Objectif Brizon – 3 heures – 20Km

J’appelle Thomas pour une sortie reprise après ce mois de frustration sans spéléo.

Challenge :

–     Trajet————–    Avanne –> Montrond
–     Une préparation matos
–     Trajet local – gouffre
–     Une explo
–     Réintégration matériel
–     Une bière
–     Retour Montrond ————–> Avanne

Tout ça en 3 heures !

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Rendez-vous à 9H30 au refuge après vérification que nous sommes bien dans les 20 km autorisés avec l’objectif de faire le Brizon.

 

J’arrive au local un peu plus tôt et prépare le matériel et les cordes.
Bilan 2 kits bien plombés.

El présidente arrive et après quelques échanges sur ce pu….de  sa……..   de confinement, on embarque direction le trou.

Là Thomas décrète que c’est moi qui équipe, sous prétexte qu’il s’est levé bien trop tôt, tout ça et qu’il n’a pas encore les yeux en face des trous.

C’est parti sur un rythme « allégro con brio » c’est sec, pas d’eau du tout, on tape le fond et on commence aussitôt la remontée.

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Thomas déséquipe en disant que s’il avait su il aurait équipé à la descente, je le laisse râler. Non mais !!

Sortis rapidement et retour Montrond, réintégration matos, puis la petite bière qui va bien apportée par Thomas de marque « pisse de Caribou » non non pas canadienne, Hte Saonoise.

Séparation puis retour Avanne et tout ça en ……………….

Jean-lou

 

P .S Nous n’étions pas sur

d’avoir  « le droit » de refaire de la spéléo, mais le soir sur le site de la fédé, je me suis aperçu que nous étions bien dans les clous.

Reconnaissance à la rivière de Cerre les Noroy (70)

Cette classique Haut-saônoise à trois entrées sur trouve sur le même réseau souterrain que le Trou Pinard (CR précédent) mais ne communique pas encore humainement.
C’est d’ailleurs au Trou Pinard que Sarah et moi avons eu l’info qu’une visite se ferait ce mercredi 28/10 et que nous pouvions nous greffer dessus. Cette fois-ci, Thomas pourra être des nôtres.

En discutant autour de moi, je me rend compte que plusieurs personnes du GCPM y sont déjà allés mais il y a bien longtemps et le but de cette visite est de pouvoir également y organiser une sortie club par la suite.

Comme pour le Trou Pinard, on sait recevoir en Haute-Saône : On nous propose un café en arrivant mais ce n’est pas tout : le puits d’entrée a déjà été équipé la veille pour éviter d’avoir à attendre son tour en surface dans le froid et l’humidité ! c’est pas beau ça !

Du côté des locaux du SCV, il y a Jean Luc, Jean Marie et Pascal. (On peut d’ailleurs dire que Sarah et Thomas sont également des locaux puisqu’ils habitent Port sur Saône)
Comme le réseau fait partie de celui du Frais Puits (qui alimente en eau potable la ville de Vesoul), l’enceinte du gouffre est grillagée et il faut une clef pour ouvrir le portail … et c’est Jean Luc qui l’a à disposition pour ceux qui souhaitent visiter la cavité. Il y a également une grille au-dessus pour protéger le puits d’entrée mais pour celle-ci, pas de clef.
Le puits est fractionné 2 fois (à 2 mètres du dessus et à 3 mètres du bas).
Jean-Luc nous conseille vivement d’attendre que le précédent soit complètement en bas pour entamer la descente car ça parpine pas mal (on s’en est rendu compte à la remontée avec une grosse pierre qui s’est décollée à -1 mètre.)

On prend pied dans une grande salle déclive qui nous conduit bientôt dans un méandre. Dans le topoguide 1 « Spéléo Sportive dans le Jura Franc-comtois » édité au début des années 90, ce méandre était considéré comme le collecteur. Les nombreuses découvertes effectuées dans ce réseau ont montré qu’il s’agit en fait d’un affluent.
Le profil de cette galerie est déjà bien sympa et parfois concrétionné.
Après environ 500 mètres de progression ponctuée de 2 ou 3 passages « 4 pattes dans l’eau », nous arrivons à un carrefour.
A gauche, c’est l’amont du réseau en direction de la perte de l’étang. Dès le début, on aperçoit une silhouette de crocodile trônant au-dessus de bassins déjà bien humides… comme on n’a pas de néos, nous privilégierons l’aval.
Le gabarit change alors de suite : Bien qu’argileuse, la progression est agréable et belle : nous sommes conquis !.
Jusqu’à présent, on avait de l’eau jusqu’au dessus des genoux mais voilà la voûte mouillante … bien tentante …
Pascal se lance, Sarah suit … bon ben, y a pas le choix, on y va aussi !
Pendant un moment, on pense que Jean-Marie va nous attendre …et ben non le voilà qu’arrive !
Le profil change à nouveau avec des formes elliptiques bien esthétiques.
Quelques centaines de mètres plus loin, la galerie devient franchement aquatique. Jean-Luc et Jean-Marie nous informent qu’on est tout près du gouffre Schoenig qui permet de faire une traversée.
De toute façon, on n’a pas de néos et la buse d’entrée n’est pas équipée.
Jean Luc nous fait remarquer qu’il est préférable de faire cette traversée dans le sens « Gouffre Shoenig vers entrée historique » car la confluence entre le gouffre et le collecteur n’est pas évidente à repérer dans l’autre sens.
On fait demi-tour et je passe devant pour repérer quelques spots photos.
Du coup, on se retrouve tous les 6 à beaucoup moins bouger et le froid commence rapidement à se faire sentir. Pas grave, ce n’était pas le but … on reviendra c’est sûr car cette rivière même hors secteur vaut vraiment le coup.
Pour éviter de s’engourdir trop vite, on préfère également se réserver le casse-croûte pour l’extérieur. (Il faut penser au puits d’entrée qui risque de parpiner et où les temps d’attente seront du coup plus long).

