lavage des cordes et est souriant sur tous les clichés (il fait ses yeux de biche) !

Gérard

Ballade karstique en Haut Jura

Voyant que l’heure de la retraite ne va pas tarder à sonner, je ressens comme une envie irrépressible d’en avoir un avant goût  …   une virée photo, voilà ce qu’il me faut !
Franck n’est malheureusement pas dispo… tant pis, j’irai seul.

Le département du Jura regorge de sites karstiques dignes d’intérêt.
Je commence par la grotte des Sarrazins, vers Longchaumois. Sur Basekarst, ils parlent d’un beau phénomène illustrant bien les plissements jurassiens… Hum ! Elle se situerait à côté d’un ancien cimetière de Pestiférés … Ah !
Le descriptif est éloquent : Il s’agit en fait plus d’un abri sous roche que d’une véritable grotte mais le porche fait quand même environ 30 m de large, 2,5 de haut pour 10 à 12 m de profondeur. Elle est creusée par gélifraction sous une strate dans une zone de flexure très marquée où l’anticlinal de Longchaumois retombe sur la vallée de la Bienne.

Un bon sentier bien indiqué y conduit (1,4 km). Un seul mot me vient à l’esprit en arrivant sur place « Surprenant ». Cela ne ressemble à rien d’autre que je connaisse.
Voilà un beau challenge photo … pas si simple de trouver les bons angles de vue qui donneront une bonne idée de l’ensemble. L’objectif 9-18mm me sera bien utile.
Heureusement, l’appareil est équipé d’un intervallomètre : Je programme des séries de déclenchements à intervalles prédéfinis. Cela me permet d’aller donner les échelles sans être obligé de courir ! Pour ce genre d’endroit, c’est important d’avoir ce repère de grandeur pour se faire une idée juste de l’ampleur du site. Je n’avais qu’une hantise, c’est que le soleil s’en mêle et que je crame tous les contre-jours … il pleut et je suis à l’abri…que demander de mieux !

Seconde étape : j’irais bien du côté de Lamoura pour aller voir à quoi ressemble la grotte du Célary également pointée sur les cartes IGN.
Là aussi, il faut marcher un bon quart d’heure pour y parvenir.
L’entrée de la grotte se situe en falaise et on descend une soixantaine de marches pour y accéder. Devant l’entrée, je me demande comment elle a été repérée car c’est impossible de la deviner depuis le bas du banc rocheux. Ce n’est qu’en pénétrant à l’intérieur que j’ai l’explication : Au fond de la cavité, un puits rejoint le plateau et c’est par là que les spéléos sont descendus la première fois !).
Si cette grotte s’était trouvée en Loue-Lison, il y aurait eu peu de chance pour qu’elle soit aménagée de la sorte. Avec leurs milliers d’hectares de forêts, les communes de ce secteur sont riches. Pour que les locations liées au ski restent garnies à la saison chaude, les collectivités font des efforts pour que les séjours soient agréables.

Sur le chemin du retour, je fais une halte photographique du côté de Saint Laurent en Grandvaux.
Sur la commune proche des Chauvins, j’avais déjà cherché un lapiaz présenté comme un des plus beaux du massif jurassien mais les photos ne correspondaient pas avec ce que Franck et moi avions trouvé.
Cette fois-ci, j’ai apporté une carte vu du ciel bien utile car les zones rocheuses sont en plein champ. Je fais le tour de tous les « tas de cailloux » du coin et au bout d’une demi- heure, c’est bon : une magnifique dalle inclinée se présente devant moi. Les rigoles creusées par les ruissellements sont effectivement exceptionnelles. Le soleil joue à cache-cache avec les nuages et j’en profite pour mettre en évidence les creusements de la roche.
Je rentre enchanté de mon périple solitaire. Il ne me restait qu’à vous le faire partager avec ces quelques lignes. Peut-être cela vous donnera t-il envie d’aller les découvrir ?

