Ultima Jura !

(par Sarah et Guy)

Après un décalage de dates à cause du Covid, ça y est, Jean-Philippe, Thierry, Serge et son épouse Annie arrivent à Montrond pour une semaine de photos spéléo.

Pourquoi Ultima Jura ? Serge Caillault est allé une dizaine de fois en expédition en Patagonie, une région où il pleut 350 jours par an avec des vents violents.
Vu la météo excécrable qu’on a eu toute la semaine, la comparaison « même excessive » est revenue quotidiennement. «  »Dans le Jura, il pleut tellement que même les fougères se suicident !! «  ».
Un des films d’une expédition dans ces 40ième rugissants et 50ième hurlant s’appelle « Ultima Patagonia ».

Le séjour commence le dimanche 16 mai en comité restreint : Avec Daniel Ramey, on a donné RDV à Jean-Philippe à 10h00 sur la place principale de Saint Claude. Le but est d’aller voir le miroir de faille de la lésine du même nom. Jean-Phi envisage d’y retourner avec Serge ultérieurement.
C’est la 4ième fois que j’y vais, j’y étais déjà avec Franck puis avec Gérard, et enfin avec Philippe Crochet et Annie.
L’aspect du sentier d’accès en témoigne, cette cavité est peu visitée car ce n’est pas une « classique » au sens spéléo du terme. Elle n’a qu’un seul ingrédient : « Extra-ordinaire » pour celui qui succombe à la contemplation.
Daniel a apporté son appareil photo et ses spots. Je complète avec 4 grands panneaux leds car il y a du volume. Il faut jongler avec les gouttelettes qui tombent du plafond mais on y arrive quand même. Les copains tombent sous le charme des lieux, eux aussi. Après 2 bonnes heures passées sous terre, le retour se fait sous des averses de pluies incessantes. On ne sait pas encore que ça va durer toute la semaine comme ça !

Lundi 17 mai, nous sommes au complet depuis hier soir.
Les projets « Belle Louise et autres cavités du même registre » étant à proscrire, je propose d’aller passer la journée au réseau sup des Cavottes. Jean-Phi ne s’en souviens plus beaucoup et les autres n’y sont jamais allés. Dans le magazine trimestriel SpéléoMag (dont Serge est le rédacteur), un long article était déjà paru sur cette cavité avec une très grande topo.
Annie nous accompagne jusqu’à la salle du Chaos et nous regardera partir sur la tyrolienne.
Ce qu’il y a de bien avec mes invités, c’est qu’ils ne sont jamais blasés. La ballade dans la galerie Sud est du 100% plaisir. On aurait pu y passer la journée à faire des photos !
On revient à la base du R7 pour l’autre itinéraire nous menant à la salle ex-terminale. On arrive à sortir une image qui donne une bonne idée de ce très grand volume.
Vu la hauteur d’eau dans la mare de droite, ce n’est même pas la peine d’essayer d’aller voir la dernière salle car ça doit siphonner.

 

De retour au ressaut, on s’applique à une mise en scène donnant une idée représentative de ce passage clé.
On ressort enchantés d’avoir pu passer la journée au sec par les temps qui courent ! Les chaussures de Thierry qui n’avaient pas servit depuis un bout de temps ne survivront pas à cette sortie !
Dehors, on arrivera même à se changer entre 2 averses !

 

Mardi 18 mai.
Sur le secteur Loue-Lison, il vaut mieux éviter les rivières souterraines en cas de risque de crue mais il y en a quand même une ou 2 vraiment sympas que l’on peut faire par temps humide (sans risque d’orage). La grotte du Cul de Vau (dans la côte d’Echevannes) en fait partie, surtout depuis que la voûte mouillante d’entrée a été bien élargie lors d’un exercice secours. Dans le temps, on passait ce court passage bas couché en prenant sa respiration; Aujourd’hui, on est à 4 pattes.
On est tous les 4 équipés de néoprène (sauf Serge qui a une combinaison étanche russe !) et partants pour aller tremper Popaul à Vuillafans !
La montée raide d’approche est plus confort depuis que Benoit à élargit les passages un peu aériens. L’entrée fossile nous sert de vestiaire.
On est tout de suite dans l’ambiance bruyante et aquatique de la rivière.
On a pas pied dans les premiers bassins (même par temps d’étiage). Serge a eu la très bonne idée d’apporter une corde de 30 mètres. Celle-ci nous rendra bien service car le débit rend plus physique la nage à contre-courant. La corde sera sortie 4 ou 5 fois, notamment sur le tronçon nagé d’une trentaine de mètres.
Mes compagnons n’ont pas franchement l’habitude de cavités aussi aquatiques mais ils me suivent en me faisant confiance.
L’arrivée à la cascade Perlon est dantesque par son vacarme assourdissant.
Bien évidemment qu’une photo de la cascade dans ces conditions serait un scoop mais difficile à mettre en œuvre et chronophage en temps.
On rebrousse chemin pour casser la croute dans la salle des blocs située en aval (on peut enfin parler sans gueuler).
En arrivant dans la zone où la galerie présente des banquettes d’argile, nous avons de l’eau jusqu’au nombril. J’informe alors les copains que c’est la première fois que je vois de l’eau à cet endroit , ce qui ne manque pas de les faire réagir en me charriant ! Du coup, le gour qui fait barrage en aval coule par au-dessus, ce qui est rare. Nous nous y arrêtons pour l’immortaliser. Les autres poses photos se situeront au niveau d’un des gours crevés et vers la zone d’entrée.
On retrouve la lumière du jour avec plaisir et il faut bien le dire, un certain soulagement car l’eau vive nous oblige à rester attentif en permanence.

Mercredi 19 mai, Jean-Philippe et Thierry iront faire une rando en haute -Loue du côté du Pontet puis crapahuter sur l’autre rive.

Jeudi 20 mai
Serge n’étant pas en grande forme aujourd’hui, Jean-Philippe suggère qu’avec Thierry, on aille visiter une autre rivière du secteur qui peut se faire en période humide : la grotte du Moulin des Isles, vers Cademène.