Dehors, il pleut mais bon, on est déjà mouillés.

Après casse-croûte–bière- cafés, nos hôtes nous emmènent voir l’entrée de la cheminée Shoenig.
Un grand MERCI à vous pour cette belle sortie et on se rappellera que c’était la dernière avant la (re) confinement !

Guy

Reconnaissance au Trou Pinard

Tout d’abord, comment transformer une séance topo, en séance photo ? Demander tout simplement a Guy ! Qui très gracieusement passe du coq a l’âne, de la stabilité à la chute, mais ça, nous verrons plus tard…

Mère Bouveret et père Richer « tout proche » son donc conviés par Guy à cette sortie reconnaissance organisée par Bernard. Direction  le Trou Pinard ! Thomas serra finalement absent, souffrant du dos il a peur d’aggraver la chose. Pour ma part, je servirais de taupe « modèle » à un photographe 100% violet que je ne citerai plus, ainsi qu’à Nanard « SCV », le pro de la désob également passionné par la photographie !

Le rendez-vous est donné à 9h30 ce 24 octobre à la cabane de chasse du bois Pinard. Apres un ramassage de taupe sur Vesoul les deux clandestins du GCPM rejoignent le SCV, juste à l’heure pour le croissant/café aux abords du chemin d’accès. Il saute aux yeux que cette cavité est encore fraiche et peu connue, le chemin d’accès est bien moins marqué qu’à  l’habitude car le Trou Pinard est ouvert depuis seulement quatre ans, apres une désob rondement menée !

C’est donc sous la guidance de Bernard et équipés que nous marchons en cœur dans la broussaille jusqu’à l’orifice. Une petite doline d’effondrement s’ouvre a nous, puis une grille, soigneusement agencée et cimentée laisse apercevoir le puits d’entrée équipé par Nanard depuis la veille au soir. « Reçu, comme des rois ! »  Le guide ouvre la voie, rien de bien compliqué même pour une novice qui est frappée d’entrée de jeu  par la deuxième partie du puits, particulièrement belle et plus spacieuse. Sous les conseils de Nanard nous y laissons une bonne partie de notre quincaillerie devenue inutile pour la suite.

Une petite porte rocheuse naturelle nous ouvre directement le passage sur la rivière. Doté d’une partie amont bien trop mouillée pour aujourd’hui et d’une partie aval largement plus accessible  que nous allons découvrir. Guy en profite pour glaner des informations en vue d’une future sortie avec les membres du GCPM ! La galerie de la rivière est spacieuse, du grand spectacle dénué de concrétions, tantôt découpé puis lisse, elle témoigne de la mise en charge incroyable que ses plafonds  peuvent subir lors des grandes crues. La rivière disparait temporairement dans une perte, notre avancée nous mène rapidement au sec dans une conduite forcée où il nous faudra courber l’échine et éviter de tomber dans les bauges à cochons. Ici l’air se fait plus rare, normal nous dit Nanard !

Les formes se succèdent, Guy a déjà plusieurs spots  photo en tète avant même notre arrivée dans la salle de la cascade, où la aussi, ça vaut le coup d’œil et même le coup d’objectif ! Deux brins de rivières limpides réapparaissent pour se rejoindre en bassin au bas d’un petit ressaut. En aval, une voûte mouillante siphonnante nous barre la route alors qu’en amont la galerie des marmites « Notre terminus » nous tend les bras. La première capture d’images se fera au cœur des marmites, Guy déballe tout son matos, « un sherpa pour noël lui sera fort utile » ! La séance commence et je me surprend à être  plus alaise qu’a Pourpevelle, à vrai dire, cela m’amuse un peu, et le résultat vaut largement la douche que je m’impose en me courbant avec un kit rempli d’eau.

La suite sera donc plus fraîche, de multiples réglages et ajustements mènent notre photographe au cliché voulu. Nous revenons à la cascade et là, c’est le « drame »… Guy se vautre majestueusement dans la rocaille au pied de Bernard, ce qui lui vaut de belles peintures de guerre « Qu’il ne soupçonne pas » sur le visage, un vrai baroudeur ! Heureusement, point de mal. Nous passons en revue tous les spots photos de ce secteur avant d’aller se mettre au sec pour nous alimenter dans la conduite forcée. Bien plus agréable de pouvoir s’entendre pour festoyer ! Apres le casse croûte cette conduite fait l’objet de plusieurs arrêts photos, dans un sens, puis dans l’autre, afin d’obtenir la meilleure représentation possible de ses magnifiques contours.