Les plus belles images ainsi que les localisations des sites visités   ICI

Les flashs crépitent au Cul de Vau

Gérard suggère une sortie photo en ce samedi 01 juin ; Ca lui plairait bien qu’il y ait de l’eau … alors pourquoi pas le Cul de Vau.
Le GCPM y était il n’y a pas si longtemps pour une sortie initiation et rien que dans les 500 premiers mètres j’avais repéré pas mal de spots aquatiques.
Si on ne prend pas de photos, cette galerie dite « du Grand Lac » peut sembler monotone mais en y regardant de plus près, c’est un beau profil de canyon souterrain pratiquement droit.

De plus, l’eau est claire (…ce qui n’a pas toujours été le cas)

Je gonfle un bateau dès le début de ce très long bassin et on charge le matos dedans.

On poursuit jusqu’au premier gour crevé et on commence la séance en rebroussant chemin.
Je monte dans l’embarcation pour créer une ambiance « navigation insolite » et là, un bruit de sifflement se fait entendre !

 

Aie, aie !! ça commence bien. … temps pis, on se passera de cet accessoire pour cette fois.

 

Les gours crevés portent bien leur nom. On peut passer aisément par l’éventration à la forme carrée. Sur la photo ci-contre on remarque des peintures rupestres « récentes » en haut à droite !!

On ne peut pas dire qu’on se facilite la tâche avec ces conditions plus qu’humides. Les 4 flashs contre-jour sont fixés sur des trépieds et installés à fleur d’eau, dirigés à l’horizontal pour limiter les zones cramées)

Gérard est aux commandes de l’appareil hybride. Il a avec lui une lampe torche pour faire la netteté et un flash équipé d’un snoot. Cet accessoire est une sorte de tube qui se fixe devant le flash : il crée un faisceau de lumière très étroitement focalisé grâce à une grille « nid d’abeille ».

Il permet de cibler l’échelle humaine tout en conservant les zones sombres autour.

De mon côté, j’essaie comme je peux de mettre en scène une impression de photo d’action. C’est quand même plus facile avec les flashs car on évite les problèmes de bouger. De plus, Gérard n’a pas besoin de trépied et il peut moduler les compos plus rapidement.

On y reviendra (avec un nouveau bateau !) pour mettre en image la suite.

 

Guy le 02 juin 2019

Le bois des Angles, vers la Grâce-Dieu

Dernièrement, Benoit me demande de faire des mises à jour sur Base karst….des nouvelles infos (datant de 1987 quand même !) et concernant les cavités situées juste au-dessus du monastère de la Grâce Dieu.

En rafraîchissant les fiches, je me dis que ça vaudrait le coup d’aller y faire quelques photos. Franck connaît déjà une partie du site car il y est allé seul en 2015.
On emmène la tablette pour vérifier les coordonnées.
Le cadre reculé du monastère mérite à lui seul le détour. C’est un oasis de tranquillité .Tous les ¼ d’heure, les cloches de l’église viennent troubler le silence des lieux ….donc c’est supportable ! On n’entend pas le grondement de la cascade de l’Audeux car elle dégringole un peu plus en amont.
Il y a une demi-douzaine de grottes longeant le même banc de falaise.
Franck me fait remarquer qu’il est rare d’avoir une telle concentration de cavités en si peu d’espace. Si lui le dit, c’est que ça doit être vrai !
Grâce au plan d’ensemble qu’avait fait le GCPM en 1987, les entrées se succèdent sans qu’on aie besoin de chercher.
On arrive à la grotte n° 2 qui a la particularité d’être située en falaise mais facilement accessible.
A l’aplomb de celle-ci et 4 mètres en dessous, se trouve la n° 1. Franck ne l’avait pas trouvée à l’époque.