Nous ne ferons pas de photos pour une fois. Dès l’entrée, les genouillères sont bien utiles avec une zone 4 pattes mais ça se relève finalement assez vite. Je ne connais pas de cavité avec un profil de galerie aussi régulier sur une telle distance. En levant le nez, on repère quelques spots photos pour une future sortie.
Vers la fin et d’un seul coup, le gabarit de la rivière change pour prendre l’aspect d’une superbe conduite forcée. Là aussi, il y a de magnifiques clichés à faire.
La voûte mouillante finale ne siphonne pas mais l’espace est bien mince : nous ne la franchirons pas. Derrière, il y a encore de beaux passages jusqu’au siphon.
Au retour au soleil, c’est la traditionnelle séance de nettoyage en bord de Loue.
Comme le timing est bon, on en profite pour aller voir l’entrée des Chaillets.

 

Guy

 

C’est un Vendredi 21 mai au matin, Guy le matinal vient me kidnapper dans ma contrée lointaine où les nuages et la pluie règnent depuis 2 semaines « facile ».

bovin qui regardent le spectacle des spéléos

Il m’a proposé il y a quelque temps de venir séjourner à Montrond quand le célèbre Serge Caillault sera présent pour servir de taupe-modèle « échelle humaine »lors de son immortalisation du Doubs en image.

porche en vue plongeante

Bien évidemment je ne résiste pas a l’attrait de rencontrer ce personnage avec Guy et de découvrir de nouvelles cavités du Doubs !

A notre arrivée au gîte je suis d’abord un peu timide en rencontrant Serge, Annie, Thierry et Jean-Philippe « jean-Fi pour les intimes » mais au fil de la journée… L’humour aidant, me voilà comme dans une cour de recréation où je retrouve de bons copains « ines » après les vacances scolaires.

porche en vue plongeante

Nous discutons autour d’un café et j’enfile ma sous combinaison car la pluie qui règne ici aussi ne donne guère envie de se déshabiller dehors.

Nous voila tous partis pour la Baume du Mont de Reugney, car Serge où qu’il aille, tombe souvent malade durant ses séjours à « l’étranger », que ce soit en Patagonie ou dans le Doubs c’est la même ! A la fin de sa vie, il sera familiarisé avec toutes les bactéries du monde et c’est ainsi qu’il se retrouve diminué pour son séjour chez nous, ce qui limite nos expéditions. « A vrai dire, ça ma rassurée de savoir que notre programme était light ! »

 

Toujours dans la pluie et le vent nous arrivons au champs qui mène à la Baume du Mont, le chemin glisse, le parking est une mare de boue, et la petite

signature de Courbet

marche d’approche dans l’herbe haute se finit vite en pataugeoire. Cependant, l’accueil est formidable ! Une bonne dizaine de montbéliardes nous regardent traverser le pâturage et nous

Non Bouveret gravé dans la roche

suit jusqu’au trou grillagé. Elle se rassemblent autour et telle une confrérie nous épient d’une façon toute particulière, une ronde à 20 yeux nous regarde sans bouger ! Serge immortalise ce moment pendant les préparatifs, car je suis longue ! « Normal, il me faut quand même mon matériel pour descendre un puits de 12m sur une échelle en fixe » C’est que ces messieurs n’ont pas choisi la plus courageuse des taupes modèles. Et en même temps, Thierry est tellement gentil qu’il m’installe une corde « 7mm » qui rassurera mon mental, bien quelle soit clairement inutile de la manière dont je l’utilise.

Pour que tout soit prêt tout ce petit monde s’improvise un a un éclairagiste, logisticien, modèle, sherpa et même trépied ! « Voir même bouquetin »

Cette entrée est drôlement belle, je me retrouve accrochée à une échelle au milieu d’une roche façonnée par la force et la chimie de l’eau. Les vastes contours du gouffre sont tapissés de mousse et de végétaux, où l’eau ruisselle avant de s’écraser en petites gouttes sur un cône d’éboulis 12m plus bas. Serge et Guy s’activent derrière l’objectif et sont tous deux satisfaits du résultat en peu de temps.

Nous troquons donc la pluie et le vent contre l’abri naturel que nous offre dame nature, une file indienne se forme sur l’escalier soigneusement aménagé qui mène aux entrailles glissantes de la Baume du mont.

La porte – grosse stalagmite

Là, de multiples concrétions nous attendent, inébranlables dans un noir total que nos lampes éclairent. Notre principal objectif se trouve au fond de la cavité, où une célèbre signature fait parler d’elle. « Courbet or not Courbet ? » Le mystère reste entier et seule la mémoire de ces lieux en détient le secret. En tout cas, vu où ce Gustave a signé il devait être bien grand « Comme il l’a été de par son art », car Guy est obligé de me faire la courte échelle pour atteindre sa hauteur. C’est une large signature, à l’écriture typiquement ancienne au style soigné, ce qui laisse supposer une certaine véracité dans cette « légende ». Pour ce cliché, rien de bien compliqué pour nos deux photographes, l’affaire est vite bouclée et nous revoilà arpentant la galerie principale en sens inverse.

. Nous nous arrêtons devant plusieurs autres signatures, il y en a qui se sont donnés grand mal pour graver leurs noms dans le temps ! C’est ainsi qu’on retrouve un nom qui me parait très familier ! : Un Bouveret est venu ici même, et je suis probablement la Bouveret suivante, ne laissant aucune autre trace que ma silhouette sur ces belles photos reflétant l’histoire karstique de nos régions ! Sur le retour, Serge et Guy choisissent plusieurs spots, Annie aura pour rôle de mettre en mesure une grande salle recouverte de calcifications pour un rendu final tout simplement exquis. A mon tour, je pose devant une porte naturelle décorée par les millénaires, celle-ci peine un peu à se laisser apprivoiser mais finit par contenter nos passionnés. C’est que ce n’est pas toujours simple d’avoir la bonne lumière, le bon contre-jour, une modèle qui ne tire pas la gueule, et une bonne netteté !

porche vue depuis le bas vers le haut

Serge est un grand charrieur, et cela donne vite naissance à des phrases cultes quand il parle de « ma lampe de tapette » ou quand il parle du temps qui règne ici, « Cette contrée où même les fougères se suicident et où les escargots se noient ! » Un jour sans doute, il vous montrera sa légendaire corde végan ou ce qu’il ose nommer une grosse corde « 8mm » Avec lui vous êtes sûrs d’avoir des kits optimisés pour parcourir la pampa ! Tout cela me fait bien rire et j’apprécie grandement l’ambiance de groupe qui règne entre nous tous durant ces deux jours.

C’est dans cette bonne atmosphère que nous retrouvons la lumière du jour, la pluie, le vent et les fougères au bords du suicide pour la dernière photo de la matinée.