Nous voila de retour dans la galerie menant au collecteur, là encore un spot incontournable, Bernard s’occupe du Godox et me suit pendant que Guy enchaîne les clichés. L’arrivée au puits d’entrée donne une dernière occasion de mettre en images cette magnifique cavité, Nanard monte en premier avec le précieux Godox déballé dans un kit « Je n’oserais pas », il se positionne en tète de puits et je joue la funambule sous les instructions de Guy qui cherche à mettre ces parois en valeur. On ne peut plus réussi ! Je vous laisse en juger par vous-même, cette sortie fut une belle moisson de photos qui satisfera autant le  photographe, le technicien et la taupe. Le trou Pinard pourrait sans problème se retrouver dans une revue imagée ventant les belles cavités de nos régions ! Merci à vous deux pour avoir rendu cette formidable sortie possible, c’est a chaque fois une découverte, une aventure et une grande joie que de parcourir nos sous-sols en votre compagnie.

La remontée se fera sans encombre, Guy déséquipe avec l’aide de Bernard, une petite photo de groupe à côté de la grille d’entrée et nous allons nous changer aux voitures sous l’œil curieux des automobilistes et même des gendarmes, qui on cru avoir à faire au coup de la panne. Petit café, petite mousse, nettoyage  et nos trois compères rentre chez eux aux alentours des 17h, bien heureux et conquis !

Merci

Sarah

 

Sortie à Ouzène – 18.10.2020

Avec Sarah, Thomas, Didier, Jean-lou

Un nouveau venu au club , Didier (arrivé pendant le confinement de Mars) poste un mail sur le site du GCPM pour trouver du monde pour une sortie.
Je réponds Ok ainsi que Sarah et Thomas.
Je propose Ouzène une cavité archi classique du coin, mais qui permet de tester aisément les connaissances techniques des nouveaux venus.
Pas de soucis pour Didier parfaitement autonome sur corde.

Galerie inférieure en premier.
Les gours devant l’ex-étroiture sont pratiquement vides.

Après l’étroiture pas une goutte d’eau dans les bassins. Nous allons jusqu’à l’endroit où le Belge s’était coincé il y a quelques temps déjà.

Remontée des puits, puis visite de la jolie galerie supérieure, la vire a un équipement en place, que du bonheur, gros gain de temps. Sarah avance en reculant, je sais qu’elle n’aime pas le vide et les passages l’impressionnent.

Nous nous arrêtons au dessus du puits. Au retour Sarah passe la vire de façon beaucoup plus relax. La confiance en elle et au matériel progresse petit à petit.

Remontée des puits originale où le premier attend que celui qui le suit arrive au fractio pour lui tendre la corde pour monter plus facilement et ainsi de suite (efficace mais pas rapide !) à améliorer donc !

Retour au refuge avec la traditionnelle séance de nettoyage de matériel.

Agréable sortie et bienvenue à Didier.

 

D’autres photos ici

Jean-lou

La grotte du Moulin de Vermondans en image.

Romain Venot (du GSAM), alors en vacances, envoie un petit mail aux retraités (toujours en congés) pour une petite séance photo-spéléo.
Claude Paris (du GSAM aussi) et moi-même répondons présents pour jeudi)
La flotte n’est annoncée que pour vendredi et je suggère la grotte très aquatique du moulin de Vermondans. (ISD Tom3 pages 435 à 437)

Le site est pittoresque à souhait. Sur l’onglet « Sur le karst » du blog GCPM, on peut en savoir plus sur son histoire. Sur le lien suivant, il faut chercher l’icône « Cascade et ru de Vermondans » :
https://www.google.com/maps/d/viewer?mid=15eyK0fi73aSKCSXX_rWq7oPyTvPeXvox&ll=47.178131247876024%2C6.5628259378561715&z=14

En pénétrant sous terre, l’esthétisme est également au RDV : Dès l’entrée, on a l’impression d’être dans une cave au ¾ pleine d’eau. Un peu plus loin, la voûte s’abaisse et il faut même incliner la tête pour garder le nez hors de l’eau. J’ai apporté un petit bateau gonflable pour avoir des photos funs mais il ne survivra pas à ces passages surbaissés… du coup mon Explorer Pro s’appelle désormais Titanic !.
On repère les spots photo qui ne manquent pas mais il faut impérativement qu’il y ait la possibilité de déballer au sec.
A 220 mètres de l’entrée, on peut penser que c’est déjà le bout mais il n’en est rien : le passage de 2 voûtes mouillantes successives nous livre la suite : De la belle galerie en noyau d’amande se présente à nous.
A 550 mètres, on évolue brièvement sur des passages sup avec bientôt un affluent RD impénétrable. La suite se trouve en face, par un conduit plus modeste et on retrouve l’actif sur une centaine de mètres. Cette fois-ci, le fil d’ariane nous annonce le S1.
J’assiste Claude et Romain qui ont apporté leur appareil photo et nous enchaînons les compos. Comme le froid ne se fait pas ressentir, on prendra le temps de s’appliquer.

On retrouve les voitures vers 13h00. Romain suggère alors d’aller à la grotte de la Baume vers Sancey le Long. Je ne connais pas. Le fond de cette reculée jurassienne est également très joli. On bute sur une falaise chargée d’histoire et percée de plusieurs orifices. (ISD Tome 1, pages 219 à 221)
C’est devant un café chaud que nous nous séparerons au domicile de Romain. La pluie peut venir maintenant !