Et là, grosse surprise : Il s’agit en fait d’une conduite forcée courbe qui a été coupée par le recul de la falaise à l’endroit même du virage. Le profil des conduits est très esthétique. La grotte ne fait que 54 mètres de long mais on y passe une heure ! On sort quelques 113 photos ….il doit bien y en avoir une ou 2 de bonnes !!
C’est sûr, on y reviendra avec la technique des flashs pour voir la différence.

Toutes les photos de cette sortie avec les cavités légendées par numéro :     ICI 

Et voilà !, les belles du Doubs ne sont pas que dans les topoguides mais aussi hors sentiers battus pour qui sait les regarder.

Mini-spot photo à la Mittonière

Samedi 20avril, Franck se propose de m’emmener faire des photos à la source de la Mittonière, vers Ronchaux.

Quand je vois la topo sur l’ISD, Tome 2 page 239-240, je suis un peu sceptique.
Le développement est de 670 m mais 420 m sont noyés et le premier siphon se trouve à seulement 50 mètres de l’entrée !
Franck y est allé récemment avec son neveu pour reconnaître le premier siphon et ils avaient réussi à sortir quelques clichés.
Je fait quand même confiance à mon ami Franck car depuis le temps qu’on se connaît, il ne m’a jamais embarqué dans des plans foireux!

L’eau du Bief de Caille est d’une limpidité qui donne envie de se mouiller. Il y a d’ailleurs une belle tufière 200 mètres en contre-bas de la source; le site, proche du village, est aménagé pour profiter de la fraîcheur du ruisseau.

L’eau de la source n’est plus captée depuis 2007 et on entre en traversant les anciens aménagements.
Après un passage bas où l’on a de l’eau jusqu’à la taille, le plafond se relève d’un coup.
Et là, surprise, on est tout debout dans un très beau profil de galerie digne d’un collecteur.
Bien sûr, ça ne dure pas car on bute très rapidement sur le 1ier siphon.
Pour un non plongeur qui ne fait pas de photos, c’est sûr qu’il mettra plus de temps à s’habiller que pour parcourir la cavité !
Pour nous, c’est différent : 50 mètres de rivière dans une eau magnifique nous suffisent amplement pour s’éclater 2 ou 3h00 à s’appliquer à faire des photos.
On a tout amener: flash, spots et torches leds, panneaux leds….et on a bien fait : les torches leds étanches s’avèrent très efficaces pour éclairer dans l’eau.
Encore une belle séance photo hors sentiers battus.

Merci Franck !

Pour voir les meilleures photos c’est  ICI 

Gouffre de la Combe de Malvaux

La neige commence à faire son apparition sur les premiers plateaux.
Qu’à cela ne tienne, les skis de fond ne sont pas encore de rigueur pour monter au belvédère du Temps … et puis on a le 4X4 de Gauthier.

J’ai déjà visité ce gouffre peu après sa découverte par le GS Magma en 1980 (mais les souvenirs que j’en ai ne sont plus très précis.)

 

Thomas se décide finalement à nous rejoindre pour une séance photo dans ce gouffre d’initiation.
Après la zone « intime » de l’entrée, on se retrouve dans un beau petit méandre bien corrodé mais pas facile à mettre dans la boîte.

 

Gauthier est à l’équipement. Bien que la cavité soit fréquentée, les spits ne sont pas toujours bien placés, ni en nombre suffisant et parfois en mauvais état.
Vu que nous sommes tous les 3 volontaires pour s’inscrire au brevet d’initiateur début juillet à Montrond, notre visite devient rapidement prétexte à parler technique d’équipement. Chacun y va de son avis.

C’est vrai que les puits de 16 et 13 mètres sont chouettes et ils doivent l’être encore plus quand ça coule. Mais pour faire des photos, rien ne vaut l’étiage car quand les embruns s’en mêlent, ça devient vite ingérable.

A moins 70m, on arrive à un carrefour avec des profils de galerie différents. Aux deux extrémités, la boue s’entasse en décantation.

Nous ferons les photos au retour. Du coup, je déséquipe les verticales.
La belle combine jaune AV de Thomas n’est pas reluisante mais on fera avec !