Annie est moi sommes placées sur l’échelle, Guy, Thierry et Jean-fi son vraiment multitâches, du photographe, trépieds au conseiller éclairagiste, tout le monde met sa pierre à l’édifice, ce qui donne lieu à une belle connivence de groupe.

Après cette ultime photo du puits d’entrée vu du bas nous retournons manger au gîte comme des bienheureux. Ils partagent volontiers avec nous leurs couverts, leur bonne humeur et chacunes des conversations permet d’en connaître un peu plus sur chaque entités ici présentes. Le programme de l’après midi se condense a Gennes où la Baume aux Sarrons nous attend ainsi que la Baume du chat, des petites cavités toutes simples et courtes mais qui font sans doute partie d’un réseau bien plus grand qui a été colmaté par la calcite.

Derrière les pas de notre guide « Guy », nous avançons à 4 sur un sentier entre les résineux, Annie étant restée au gîte pour profiter d’une bonne lecture à l’abri d’un toit et d’un feu de bois. C’est alors qu’une petite doline au milieu des arbres s’ouvre sur l’effondrement latéral d’une galerie aux dimensions étonnantes pour sa très faible profondeur. Nous avons littéralement marché sur sa voûte quelques secondes auparavant, mais seule la nature peut décider d’où et quand l’accès à cette cavité fut crée. Cela reflète bien mon principal attrait pour la spéléologie : Toutes les cavités sont uniques, inimitables, elle ont chacune leurs joyaux et leurs difficultés, une science personnelle, une identité. Mais trêve de bavardages, revenons à la Baume aux Sarrons où 5 homo sapiens sapiens s’activent dans le noir à la lumière de torches pour admirer les multiples autographes qui prônent sur les parois calcifiées du bas monde. Il y a tout de même certaines signatures datant du début du 19ème siècles ! Et sans doute bien d’autres plus anciennes camouflées par tous les graffitis modernes.

Les spots photos sont vite choisis, un drôle de mamelon a piqué notre curiosité, est-il fait que de calcite ou est-il le moule d’une roche recouverte de celui-ci ? En tout cas, non sans mal, certaines photos tirent leur épingle du jeu ! Quand tour à tour ils me montrent leurs résultats, je me dis que la photographie c’est aussi l’art de mettre en perspective ce qui peu paraître à nos yeux anodin. Capturer dans le temps une beauté qui d’habitude nous paraît plutôt fugace, est bien souvent relative à comment et qui la regarde.

Nous restons un bon moment à la baume aux Sarrons ce qui limite notre visite de la Baume du Chat à un bref coup d’œil. Faute de temps et d’énergie nous retournons aux voitures et c’est toujours en compagnie de la pluie que nous rentrons au gîte. Nous retrouvons Annie pendant que Guytou « comme dirait Serge » discute un peu avant de repartir retrouver les siens dans sa demeure. Rendez vous ici même à 9h le lendemain pour un programme secret !

La soirée se passe gaiement avec la joyeuse troupe et je ne suis pas dépaysée devant le grain de folie de chacun, « A ne pas oublier que la folie est une forme de sagesse » on mange, on discute, on boit un verre et a 22h tout le monde au lit !

Enfin ça, c’est ce que je pensais vrai pour moi aussi.. Mais alors que je suis affalée dans mon lit a feuilleter avec grande attention le spéléo magazine que Serge m’a offert, je suis tout à coup perturbée par des bruits de porte, des bruits de pas dehors qui vont qui viennent, et enfin des voix qui se rapprochent. « TOC TOC » A ma grande surprise, cinq hommes ruisselant d’eau sont derrière la porte, je reconnais tout de suite Théo Prévot que je connais depuis le stage de l’Ascension. Il m’explique leurs misères, ce groupe d’aventureux a voulu camper autour du Vauvougier pour partir en grosse expédition le lendemain. « J’imagine que vous connaissez tous le parking du Vauvougier » alors imaginez le après 3 semaines de pluie intense.. Cela donne une voiture qui s’embourbe, une autre voiture qui crève un pneu, autrement dit, ce soir ce n’était pas leurs soir ! . Dans ce cas là, une seule solution, demander refuge au célèbre gîte des Decreuse où tous les spéléos rescapés sont les bienvenus.

Bien sùr, je leurs ouvre les portes pour qu’ils se mettent à l’abri, je troque une bière contre 5 lits et bien des heures plus tard nous voila tous en train de dormir dans la cave du gîte, aucun ronfleur n’est a signalé « le bonheur » !

Le réveil fut difficile, je rejoins la troupe du dessus pour un petit déjeuner, Guy arrive ainsi qu’Anouk et son père Damien « de la famille à Jean-fi » pour une exploration des Cavottes. Serge encore bien affaibli et Annie resteront au gîte. Deux groupes se forment mais nous partons ensemble jusqu’au parking, Anouk a fière allure dans son matos, une vraie pro ! Nous nous séparons à la salle du chaos, JPG, Thierry, Guy et moi partons pour la salle secrète tandis que Damien et Anouk prennent la diaclase Duret pour visiter la suite.

Guy nous guide et s’engouffre dans une étroiture, nous le suivons pour nous retrouver en tête d’un puits de quelques mètres à l’entrée plutôt sélective ! Guy fait la chenille, aucun problème, JPG a quant à lui un peu de mal à passer cette tête de puits, il faut dire qu’il n’aime pas beaucoup ça quand c’est étroit ! Il faut quand même avouer que ce passage délicat en vaut la chandelle, je suis tout a fait surprise de ce qu’il se passe dans cette fameuse salle. Arrivée en dernier, je reste sur place pour admirer ces cristaux en fleur afin de trouver la plus belle pour tenter de la photographier. Ici toute les conditions sont réunies pour former de belles fleurs de gypse, dans chaque fissures, chaque brèches, il y a une entité minérale qui pousse en repoussant les parois, c’est formidable ! A ce moment là je suis coupée du monde, les collègues sont en train d’explorer le reste pendant que je suis en total émerveillement devant ce que j’appelle, le règne minéral.