La sélection de belles images avec leurs auteurs   ICI

Guy le 23/10/20

Plongée au recycleur – Par Pierre Boudinet – Octobre 2020

Plonger des siphons peut apparaître comme une activité lointaine au plus grand nombre des spéléologues. C’est peut-être encore plus vrai si l’on utilise du matériel spécifique, très moderne: les recycleurs sont un peu aux siphons ce que les techniques légères sont aux grandes cavités verticales.

Néanmoins, soit que vous soyez un minimum plongeur, soit que vous travailliez avec des plongeurs (portage et autres projets conjoints) soit simplement que vous soyez… curieux, avoir une idée de ce qu’est ce matériel, de ses possibilités et limites, présente un intérêt.

Cet article tâche de synthétiser les informations les plus importantes et de les rendre compréhensibles.

Téléchargement du document original au format pdf ici

De l’usage opérationnel des recycleurs pour explorer des siphons
Pierre Boudinet

1 – Introduction
Ce qui suit s’appuie sur plus de dix ans d’expérience progressive de plongée de siphons en recycleur par l’auteur. Cela inclut des plongées d’exploration en Allemagne, des plongées lointaines à la palme à plus de 1000 m de l’entrée en France et quelques plongées avec transport de matériel sous terre. Ce qui suit ne concerne pas la « course aux records » personnels comme généraux tels que plongée très profonde mais d’avantage l’utilisation au quotidien, « courante », du matériel.

 

2 – Avantages d’utiliser des recycleurs
L’avantage le plus évident est l’autonomie : pouvoir aller profond et loin (pendant une durée importante) dans un siphon sans devoir transporter un grand nombre de bouteilles comme en circuit ouvert. Néanmoins, cet avantage doit être mis en face d’inconvénients tels que :

– Encombrement et fardage plus importants qu’en circuit ouvert ;

– Mise en place d’une redondance correcte plus malaisée et moins intuitive qu’en circuit ouvert (voir plus bas), on ne peut pas s’appuyer sur l’expérience des plongées précédentes[i] ;

– Coût de la redondance, soit en termes de bouteilles en circuit ouvert à transporter néanmoins, soit en termes de second recycleur à transporter. Alterner entre deux recycleurs est moins facile que d’alterner entre les deux côtés indépendants du scaphandre en circuit ouvert ;

– Fragilité de l’équipement lors du transport et sous l’eau ;

– Atteinte de limites non-liées à la consommation de gaz, telles que froid, quantité maximale de gaz carbonique pouvant être fixée par la chaux sodée (donc durée en lien avec le métabolisme de base), décompression prohibitive, etc.

L’autonomie à d’autres échelles temporelles reste un autre avantage important :

En expéditions de petite taille, lorsque l’accès à un compresseur ou à de l’oxygène est difficile, l’utilisation d’un recycleur permet d’effectuer plusieurs plongées longues là où des techniques de circuit ouvert ne le permettraient pas. Par exemple un recycleur est alimenté par une bouteille qui sert pour plusieurs plongées et sécurisé par une bouteille (au minimum) qui n’est entamée qu’en cas d’incident. Même si l’accès à un compresseur est possible, changer la chaux sodée d’un recycleur prend moins de temps, génère moins de bruit, demande moins d’efforts de portage du compresseur ou de temps de route pour accéder à une station de gonflage.

D’autres avantages sont également très appréciables même si rarement explicitement mentionnés :

– Absence de détente adiabatique comme en circuit ouvert. Cela est un souci en mer chaude mais c’est un grand avantage dans un siphon froid : on respire des gaz réchauffés par la réaction de fixation du gaz carbonique sur la chaux sodée et non-pas refroidis ;

– Furtivité (moindre dérangement de la cavité, de sa faune, de ses riverains et de ses abords immédiats). À noter que la furtivité dépend d’autres éléments tels que l’éclairage et l’absence de bulles créées par la purge d’un vêtement sec ou bien le vidage d’un masque ;

– Réduction d’émission de bulles pouvant décrocher de l’argile – ou des blocs – du plafond de la galerie ;

– L’absence de « poumon-ballast » fait que la flottabilité devient indépendante du rythme et de l’amplitude respiratoire. Après entraînement cela peut procurer un meilleur équilibrage et une meilleure position pour palmer ;

– Autonomie pouvant encore dépendre des efforts fournis (fixation de gaz carbonique) mais ne dépendant plus du rythme respiratoire sauf cas particulier. Autonomie maximale dépassant souvent largement la durée prévue de la plongée : on a moins à se soucier de réserves de temps et d’autonomie en cas d’incident (« garder x bars en cas d’emmêlement »).

3 – Sources de danger
    1 – Liées aux recycleurs eux-mêmes
        1 – Généralités en siphon
Comme pour le matériel classique, l’absence de surface libre rapidement atteignable décuple les problèmes. De façon non-exhaustive, on peut citer :

– Une panne, dont le mécanisme est souvent différent du circuit ouvert, survenant brutalement ou progressivement loin de l’entrée, avec le risque de ne pas avoir assez de ressource (redondance ou fonctionnement en « mode dégradé ») pour ressortir ;

– La brûlure par ingestion de mélange de chaux sodée et d’eau (« bouillie ») ;

– L’erreur de mélange ou la panne conduisant à respirer un mélange inadapté (hypoxique, hyperoxique, narcotique) ;

        2 – Différentes catégories de matériel
Les recycleurs gérés électroniquement en circuit fermé (« eCCR ») sont considérés comme la catégorie supérieure de matériel : le rendement théorique est de 100 %, tout l’oxygène consommé des bouteilles est métabolisé, une boucle de rétro-action contrôle en permanence la teneur en oxygène et en injecte juste la quantité nécessaire[ii].