Dehors, il fait déjà nuit et il continue de neiger. Nous redescendrons donc avec prudence vers la civilisation.

La Nisotte et le Coucou

C’est au printemps 2009 que des spéléos de l’ASCR découvrent le gouffre de la Nisotte. (commune de l’Hopital du Grosbois)
A l’époque, cette exploration intéressera la presse écrite et même la télé ! et pour cause :
En bas des puits d’entrée, un squelette entier d’ours adulte y est couché sur le flanc ainsi qu’un autre (jeune adulte), recouvert d’une fine pellicule d’argile.
(Voir la feuille de chou n° 12 pages 11 et 12 : http://www.speleo-doubs.com/actualite/fichier/feuille_chou_12_092012.pdf

Les animaux étaient probablement à la recherche d’un abri et sont tombés accidentellement dans les puits.
Bien sûr, les « bestiaux » n’y sont plus. Des fouilles paléontologiques sont rapidement organisées et permettent de soustraire les dépouilles aux trafiquants d’ossements.
Sur l’ISD n° 5 page 353, on nous dit que la cavité est également joliment concrétionnée et puis, on y verra peut-être quelques griffades témoignant de la tentative désespérée des ours de trouver une sortie.

En quête d’inédit, Julien, Damien et moi sommes partants pour une séance photo en lieu inconnu.
On se gare le long de la D387 (direction Naisey les Granges) juste après être passé sous la voie rapide N57-E23. De là, on longe la voie ferrée sur 630 mètres plein nord. On dépasse un panneau kilométrique ferroviaire indiquant 425.150. On poursuit alors sur une trentaine de mètres pour apercevoir une grande doline sur la gauche. La petite entrée de la Nisotte se trouve en bas de cette doline sur la gauche.

On retrouve tout à fait la description proposée sur l’inventaire. L’équipement est bien fait. Les spéléos découvreurs ont même ajouté quelques marchepieds au-dessus du puits pour que « la télé » puisse descendre.
On prend pied sur un cône d’éboulis boueux puis on découvre une galerie de dimensions confortables avec de belles nuances de couleurs de roche. Le concrétionnement y est également bien présent.
Il reste quelques rubalises aux endroits où les squelettes gisaient.
On trouve rapidement une griffade non recouverte de calcite.
C’est toujours émouvant de voir ces traces de griffes laissées par ces imposants « Ursus Arctos » qui se sont retrouvés piégés ici, il y a quelques milliers d’années. C’était pas l’époque des Bisounours !!

Comme d’hab, on ne voit pas le temps passer en faisant des photos. Au final, on sera restés entre 2 et 3 h00 sous terre avant de retrouver la lumière du jour.

On apprécie alors une bonne soupe chaude désormais traditionnelle.
En cassant la croûte, on se disait qu’il y a probablement d’autres « Nisotte » sous nos pieds …. si on grattait un peu.
Pour celle que nous venions de visiter, il s’en est fallut vraiment de peu pour que l’entrée ne soit pas visible, enfouie sous quelques centimètres de terre.

Nous partons ensuite à la recherche d’un autre gouffre découvert à la même époque que la Nisotte : le gouffre du Coucou. Tome 5 de l’ISD page 357.
Pour se faire, on revient sur nos pas le long de la voie ferrée sur 80 mètres environ. Puis, après l’avoir traversée, on s’enfonce droit dans la forêt sur une bonne centaine de mètres. L’orifice d’entrée est protégé par des fils barbelés.
Un ressaut de 4 mètres débouche de suite sur un beau puits plein vide d’une trentaine de mètres. Cette fois-ci, c’est Julien qui se colle à l’équipement.
Il y a un arbre en travers au-dessus du trou mais il n’inspire pas confiance. Heureusement, nous sommes des gens très organisés … une abatteuse d’arbre est passée par là il y a peu et nous a laissé une bille de sapin à la bonne longueur !.
La partie supérieure du gouffre est sèche et les spits n’ont pas trop souffert de l’usure du temps. En bas, ça dégouline pas mal; Là aussi, il y a de belles nuances dans les couleurs de roche.