Quand je redescend sur terre, des voix me guident jusqu’à Guy, nous admirons ensemble les dalles d’argile craquelées restées intactes avant de nous diriger vers la sortie. Là, nous retrouvons JPG et Thierry qui tentent la sortie, JPG ne passe pas, ça sera donc Thierry qui passera le premier afin d’équiper un autre puits un peu moins étroit. Une fois à la salle du Chaos, JPG part à la diaclase rejoindre sa famille pendant que j’attends les deux collègues affalés sur un gros rocher de la tyrolienne toute lampes éteintes, profitant ainsi du noir complet. C’est un jet de lumière éclairant les parois qui me ramène à la réalité, nous sommes réunis et nous retrouvons le jour par un temps des plus agréable après cette mousson de trois semaines ! De retour au gîte, Nous partageons le dernier repas avec Thierry, Serge et Annie. Serge m’offre des « marque ta page » tellement beaux qu’il remplacerons sans mal les bouts de papiers qui me servaient jadis de marque page ! Un Jean-fi affamé nous rejoint mais ne mange pas car Guy nous guide déjà sur les routes jusqu’au Puits de la Brème. Cette fois, nous sommes tous réunis pour descendre le petit sentier en bord de route menant à l’un des rares Inversac du jura ! Malheureusement celui-ci est en crue et ne nous permet pas de contempler sa science. Alors Guy décide de nous emmener au porche de la grotte de Plaisir Fontaine. Un endroit fabuleux, une résurgence immensément sculptée avec un porche ouvert sur la nature, du torrent, des cascades, le top ! Nous jouons les touristes dans ce lieu insolite et nous finissons tous au bar  de la pisciculture à nouveau ouvert. De généreux donateurs nous offrent deux tournées dans un cadre idyllique avant de repartir au gîtes Decreuse où le serviable Thomas R vient me récupérer pour me livrer à ma haute Saône profonde.

Ce fut un excellent séjour, où il fut agréable de retrouver le collègue « président » du GCPM pour une aventure particulière qui laissera de très bons souvenirs et de nouvelles rencontres très adaptées à ma personne.

porche d’entrée – photo du groupe

Merci à tous pour ces bons moments passés, que de bonnes valeurs à vivre et même, à photographier !

Pensées à Benoît, qui le lendemain même se retrouve dans une piètre situation qui lui rappelle de manière inattendue qu’un accident n’arrive pas qu’aux autres. « Tout ceci n’est qu’un rêve de la réalité. »

Merci a tous ceux qui était présents pour le secourir !

Sarah

 

Toutes les photos   ICI 

A l’abri des orages dans la grotte de Bournois

Par Gérard Jaworski

Nous avions projeté une sortie photo, Sarah Bouveret, Guy Decreuse et moi-même dans la rivière souterraine de Gonvillars. Mais le 08 juin, la météo était très peu propice à la visite d’une rivière souterraine, car de gros orages (avec localement de forts cumuls) étaient annoncés.

Quoi de mieux que Bournois dans ces conditions ?

Rendez-vous à Port sur Saône et départ à trois en direction de la grotte de la Malatière, classique parmi les classiques, qui a vu passer de nombreuses générations de spéléo. Pour ma part, après de très nombreuses sorties d’encadrement dans cette cavité le siècle passé, c’était comme une redécouverte car je n’y étais pas retourné depuis deux dizaines d’années au moins.

Guy, comme toujours, avait parfaitement assuré en préparant le matériel et en équipant l’entrée de la cavité. Sarah avait gentiment accepté de nous servir de modèle, sans savoir qu’elle servirait également de Sherpa ! J’avais à ma grande honte (vite oubliée) le sac le plus léger !

En six heures on a sélectionné quatre spots photos : le puits d’entrée, le secteur de la petite vire de la galerie d’entrée, la salle de la colonne et la vire avant le métro.

Ça peut paraître peu, mais on a appris, avec notre maître Philippe Crochet, à prendre notre temps…

Deuxième sortie, pour ma part, avec un nouveau matériel (Olympus OMD1 Mark II)

particulièrement léger, performant et tropicalisé. Pour l’éclairage on reste fidèles, Guy et moi, aux flashs télécommandés par des triggers, avec le gros flash Godox en contrejour et un « snoot » pour éclairer le modèle. On cherche toujours à garder les ISO au plus bas possible et une ouverture proche de f/8.

On tombe rapidement d’accord sur les spots photo et on utilise nos deux appareils qui sont complémentaires car équipés avec des objectifs grands angles différents.

Je ne vois qu’Annie Guiraud pour rivaliser avec Sarah ! Quelle patience et quel calme… Un modèle exemplaire, on est prêt à lui signer une exclusivité …

Bon… Elles ont l’air de plaire nos photos sur Internet. Ça ne me surprend pas car la grotte de la Malatière à Bournois a encore de très beaux restes. Une autre fois on ira photographier les stations du métro…

Les photos  ICI


J’AI TESTÉ POUR VOUS UN SECOURS SPÉLÉOLOGIQUE.

Quelques lignes extraites de mes remerciements aux équipes d’interventions pour le secours dont j’ai été le bénéficiaire le lundi 24 et le mardi 25 mai dernier. En marchant au milieu de la salle Fournier à quelques mètres du ressaut de 7 m de la grotte des Cavottes, j’ai glissé et suis tombé sur mon coude droit.

J’ai eu de la chance…

 

J’ai certes eu la chance de tomber dans une cavité sèche et «  »relativement » » chaude.

J’ai certes eu la chance d’être dans une cavité que je connaissais très bien,… Cela m’a permis de donner les bonnes indications aux personnes qui ont accepté de sortir pour prévenir les secours.

J’ai certes eu la chance d’avoir une blessure bien localisée et clairement identifiée, ce qui m’a permis de sortir globalement sur mes deux jambes, et d’éviter un brancardage qui aurait été certainement long et fastidieux.

Mais j’ai eu surtout une chance extraordinaire d’encadrer à ce moment-là une équipe elle-même extraordinaire.
Naomy et Brice ont accepté l’aventure et les incertitudes, en me faisant confiance, et en suivant scrupuleusement l’ensemble des indications que je leur ai données. Ils sont sortis en un peu plus d’une demi-heure, c’est tout à fait EXCEPTIONNEL. Puis ils ont parfaitement déclenché les secours en donnant les bonnes informations que nous avions validées à mon frère Guy qui s’est rendu immédiatement disponible et qui les a transmises aux bonnes personnes… ce qui clairement a permis de gagner énormément de temps.
– Le reste de l’équipe est également bien entrée dans la confiance,… pas de stress, une belle présence à ma situation, une attention particulière pour que je sois au mieux, une belle solidarité entre eux. Leur confiance a été récompensée, et j’ai bien vu qu’ils étaient soulagés et d’une certaine façon reconnaissants à l’arrivée des premiers secouristes largement dans le timing que je leur avais indiqué. BRAVO à eux tous, et j’espère qu’ils garderont un souvenir apaisé de cette journée.