À l’autre extrême, il existe des matériels, souvent artisanaux, dépourvus de toute boucle de rétro-action, voire de tout contrôle de la teneur en oxygène (en infraction des réglementations françaises). Alimentés avec un débit massique constant réglable ou non par l’utilisateur, ils laissent échapper une partie des gaz (circuit semi-fermé « SCCR ») et n’ont pas un rendement de 100 %.

Entre ces deux marges existent différentes architectures telles que SCCR pourvu d’une boucle de contrôle de la teneur en oxygène et/ou d’une injection d’oxygène à un débit massique légèrement inférieur à celui requis par le métabolisme de base, ou bien encore recycleurs « à purge proportionnelle » : à chaque cycle respiratoire une fraction donnée du mélange, déterminée par la mécanique du dispositif, est expulsée.

Le tableau ci-dessous présente de façon non-exhaustive des risques spécifiques liés à différentes « architectures »

    2 – Liées à l’interaction avec l’emploi de matériel classique
Comme contrairement à de l’équipement classique respirer lentement n’augmente pas l’autonomie, on se retrouve plus ou moins rapidement, par paresse, confort, etc[iii]. à respirer à un rythme « normal » c’est-à-dire plus élevé : cela correspond à une perte d’entraînement au matériel en circuit ouvert. Ce dés-entraînement à respirer lentement doit être pris en compte lors de toute redondance « asymétrique ».

En circuit ouvert, la planification d’une plongée s’appuie sur toutes les plongées précédentes. De plus, sauf pour la décompression, les règles d’autonomie (cinquièmes, quarts, tiers, etc. pour les bouteilles principales, tiers ou 40 % pour les relais) sont indépendantes du temps en lui-même ou de la consommation en elle-même.

Les règles concernant les deux bouteilles principales sont symétriques donc optimales. Ce n’est pas la même chose en recycleur. Protéger un recycleur défaillant avec des bouteilles classiques nécessite d’estimer la quantité de gaz nécessaire sur la seule base de paramètres tels que durée et profondeur. Incidemment le protéger avec un autre recycleur, même du même modèle, ne peut s’effectuer de façon symétrique (c’est-à-dire en testant en permanence l’un et l’autre appareil). Il subsiste un risque plus élevé « d’aller loin, d’avoir un souci et de s’apercevoir que l’appareil de secours ne fonctionne pas ». N’utiliser que des recycleurs empêche de passer même temporairement sur circuit ouvert, ce qui peut être nécessaire pour récupérer d’un essoufflement ou dans certains cas de saturation cognitive (emmêlement en pleine eau sans visibilité par exemple).

« Les connectiques pour l’oxygène et le diluant doivent impérativement être non-compatibles » : les recycleurs « commerciaux » sont alimentés par des bouteilles spécifiques, auxquelles ils sont raccordés par des raccords spécifiques. Bien qu’une permutation de recycleur à recycleur, ou de deux bouteilles de même raccord soient possibles, en cas de protection par des bouteilles de circuit ouvert classiques, ou de coexistence avec ces dernières dans un même siphon, il est impossible avec du matériel commercial aux normes de permuter une bouteille du recycleur avec une bouteille en circuit ouvert.

À l’inverse, un recycleur « fait maison » et conçu pour être alimenté avec toute bouteille de plongée via le Direct System (DS) exposerait à des erreurs de branchement pouvant être graves, notamment ces deux-ci :

– Raccorder le recycleur en profondeur sur une bouteille d’oxygène pur ou de mélange hyperoxique ;

– Raccorder le recycleur sur une bouteille d’air, pire, de mélange hypoxique (trimix) dans une zone pas assez profonde.

Ces erreurs peuvent être prévenues en fermant en profondeur certaines bouteilles ou en les déposant si on n’en a pas besoin plus loin, en étiquetant les DS et, au cours du processus de recherche-développement, en ayant effectué des crash-tests avec une alimentation en air pour développer les réflexes et procédures adéquats[iv].

En cas de plongée en binôme avec du matériel en circuit ouvert, réaliser un « échange d’embout » pour revenir à la sortie en suivant un long parcours n’est pas envisageable pratiquement (pour éviter un double drame, c’est même un des avantages de plonger seul). Néanmoins, dans des situations moins engagées, il reste possible d’échanger des relais (par exemple « prêter » un relais à un binôme qui aurait surconsommé pour protéger son retour) ou même, sur de courtes distances dans certaines situations, de « prêter » un détendeur principal au binôme. Une telle aide devient beaucoup plus malaisée en recycleur sans entraînement spécifique, qui doit être anticipé. Incidemment, même dans la vasque d’un siphon ou dans une piscine, tous les embouts de recycleur ne se manœuvrent pas aisément d’une seule main.

    3 – Liées au contexte commercial et réglementaire
L’achat de la quasi-totalité des appareils commerciaux est soumis à obligation de formation. Toutefois cette formation présuppose que l’utilisateur va employer le matériel en milieu ouvert, milieu pour lequel il est conçu. Or le milieu siphon est très différent, même avec du circuit ouvert, certains réflexes ou procédures salvateurs en milieu ouvert sont inadaptés, voire funestes (« remonter en cas de problème », « cesser la plongée en cas de problème » n’est plus envisageable).