Au final, grâce au téléphone performant de Damien, on n’aura pas cherché bien longtemps pour trouver ces deux gouffres perdus dans cette grande forêt où les repères sont peu nombreux.
C’est sûr, on remettra le couvert pour ce type de cavités « hors sentiers battus » où l’on prend plaisir à se laisser surprendre.

Avec ses talents d’aquarelliste, julien nous a taillé le portrait du Coucou.

Toutes les photos    ICI

La Charnière des Biefs

Le début du gouffre des Biefs Boussets est agrémenté d’une curiosité géologique remarquable : Non loin de l’entrée, les strates de calcaire se sont plissées de façon spectaculaire.

La charnière d’un synclinal est la zone ou le pli présente sa courbure maximale. La roche calcaire s’enroule sur elle même et présente cette charnière particulièrement impressionnante.
Autre originalité des lieux, cette formation a été recoupée par un écoulement qui a taillé un passage en son centre.

Avec Gérard et Thomas, nous nous y sommes rendus pour y faire une séance photo. C’est l’occasion pour nous de tester une nouvelle technique « light painting » en utilisant des torches leds (voir article du 18/11/2018)

 

Bien que nous soyons en semaine, nous ne sommes pas les seuls au parking des Biefs. Yvan Binot (Roc’ Emotion) est là également avec quelques stagiaires pour une « formation équipement. »
On taperait bien la causette mais le vent est glacial et nous ne traînons pas pour aller se mettre à l’abri.

Notre mannequin du jour (Thomas) se pare de beaux habits de lumière : une vieille combinaison rose rafistolée qu’Arnaux GOY (GSD) lui a filé !!
….. Heureusement qu’on a photoshop !!

A l’équipement, Thomas nous sort des nœuds qu’on savait même pas qu’ils existaient (chercherait-il à épater le moniteur qui nous suit … ? !!)

On commence la séance par le beau puits d’une dizaine de mètres qui se trouve avant la salle de décantation. C’est un endroit idéal pour faire des contre-jours : la roche est belle.
Gérard est derrière le boîtier. Il se concentre pour essayer d’améliorer la qualité des prises de vues au fur et à mesure qu’elles apparaissent sur son écran.
On se rend bien compte qu’il nous faudra du temps pour apprivoiser cette nouvelle technique car les contrastes obtenus sont tellement subtils.
C’est rarement par hasard qu’on arrive à sortir une belle photo.
Il faut persévérer et rester humble car l’interaction des paramètres est parfois complexe. La preuve en est qu’on peut faire plusieurs séances photo dans la même cavité et on n’en sortira jamais les mêmes images.

Midi doit probablement sonner au clocher de Déservillers …. on sort la soupe alors qu’Yvan nous croise avec ses élèves.

Ensuite, on attaque le gros morceau : cette fameuse charnière.
En prenant un peu de hauteur, on se rend vite compte qu’il y a moyen de prendre davantage de recul, et ce, de chaque côté du ruisseau.
En rive gauche on peut même accéder à un promontoire dominant cette petite salle et utilisant un ancien conduit du cours d’eau.

La finalité est de bien faire ressortir l’aspect arrondi des strates avec cette entaille creusée par l’eau

 

Les résultats sont encourageants. Sur Flickr, 4 de nos photos postées cumuleront près de 100 000 vues ! En regardant un des clichés, un fidèle visiteur y verra même un œuf cassé avec une éclosion de spéléo !!! …. On ne voit ça que sous terre !!!

Un grand Merci à Thomas qui aura généreusement fait don de son corps juvénile en temps que modèle, pour sa patience envers les personnes âgées que nous sommes et ses qualités d’équipeur hors normes !!!

Guy le 16/12/2019