Reconnaissance à la Châtelaine

Ca fait bien longtemps que sur le site de JC Frachon, j’avais repéré la description de cette rivière souterraine près de Champagnole.
http://juraspeleo.ffspeleo.fr/grottes/topoguide/fiches/chatelaine.htm

Et puis dernièrement, sur le site du CDS 39, je retrouve le même texte avec cette fois-ci une topo et surtout de belles photos
https://cds39.fr/jurasout/speleo_jura.htm

C’est sûr, la cavité est plutôt hors secteur pour nous et du coup, je ne connais personne qui y soit allé.
La grotte est présentée comme cavité d’initiation, il faut juste faire gaffe à la météo car ça peut s’ennoyer complètement sur les 250 premiers mètres, parait-il !
Sur internet, je tombe également sur un CR sympa narrant la visite :
https://spelehautjura.com/speleo/250-grotte-de-la-chatelaine-ney

Par chance, ce samedi 25/07, la météo est justement nickel et les débits sont bas. Je sais que Daniel est également intéressé et il est libre. Franck est en vacances, nous irons donc à deux.
La marche d’approche est courte puisqu’on voit l’entrée depuis la route ; par contre, elle est raide car on gravit un torrent à sec sur une cinquantaine de mètres.
Devant l’entrée, on s’interroge devant l’étroitesse de la faille.
La solution est 2 mètres plus haut : par une escalade facile, on passe par au-dessus et on redescend l’autre côté. Au bout de quelques mètres, on est déjà dans l’eau et on ne la quitte plus jusqu’au siphon. Les moustiques viennent chercher la fraîcheur et on en aperçoit par centaines bien loin dans la cavité.
Il est vrai que les niveaux d’eau sont bien bas en ce moment. Du coup, on n’a pour ainsi dire jamais nagé (même Daniel qui n’est pas très grand n’aura entamé la moindre brasse !) mais la néo complète est bienvenue car on est parfois dans l’eau en position accroupie.
L’itinéraire est ultra-simple : il suffit de suivre le ruisseau. A 230 mètres de l’entrée, on laisse sur la droite une galerie semi-fossile. (On retrouvera son extrémité amont un peu plus loin.)
Ce qui est très plaisant, c’est la limpidité de l’eau et on soulève assez peu de sédiments sur notre passage ; les parois sont de couleurs très contrastées avec parfois des teintes rougeâtres (argiles?) qui tranchent bien avec le lit de la rivière parsemés de gours.
La progression n’est pas du tout monotone. Les virages sont permanents et on a toujours la surprise de découvrir ce qu’il y a après.
Les cupules sont nombreuses sur une grande partie du parcours.
Après 400 mètres de progression, on arrive devant un dôme stalagmitique qui ressemble à une méduse et qu’il faut gravir. Le gabarit de la galerie se réduit au-delà mais on ne coince jamais. Parfois, il faut se lancer les pieds les premiers devant des bassins supposés profonds, et ce, pour éviter de se retrouver le bec dans l’eau !

Entre 100 et 150 mètres plus loin, on arrive à un carrefour. Sur la droite débute la galerie fossile citée plus haut et qui rejoint l’actif vers l’entrée. Nous n’y sommes pas allés, préférant nous concentrer sur la destination siphon qui continue en face. Le calibre de la galerie devient alors bien plus confortable et l’on repère de nombreux spots photos.
Au bout de 200 mètres environ, on bute sur un siphon d’eau claire qui semble spacieux. Il est long de 22 mètres. D’après les historiques d’explo trouvés, un conduit exigu situé peu avant ce siphon communique « à la voix » avec l’amont du tronçon noyé.
A noter également qu’à l’extrême amont de la cavité, une géo localisation effectuée dans le gouffre de la Côte a permis de confirmer la proximité avec la rivière mais la jonction physique n’existe pas encore.
Après un petit café, nous entamons notre séance photo sur le chemin du retour. En aval de la méduse, on ressortira le matos une seconde fois car j’ai repéré un profil de galerie très photogénique avec un double surcreusement.

On aura passé entre 5 et 6 heures dans cette rivière en prenant le temps de faire quelques images. Daniel et moi en sortons enchantés.

Comme on était tous les deux en reconnaissance, on a choisit les volumes les plus conforts pour sortir le matos car l’éclairage est plus facile à gérer. Il y a plein de passages de section plus réduites (qu’on laisse habituellement de côté en photo) qui mériteraient d’être mis en image car tous les ingrédients sont là pour faire une belle image (profil du conduit – eau limpide – gours – couleurs de roche.)
C’est avec plaisir que j’y emmènerai ceux du club qui souhaitent la découvrir.

Les meilleurs images de cette sortie   ICI

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