Comme pour une majorité de formations à l’usage d’objets manufacturés, ce type de formation ne reproduit pas, ne synthétise pas, le processus de recherche-développement et suppose que l’utilisateur n’a pas à avoir une connaissance détaillée des rouages internes (matériels ou figurés) du dispositif. En siphon toutefois, le fait de ne pas avoir de représentation mentale correcte d’un incident conduit souvent à ne pas pouvoir le résoudre, à l’aggraver. Au mieux, on le résout mais de façon pas optimale. Exemple : cesser d’utiliser un recycleur « qui bipe » alors qu’on aurait pu continuer de respirer dessus et économiser de la redondance en circuit ouvert en prévision d’autres soucis toujours possibles.

Au contraire, le processus de recherche-développement présidant à la fabrication d’un recycleur utilisable en siphon fournit, au cours des nombreux essais, une formation progressive aux incidents réels et à la façon de les traiter. La réaction et la résistance à l’hypoxie et l’hyperoxie sont très variables, un « entraînement » à ces situations[v] présente plus d’inconvénients que d’avantages. Toutefois, même si le sujet est controversé, le développement de l’hypoxie et l’entrée dans des situations hyperoxiques ne s’établissent pas dans un recycleur comme dans une fosse septique qui fermente ou dans un laboratoire de physiologie. Savoir identifier et éviter « par réflexe » les situations pouvant y conduire est de la plus haute importance[vi]. Deux soucis potentiels sont afférents à une démarche de recherche-développement :

– La possibilité, au cours d’un nombre d’essais réduits (une centaine ?) de ne pas avoir exploré tous les mécanismes possibles d’incident ou de ne pas avoir correctement estimé leurs probabilités, voire carrément de ne pas les avoir anticipés si lacunes de connaissance scientifique ;

– L’adaptation progressive à ce qui serait des défauts rédhibitoires (conception, dimensionnement, etc.) pour tout autre utilisateur et que l’on finit par considérer comme « normaux » : il est encore moins possible de prêter ce genre d’équipement !

     4 – Examen de quelques limites opérationnelles
Ce qui suit concerne aussi bien un SCCR sans contrôle que les possibles « modes dégradés » d’autres équipements.

        1 – Profondeur
En zone « peu profonde » il est possible d’alimenter l’appareil à l’oxygène pur (jusqu’à 6 m). Pourvu que le matériel soit correctement purgé au départ, cela évacue tout problème de contrôle de la teneur en oxygène et tout problème du contrôle du débit (s’il n’y en a pas assez on le sent, car la flottabilité diminue, s’il y en a trop des bulles s’échappent). Mais peu de siphons se développent longtemps entre 0 et 6 m et un matériel défectueux ou mal employé peut conduire à une situation d’hypercapnie.

En zone « intermédiaire » (6m à environ 40 m), on respire un mélange suroxygéné mais pas de l’oxygène pur, ce qui introduit plusieurs limites :

– La teneur en oxygène du mélange respiré diffère potentiellement de la teneur en oxygène du mélange injecté, le débit doit être ajusté de façon à contrôler la bonne composition ;

– La décompression doit s’effectuer en en tenant compte ;

– Un débit insuffisant entraîne une situation hypoxique, un débit trop élevé diminue l’autonomie et/ou entraîne une hyperoxie plus ou moins grave.

En zone « profonde » (au-delà de 40 m, là où la plongée en circuit ouvert à l’air commence à atteindre des limites), il faut respirer un mélange normoxique ou hypoxique (à comprendre : « qui serait hypoxique en surface ») :

– La marge de contrôle entre « mélange respiré hypoxique » et « mélange respiré hyperoxique » se rétrécit ;

– Tout écart de composition a une influence notable sur le schéma de décompression (respirer un mélange hypoxique équivaut à plus de gaz inerte, donc une profondeur équivalente accrue – « barre de 18 m » si l’on se livre à des calculs[vii]) ;

– Même avec des mélanges à base d’hélium, les gaz deviennent plus denses, moins faciles à ventiler : bien qu’il évacue une grande partie de la « pression du temps » éprouvée en circuit ouvert, le matériel reste moins facile à employer avec aisance en zone profonde qu’un circuit ouvert bien réglé, à cause de des pertes de charge dans la boucle.

        2 -Type d’emploi
Ce qui suit peut correspondre à différentes étapes de mise en œuvre de recycleur, de plus en plus engagées.

Employer un recycleur en décompression permet pour des décompressions importantes d’alléger le stock de bouteilles à mettre en œuvre et pour des décompressions moins importantes d’économiser l’oxygène. Il y a en principe peu d’efforts, et moins d’attention à porter à l’environnement en l’absence de progression : on peut porter une grande attention au bon fonctionnement du matériel et au contrôle de la teneur en oxygène. Enfin, au moins pour certaines cavités, en cas de soucis on reste près de la sortie même si elle ne peut être immédiate. Cette idée n’est pas originale, la FFESSM l’avait émise il y a plus de 15 ans et plusieurs personnes la pratiquent ou l’ont pratiqué depuis plus de 30 ans.