Et j’ai eu surtout également la chance extraordinaire de me retrouver aux mains des équipes du Spéléo Secours du Doubs, d’une compétence et d’une motivation remarquable (mais cela, je n’en doutais pas, puisque je suis des leurs). En tout cas, bravo aux premiers intervenants, et également à Thibault qui s’est chargé de remonter le reste de mon groupe. Bravo à l’équipe assistance victime… j’en ai fait partie suffisamment longtemps et j’ai participé à tant de secours réels, que je peux dire qu’ils ont été parfaits… y compris bien sûr infirmière et médecin… au top ! Bravo à l’équipe téléphone malgré les petits aléas. Bravo aux différentes équipes techniques qui ont mis en place les cordages tout le long de la cavité de façon parfaitement ciblée… Bravo aux équipes de portages et évacuation qui se sont converties en accompagnement de la victime et qui m’ont super bien aidé… Bravo à l’équipe désobstruction : le passage bas précédant la salle du Chaos était l’endroit que j’appréhendais le plus, et pour lequel je m’étais résigné dans ma tête, à être éventuellement mis en civière… aujourd’hui, ce n’est pas le métro ( et c’est d’ailleurs mieux ainsi), mais dans ma situation, c’était le boulevard,… remarquable ! Bravo aux équipes de surface, Conseillers Techniques, gestion, matériel,… etc… Tous fait du très beau boulot !

Et j’ai eu la chance extraordinaire que dans mon pays, les services de l’État et les services publics soient aussi disponibles et efficaces : pompiers (avec le GRIMP), gendarmerie, et bien évidemment services de la préfecture, avec une présence sur place bien appréciée. Et je ne veux surtout pas oublier la municipalité. Je sais que plusieurs ont pris leur part de labeur dans ce secours remarquable… et même au-delà : madame le maire a visité ma maman pour échanger avec elle et la rassurer, c’est vraiment du dévouement !

Bref, j’ai eu de la chance, car ce qui est une évidence pour eux tous, ne l’est pas pour tout le monde. Dans notre société, fort heureusement, il y a de la solidarité, mais pas que… malheureusement. Dans la présente intervention, tous ont étés au top et donc un très très grand MERCI à eux.

Suite à l’intervention de Malbrans une des secouristes spéléo nous disait être fière d’appartenir à ce service d’intervention. Oui tout cela donne une bonne image de notre activité malheureusement méconnue et qui apporte beaucoup en particulier dans les recherches hydrogéologiques… mais surtout, nous sommes l’un des lieux ou l’Humanité est encore une réelle richesse. Nous sommes des témoins voire même des prophètes pour un monde qui oublie quelquefois que nos relations sont ce qui fait notre Vie.

Je voudrais ajouter également un Merci à celles et ceux qui ont subi les conséquences indirectes de cette intervention : les proches, famille, amis, collègues de travail des secouristes, et aussi patrons et secrétariats qui ont dû remplir les documents nécessaires aux absences, etc…j’espère ne leur avoir pas trop occasionner de gènes.

Un merci spécifique à mon frère Guy pour sa présence discrète et efficace (c’est vraiment un super frangin sur qui je peux compter), à Frede, Solange, Jean Louis, Jacky, Nathanaël, et d’autres peut-être que j’oublie et qui ont réussi à tout mettre en œuvre pour que tout se passe au mieux au gîte.

 

Et merci à ma famille, aux amis et aux copains, aux paroissiens qui ont pris des nouvelles, et qui ont eu souci de moi.

De mon côté, j’ai atterri à l’hôpital, et tous les services, urgences, traumatologie, médecins, infirmiers, aides-soignants, chirurgiens, ont réalisé également un très bon travail. J’ai eu de multiples fractures sur la partie haute du cubitus et du radius. S’ajoutent à cela, une luxation de la tête radiale. Je me retrouve avec 2 plaques, et 18 vis installées lors d’une opération de quatre heures.

Je suis sous anti-inflammatoires, et sous antalgiques que je ne prends pas beaucoup, car sincèrement, j’ai très peu douleur. J’ai une attelle plâtrée qui est ouverte tous les deux jours pour faire les soins infirmiers, et d’ici une dizaine de jours, je devrais avoir une attelle articulée. Le moral est bon. Il y a certes un peu de fatigue, et un certain handicap. On a déjà solutionné pas mal de problèmes, dont les lacets des chaussures -vous ne pouvez pas vous imaginer comme c’est compliqué voire impossible à faire avec une seule main !- . J’ai trouvé pas mal de monde pour me véhiculer, et bien évidemment, je vais fonctionner à vitesse réduite pendant quelque temps.

A nouveau? un grand MERCI.

Benoit

Et moi, (Guy), je dis Merci à Jean-Lou pour toutes ces photos :  ICI

Une belle sortie à Ouzène avec Gabriel – 8 Mai 2021

Je suis content d’être allé à cette sortie parce qu’elle a été organisée pour moi afin que je puisse m’entrainer à passer les fractios dans une grotte sans être bousculé.

Le rendez-vous était au gite. C’était la première fois que j’y allais après en avoir beaucoup entendu parlé par mon papa. J’étais content de le voir enfin.

Ensuite je suis monté dans la spéléo mobile de Jean-Lou pour aller à Ouzène.

J’ai fait la connaissance de Christophe et Emilie qui nous ont rejoint sur place. Nous avons bien rigolé.

On s’est changé au bord de la route et après une petite marche on est arrivé au trou.

Emilie est partie faire l’équipement et Jean Lou est descendu. Il m’a demandé si je me rappelais comment mettre mon descendeur et faire ma clé. Je sais faire car je m’entraine à la maison dans notre grange.

Je suis descendu et mon papa était derrière moi. J’ai passé les fractios et je suis arrivé en bas vers Jean Lou qui m’a dit que je m’étais bien débrouillé. J’étais content d’avoir réussi.

Après un passage à ramper, on est arrivé vers un autre puits. C’est Emilie qui a installé la corde.

Il y a une déviation, mais je n’en ai jamais passé. Les grands m’expliquent comment faire.