Employer un recycleur en exploration, c’est-à-dire aller avec jusqu’au bout de la zone connue pour continuer plus loin, demande d’être entraîné à manipuler et poser du fil d’Ariane avec ce type de matériel. Ce n’est pas forcément évident à cause de la saturation cognitive plus importante qu’il introduit (lire de nouveaux instruments ou développer de nouvelles sensations) et des variations de profondeur rapides éventuelles. En cas d’incident grave, il faut être prêt (matériellement et mentalement) à rentrer sur l’équipement de secours.

Entre les deux pratiques précédentes, même si cela ne fait pas partie des options officielles du matériel commercial, il reste possible d’employer un recycleur en progression : de façon analogue à une bouteille-relais en circuit ouvert, on ne l’emploie que sur une partie du parcours, on le dépose à l’aller, on le reprend au retour. Cette pratique peut éliminer des problèmes de « poser du fil en recycleur » aussi bien que « d’être encombré par le recycleur pour explorer une zone plus étroite ». Par contre, son engagement reste comparable à l’utilisation intégrale d’un recycleur :

– La problématique de la pose-dépose est comparable à une sortie extra-véhiculaire en astronautique, il faut être certain de pouvoir réintégrer le véhicule et refermer correctement le sas ;

– Le scaphandre dorsal doit pouvoir correctement « couvrir » une éventuelle panne ou alors une autre redondance doit être ajoutée ;

– Si scaphandre dorsal (ou « side mount ») il y a, cela implique un encombrement et un fardage au départ assez importants, auxquels il faut être entraîné (exemple :« quel mousqueton ouvrir pour déposer le recycleur et pas le lest ? Ai-je accès facilement à tous mes embouts respiratoires ? »). Plus généralement, l’entraînement suite à modification ou ajout de matériel se trouve alourdi relativement au circuit ouvert, de plus les procédures d’entraînement sont rallongées par la nécessité de tester progressivement, dans des environnements de moins en moins facilitant (exemple : piscine puis vasque puis siphon-école puis parcours plus lointain/profond puis seulement exploration).

        3 – Rendement global
En siphon, utiliser un recycleur ne se conçoit que dans un but ultime de meilleure efficacité, de meilleur rendement. Or un rendement, c’est ce qui est utile comparé à ce qui est coûteux. Pour déterminer le type de matériel adapté, différentes choses doivent être pesées :

– Le temps nécessaire à la recherche-développement d’un matériel « maison » relativement au temps passer à gagner de l’argent pour acheter un matériel commercial et au temps perdu à la « formation obligatoire » ;

– La variabilité de contexte réglementaire d’un pays à l’autre et les contraintes correspondantes, aussi bien pour l’utilisation proprement dite du recycleur que pour l’oxygène et les mélanges ;

– La flexibilité de l’un ou l’autre des équipements, sa réparabilité à l’étranger « en bricolant », son adaptation à l’environnement ;

– La formation pratique procurée par un taux d’incidents non-nul relativement au risque vital encouru avec un taux de fiabilité trop faible ou à des erreurs fatales initiales trop probables ;

– Le temps perdu à faire de la recherche-développement (au lieu de l’exploration) ou à se former relativement au gain apporté pour des explorations futures ;

– Le coût de la chaux sodée, des cellules d’oxymétrie, des pièces qui s’usent, et celui des mélanges ;

– Le coût global du recycleur relativement à de l’équipement en circuit ouvert. Coût pour acheter mais également coût en termes d’efforts pour transporter, maintenir, réparer « en France », etc.

À cause de tout cela, dans une optique d’exploration spéléologique, le recycleur n’est pas un outil universel, (vouloir) le mettre en œuvre universellement convoque d’autres motivations.

    5 – Conclusion
L’utilisation du recycleur fait entrer dans un nouveau monde, avec des modalités de fonctionnement différentes. Il est possible d’y voir une rupture, comme le passage des échelles à la spéléologie dite alpine sur corde. Dans ce cas les règles de fonctionnement de ce nouveau monde et les différences avec l’ancien monde doivent être explicitées, puisse ce texte en langue française y contribuer. Merci à Philippe Bertochio, explorateur expérimenté de siphons, pour sa relecture.

[i]      En circuit ouvert, lors de la plongée précédente, on a pu évaluer la quantité de gaz nécessaire à rentrer à partir d’un point donné. Sachant qu’en pratique, même quand tout va bien, la consommation peut varier en fonction de l’environnement (passage d’étroiture, passage peu profond avec efforts d’équilibrage, etc.) c’est plus compliqué que le simple produit d’une durée et d’une consommation par unité de temps, ou d’une longueur et d’une consommation par unité de longueur. En recycleur protégé par du circuit ouvert, on a une moins bonne prévision des effets de l’environnement sur la consommation en circuit ouvert puisqu’on ne les a pas testés avant.

[ii]     Un recycleur avec un fonctionnement pas complètement électronique tel que le « Triton » demande d’avantage d’attention, avec risque de surcharge cognitive.

[iii]    Sans même mentionner un des « réflexes inverses » (analogue à « l’inversion de commande » des premiers essais supersoniques en aviation) qui est qu’en recycleur, plus on respire rapidement plus les gaz passent à travers la chaux par unité de temps et plus l’absorption du dioxyde de carbone est efficace.

[iv]    À partir de la zone des 50-60 mètres, cela devient impossible car l’air devient toxique même en circuit ouvert. Voir également 4.1.