J’ai fait une clé sur mon descendeur, j’ai été surpris par le poids de la corde. Puis j’ai réussi à passer le mousqueton et arriver au fond du puits qui est profond.

En bas du puits nous avons trouvé une grenouille et Jean-Lou l’a remise dans un petit gour. Il nous a raconté la fois où il avait trouvé un serpent et qu’il l’avait remonté dans sa capuche.

Au fond de la grotte, Christophe nous a raconté le sauvetage du Belge auquel Jean-Lou et lui avaient participé.

J’ai beaucoup aimé les nombreuses concrétions et les gours qui étaient à sec. C’est beau et grand.

Après la remonté, que j’ai trouvée plus facile que la descente, on a mangé. J’ai réussi à passer la déviation avec Jean Lou en haut qui m’expliquait.

C’est maman qui nous avait fait les sandwichs pour papa et moi. Christophe m’a dit que je n’étais pas obligé de dire qu’ils étaient bons, mais maman les fait toujours bien !

J’avais un peu froid donc j’ai fait des exercices pour me réchauffer, en attendant que Jean Lou termine son sandwich.

J’ai suivi Jean Lou pour aller dans la partie supérieure où il y a les vires.  Ça fait un peu comme les via- ferrata.

Je n’ai pas eu peur, mais c’était pas tout facile quand même !

Il y avait des belles cheminées creusées par l’eau.

Nous nous sommes arrêtés à un puits et nous avons fait demi-tour. Nous avons vu sur notre passage au retour la silhouette de Dark Vador et on s’est dit que c’était peut-être lui qui avait équipé la vire !

Pour la remontée du puits d’entrée Christophe était devant moi et mon papa derrière.

Christophe vérifiait que j’étais bien longé, et que mon croll était bien mis sur la corde suivante. J’attendais mon papa pour me tenir la corde et pouvoir commencer à monter.

Arrivée en haut du puits, je n’arrivais pas à déverrouiller mon croll, du coup Christophe est venu m’aider.

J’ai trouvé la descente plus facile que la montée, car il y avait beaucoup de cordes et je m’emmêlais un peu dedans.

Nous avons bu un coup à la voiture. J’ai pris un Fanta et les grands une bière.

J’ai aidé à ranger le matériel au local, Jean Lou m’a montré comment on nettoyait les cordes.

Je suis vraiment content de ma sortie et de moi car j’ai réussi à passer les fractios grâce aux conseils de Jean-Lou, Christophe et mon papa.

Merci à tous.
Gabriel

Toutes les photos ICI

Gouffre 1 et 2 de la Barme – Avril 2021

TROU DE LA BARME

CUSSEY SUR LISON

Une personne originaire de Cussey sur Lison m’avait fort intéressé en me parlant de 2 gouffres que je ne connaissais pas sur le territoire de la commune. D’après ses dires, l’un des deux était pénétrable et l’autre se présentait sous forme d’une dépression profonde de quelques mètres.

Y étant retourné quelque temps auparavant, il se serait aperçu que ce dernier s’était ouvert beaucoup plus profondément suite certainement à un soutirage conséquent.

Flairant peut-être une première et accompagné de Lisa et Christophe nous nous rendons sur place après avoir tourné un peu en rond, nous retrouvons un gouffre sans trace d’équipement visible.

Je pose deux amarrages sur chevilles expansives. Puis à l’heure où Thomas Pesquet s’envole vers les étoiles, j’amorce en direction du centre de la terre une descente plein pot sur une quinzaine de mètres où nous explorons tous les recoins. Nous réalisons rapidement que c’est loin d’être de la première, tant pis, c’est joli quand même.

En remontant, presque cachés sous la mousse je retrouve deux spits que je n’avais pas vu à la descente.

Casse croûte dans les bois, et puis nous retrouvons le deuxième phénomène karstique qui lui n’a pas évolué d’un iota. Un petit bout de corde attaché à un arbre pour nous faciliter la désescalade et nous voici au fond, joli site lui aussi.

Sortie spéléo pépère mais sympathique sous un beau soleil et dans une nature printanière en éveil.

    

D’autres photos ici

Jean-lou

Y’avait d’l’eau dans l’Pinard !

Vendredi 14 mai

Y’avait d’l’eau dans l’Pinard ! (par Gérard Jaworski et Guy Decreuse)

Au vu des photos de Guy, lorsqu’il est allé en repérage dans le trou Pinard en Haute-Saône, j’étais impatient de découvrir cette jolie petite rivière souterraine.

Après une harassante marche d’approche de près de …. trois minutes, nous sommes arrêtés par une grille infranchissable…. si on oublie de la soulever !

Joli travail de maçonnerie et de calibrage de nos collègues haut-saônois qui ont rendu l’accès au trou très agréable, merci et bravo à eux.

Sans surprise, après la descente du sympathique puits d’entrée, nous trouvons la rivière avec un bon niveau d’eau. La communication pour la mise en place des flashs risque d’être complexe, d’autant que mon ouïe est en chute libre (questudis !!!).

Y’avait d’la lie dans l’Pinard !

Bon, une fois passé la première section de la rivière très aquatique, nous avons droit à un passage supérieur bien chargé en argile de décalcification. Argile + eau = boue liquide, ce n’est pas top pour le matériel photo.

La seconde partie de la rivière commence par un petit bassin dominé par une cascatelle pleine de charme. Nous entamons la séance photo et comme prévu il est quasi impossible de se comprendre, même en criant.

Pas évident de ne pas transformer notre matériel photo en tas de boue et de ne pas le noyer, on a connu des studios souterrains plus calmes.

Y’avait du gaz dans l’Pinard

Le CO2 dans l’eau c’est plutôt sympa, dans le pinard aussi, mais dans l’air des galerie fossiles c’est moins top !

Je suis beaucoup plus gêné que Guy et j’apprécie le retour dans l’actif parfaitement ventilé… On en profite pour casser la croute avant la seconde séance de prise de vue.

Y’avait du plaisir dans l’Pinard (avec modération bien entendu)

Belle et bonne sortie photo dans ce joli réseau actif, qui constitue une jolie classique d’initiation, à condition de compter quelques heures de nettoyage du matériel (par temps humide) ou de finir par un bain dans la rivière (vers l’amont).

Ne pas manquer un petit détour pour voir le château de Filain à proximité.

Les photos sont   ICI 

Grotte de la Tuilerie, le samedi 08/05/21

Avec Benoit et papa, nous avons décidé d’aller faire un tour sous terre ensemble, ça faisait longtemps que nous n’étions pas sortis avec Benoît. Alors le rendez-vous est fixé au samedi 08 mai 09h30 au refuge. Départ de Lyon à 7h00 sous un beau soleil puis arrivés sur le parking du gîte où nous retrouvons Benoît mais aussi Jean-Lou, Didier et son fils qui, eux vont retrouver la famille Raguin pour une sortie à Ouzène. Après quelques prises de nouvelles, nous préparons le kit de corde pour un trou que ni Benoît ni papa ont déjà fait.
Ce trou s’appelle la Grotte de la Tuilerie et il se situe du côté de Clerval, plus exactement à Gondenans-Montby.
Une fois arrivés sur le parking, nous prenons le temps de trouver l’entrée de la grotte qui est assez facile à repérer car elle se situe au pied d’une barre rocheuse et son porche mesure 5 à 6 mètres de haut.
La grotte est entourée de plusieurs petits trous dans un creux humide et très vert. Une fois le repérage effectué, retour à la voiture pour casser une croute et s’équiper pour la sortie de l’après-midi.
Nous entrons dans ce porche connu depuis très longtemps puisque, il y a déjà quelques 5000 années ! D’ailleurs, une salle porte le doux nom de la salle des squelettes car, dans les années 1968, cette salle a été fouillé par un certain Petrequin.
C’est une jolie cavité très facile qui donne sur une rivière souterraine que nous avons eu la chance de voir en crue! Donc logiquement, nous nous retrouvons bloqués sur cette crue mais, ce n’est pas un peu d’eau qui va nous arrêter. Alors, prenant notre courage à deux mains et aussi en envoyant en reconnaissance papa dans l’eau à 5-6° nous partîmes les 3 en ballade dans la rivière, sur 100 mètres certes mais avec de l’eau jusqu’au genoux voir jusqu’au hanches!! Une fois mouillés, nous décidâmes de remonter à la surface après avoir admirer la Pendeloque que Fournier disait qu’il était plus beau et majestueux que celui de Padirac!
Donc, une fois le puits incliné de 10 mètres et les 500 m qui nous séparent de la sortie effectuée, retour au soleil pour se changer. La sortie ne s’arrête pas là, nous avons quelques minutes avant de rentrer (nous ne savons pas encore qu’un secours est en cours au Vauvougier) nous prenons le temps d’aller voir la résurgence qui se situe quelques centaines de mètres plus bas que le trou. Sur place, nous pouvons admirer une formidable conduite forcée toute en acier qui a quelques années mais aussi quelques fuites, c’est une vieille dame, normale qu’elle ait des fuites ! Nous avons la chance qu’également, la propriétaire de l’ancien moulin qui a 81 ans et qui vit seul dans cet endroit du bout du monde, soit dehors pour discuter avec nous de l’historique de l’ensemble moulin, conduite forcée, turbine qu’elle nous emmène voir dans sa maison. Elle nous raconte qu’il y a de l’eau en permanence, que la rivière coule tout le temps et que l’étang qui sert de réserve est toujours plein ! Une supère rencontre !

 

Ensuite retour au refuge, nettoyage du matos collectif et perso, (très bonne idée de nettoyer sa combi et sous combi juste avant un secours, pour rester au sec, rien de mieux !!)
Encore une belle sortie sympa qui peut être rajoutée à une autre dans les parages, nous avons passé deux heures sous terre en prenant notre temps, cependant, si vous y allez, n’hésitez pas à planter quelques spits, ils sont un peu tous foirés…

 

 

Toutes les photos de cette sortie  ICI

 


Yann Jeannin

La Chenau Réseau n°1 – C’est beau ! – 20.04.2021

Lundi 23 Avril en soirée, coup de téléphone de Jean Lou . Tu es en vacances ? On fait de la spéléo demain ?

OK ça marche, mais j’aimerais bien que l’on puisse faire un truc pas trop loin (COVID) et que l’on ne visite pas souvent

Alors, on pourrait aller à la Chenau 1 me dit Jean Lou.
Moi ça me plait et je serai avec Lisa qui est en vacances
Petit message sur la liste GCPM pour annoncer la sortie (qui pourra néanmoins s’adapter en fonction des participants (on ne sait jamais)

Mardi matin, RDV au gîte. Il y a moi, Lisa et Jean Lou. C’est parti pour la Chenau 1

Comme nous y allons très souvent (…) Jean Lou ne se rappelle plus complètement des longueurs de corde .
On reprend un peu l’historique sur le cahier des sorties . Ça va le faire . On prend quand même une C25 en + au cas où !

Le terrain est très sec et nous pouvons nous stationner au plus près du gouffre dans le bas du champs.
Jean Lou se lance dans l’équipement.

Au départ de la main courante d’accès au P40, Jean Lou me présente le 1er spit planté par Thomas Jounin . Une petite photo souvenir s’impose.

La Chenau 1 est une partie très peu visitée du réseau . La zone d’accès au P40 est très instable et ça parpine dur à chaque passage

.

En 2016, Jean Lou Jacky et d’autres ont pris le pari de ré-équiper entièrement La Chenau 1
Le P40 ne se descend plus en direct sous les cailloux, mais une vire en main gauche permet de s’écarter de la zone instable.
Le principe est simple toute l’équipe doit se « stocker sur la vire avant que le premier puisse enfin descendre.
Même opération à l’inverse à la remontée. Et ça fonctionne très bien !

 

Les puits sont très confortables . Le P40 à une section d’environ 8x8m à sa base . La suite est évidente

On progresse dans un méandre par ressauts. Une corde en place sécurise un ressaut un peu plus haut et un nœud juste bien placé évitera de bourriner au retour . Merci Jean Lou.

.

 

Pour la suite on progresse en vire avant le prochain puits qui nous fait aboutir dans une superbe rotonde

Le dernier grand jet se fait face à une magnifique coulée qui fait presque la hauteur du puits. Mon appareil photo et nos éclairages ne permettent pas de bien mettre en  valeur ce secteur

Au bas de ce dernier puits (environ 20m) on prend pied sur un palier très confortable . Là, 2 possibilités s’offrent à nous, à gauche le dernier puits (quelques mètres) donne accès au méandre, mais en poursuivant tout droit et en franchissant un court passage un peu étroit, on arrive au bas du même puits sans avoir à équiper.
Nous retrouvons au sol un corde du GCPM qui semble t’il été perdue là il y a déjà un bon moment (preuve que le réseau 1 de la Chenau est très peu visité)

Nous progressons un peu dans le méandre qui se dévoile devant nous. Après environ 30m, un passage plus étroit. Je force un peu pour franchir la zone, mais juste après un passage encore plus étroit obligerait à virer le baudrier. Nous décidons de remonter

Nos prédécesseurs ont profité d’une zone de roche bien compacte et lisse pour faire des essais d’amarrage avec des boulons enfoncés de force dans des trous de 8mm.
Le dernier amarrage historique a été équipé de cette manière

 

 

  

Au final la Chenau 1 a été une très belle surprise pour moi
Comme à la Chenau 2 sur tout le parcours, la roche est très claire et bien érodée par endroits.

Le parcours est agréable, est l’on se retrouve assez vite à -130

Ce réseau mérite vraiment la visite et c’est sûr, nous y reviendrons.

Nous avons également en projet la stabilisation de l’éboulis avant le P40. La période n’est toutefois pas très propice à rassembler du monde sur ce projet dans l’immédiat

De retour au gite, avant de défaire les nœuds, quelques mesures permettent de prendre des notes pour construire la fiche d’équipement

Encore merci à Jean Lou de nous avoir fait découvrir ce superbe réseau !

D’autres photos ici

Christophe

Vauvougier le 21 mars 2021

Participants : Sarah, Didier, Jean-Louis, Thomas X2


Une descente au Vauvougier pour récupérer de la journée bois de la veille. C’était la proposition de Jean-Lou.

Le matin, nous voilà tous réunis dans le local matos pour préparer les cordes.

Sarah, Thomas et moi avons un peu la tête ailleurs à cause de la soirée raclette aux Cavottes d’hier soir qui s’est terminée bien tard (ou tôt, selon le point de vue).

On va sur place à deux voitures. Didier et Jlou dans la SpéléoMobile et le reste dans la voiture de Thomas qui fait du bruit.

Pendant qu’on se change, Didier et J Lou sont déjà prêts et partent équiper l’entrée.

Vient ensuite notre tour. Sur la vire, Sarah n’est pas à l’aise et Thomas ne dit rien(ça veut dire que tout va bien pour lui).

La vire est passée trèèès lentement mais trèèès sûrement.

Plus bas, dans le méandre menant au puits du Pendule, Thomas se glisse dans un passage impénétrable et fait demi-tour non sans difficultés. Ses gémissements résonnent des plafonds jusqu’au bas du puits.

Le ressaut du méandre est équipé par Didier pendant que JLou le désescalade.

Nous mangeons en bas du puits ASCO et j’équipe le ressaut qui suit. Jean-Louis le désescalade aussi.

Je décide de shunter le ressaut suivant par une petite étroiture verticale qui donnera du fil à retordre à mes camarades. D’ailleurs, le roi de la varappe désescalade encore le ressaut.

Plus loin, Sarah a du mal dans les passages en opposition, la raclette d’hier soir se fait ressentir.

On descend le P12 pour jeter un coup d’œil à l’Étroiture.

Largage de lest pour ceux qui le peuvent et demi tour.

Je déséquipe et rattrape les copains qui ont galéré à remonter l’étroiture, Didier et Thomas ont dû enlever leurs baudriers pour passer. Je la passe sans problèmes avec toute ma quincaillerie…TROP FACILE ! 😝

Quelques micros-tirs permettraient de rendre le passage moins inconfortable.

On continue notre remontée tranquillement. J’essaie de passer les ressauts sans la corde pour faire comme Jlou. Passer tous ces ressauts en libre permettrait d’économiser facilement un kit complet.

La vire d’entrée se passe plus rapidement au retour.

Nous arrivons dehors, tous en vie et bien satisfait de notre weekend.



J’écris ce CR à peine tard(à peine). En me remémorant cette journée, l’envie d’y retourner et d’aller au fond me titille. Il y aura peut-être un autre CR sur le Vauvougier dans les prochaines semaines.

 

Thomas J.

La LAVE 18 Avril 2021

Rassurez-vous, ça ne coulait pas autant samedi, loin s’en faut !

J’avais proposé une sortie, seul Guy avait répondu avec comme désir d’aller faire des photos à La Chenau mais hors 10 km donc …

Comme nous envisageons de brocher la deuxième partie à la Lave, je lui propose un repérage pour évaluer le futur chantier.
Guy me surprend en me disant n’y avoir jamais mis les pieds. Il me demande si il y a moyen de faire des photos dans la galerie du Beau Louis, vu que les photos dans le puits auraient besoin de 3 personnes pour que ça rende bien, je lui répond OK et nous voilà partis.
Je décide d’équiper le 2ième puits en fixe avec des maillons rapides et d’une corde que nous laisserons en place pendant la durée des travaux.
J’ai la surprise en arrivant devant le trou de voir un petit peu d’eau couler des inter strates à proximité de la buse du puits.
A la base du premier puits quelques percolations commencent à me faire douter pour la suite. Je m’engage dans le laminoir et là plus de doute, j’entends nettement l’eau couler. Je préviens Guy que nous risquons de nous faire « un peu mouiller » pour accéder au fond.
Quand je commence le « un peu » se transforme en « beaucoup » après avoir équipé la première partie du puits la suite se poursuit en vire et plus je me décale plus je prends la flotte, au début à peine supportable, mais quand j’installe le double amarrage qui marque le début de la grande verticale, c’est la douche bien glacée, ça me rentre dans le cou, me glisse entre les omoplates atteint le heu … ! Bas du dos et termine dans les bottes.
J’arrive péniblement à installer le double amarrage et c’est long avec les maillons rapides qui ne le sont pas tant que ça, j’accroche le kit avec le reste de corde et les amarrages restants, ça attendra pour la suite.
je suis rincé, J’ai trop froid et je signale à Guy que hélas nous n’iront pas plus loin et on commence la remontée. Guy remonte le premier à un bon rythme, c’est parfait, je n’attends pas pour déséquiper ça me réchauffe un peu. Enfin retour au soleil (pas si chaud que ça d’ailleurs avec la bise qui courre toujours) je me change rapidement et nous retournons au gite pour casser la croûte au soleil à l’abri de la bise, une bière et un bon café qui me réchauffe enfin.
Désolé Guy pour les photos, on reviendra de toute façon.
Moralité ¨ : La lave lave mais rince aussi
J lou