[v]     Par exemple, effectuer des paliers à l’oxygène à 7 m, puis à 8 m la fois suivante, puis à 9 m « pour voir ce qui se passe » a un intérêt nul et présente un danger maximal.

[vi]    Liste non-exhaustive dépendant du matériel et de l’utilisateur :
– Remontée entraînant une baisse de la pression partielle en oxygène ;
– Descente rapide après un parcours peu profond et avec un faux-poumon contenant trop d’oxygène ;
– Ne plus entendre le bruit de la buse d’injection ou des bulles de purge ;
– Ressentir une diminution de flottabilité (due à un oxygène consommé métaboliquement en non-renouvelé) ;
– Faire des efforts sans avoir changé les réglages, etc.

[vii]   Un mélange est hypoxique lorsqu’il contient moins de 0.16 b d’oxygène, hyperoxique lorsqu’il en contient plus de 1.6 b. On peut calculer les profondeurs équivalentes à ces deux compositions correspondant à une plongée à l’air, la différence est de 18 m avec toutes les conséquences en termes de décompression ! Exemple à 50 m : d’une part 01.6 b d’oxygène → 5,84 b d’azote au lieu de 4.80 b → profondeur équivalente 63 m ; d’autre-part 1,6 b d’oxygène → 4,40 b d’azote au lieu de 4.80 b → profondeur équivalente 45 m. La figure suivante, extraite d’un livre à paraître, illustre cela :

 

Pour une meilleure lisibilité (présentation + propre)  vous pouvez télécharger ici le document au format pdf.

 

 

 

« El Présidente » …. à bicyclette !

La commune d’Avanne a connu une visite exceptionnelle qui a enorgueilli tous les habitants.
Rien de moins que la visite de notre Président !
Heu ! attendez, pas Mr Macron Non !! Un autre, plutôt le notre même Thomas Jounin de son nom.
Il était juste de passage le 5 Octobre, Beau sur son vélo, sur lequel il se rendait à NANTES par la vélo route N° 6 – 720 km depuis Avanne en compagnie de Quantin un fou qui l’accompagnait dans son périple.
Depuis pas de nouvelle, normalement ils devraient être arrivés à Nantes et devaient bifurquer ensuite sur les landes.
Pas de nouvelle, bonne nouvelle….
P.S : dernières nouvelles, ils ne sont pas allés à Nantes (temps pourris), ils ont bifurqué sur Limoges et sont actuellement à Bordeaux et leur périple doit s’arrêter à la Dune du Pilat, qu’ils franchiront à pieds et non à vélo.

Jean-lou

Les Biefs Boussets.

Photo Philippe Crochet et Annie Guiraud.

Cet été, J-Lou nous proposa de nous emmener au Biefs Boussets pour un petit entrainement. La sortie ne put se faire plus tôt car Thomas R, avide de rencontre improbable, avait organisé un tête à tête aux conséquences fortuites entre un chevreuil et sa voiture. Malheureusement, les deux n’ont pas survécus.

C’est donc après un rachat de voiture, que nous organisons ce 3 octobre cet entrainement tant attendu. L’info est partagée par mail aux membres du club et J-lou prévient que si la Perte en amont des Biefs n’absorbe pas bien, nous irons plutôt à la Baume des crêtes,  ce qui me vaut quelques frayeurs  nocturne… Je pris donc les devants, et pria le ciel un peu de clémence. «  On avait dit entrainement, pas endurcissement. »

Au petit matin, Thomas R passe me prendre. Salutations d’usage et question fatidique. «  Bien dormi ? » C’est ainsi que 5h de sommeil  chacun nous font un total de 10h, plus que raisonnable ! Je me rends vite compte des idées en commun de mes deux compagnons du jour  « Après un P33 à Pourpevelle, on se laisse vite à penser qu’un P40 plein pot ne me ferait pas peur » Drôle d’idée ^^’ ! Arrivée au gite à 9h30, on rejoint J-lou au local qui, en homme organisé, a déjà minutieusement préparé le matériel nécessaire pour les deux trous. Tous deux ravis de le revoir, nous discutons pendant notre préparation et ma remise à bonne longueur de longes avant de décoller pour Déservillers Comme vous l’avez compris, cette sortie se fera à trois.

Arrivés au parking des Biefs, nous allons directement voir le niveau de la Perte amont, l’eau s’écoule très bien et rien n’en ressort. Le verdict tombe : La Baume attendra ! Ce qui rime pour moi avec « Hallelujah » ! Quelques dizaines de minutes plus tard nous revoilà  à l entrée des Biefs bien équipés et chargés d’un kit chacun. Cela va sans dire, J-lou part devant pour équiper la vire d’approche et le premier puits de 12m en nous disant qu’au retour on s’essayera au déséquipement. J’attends mon tour bien longée avec Thomas à mes trousses. Très rapidement une voix montante me dit « Libre » et « Tu devrais déjà être prête » ce qui est juste. Je me hâte donc avec prudence d’installer mon descendeur et je commence à descendre avec la technique dite : « Bouveret ». C’est alors que cette même voix des profondeurs revient en me disant : « Sans les genoux » « Penche-toi » « Tend les jambes » « Laisse filer la corde » « Tu devrais déjà être en bas » !

Certes un peu militaire, mais très efficace et très clair pour une novice en quête d’assurance et de fluidité dans ces descentes contre parois. Tout ces conseils sont nécessaires, car je me rends vite compte que tout devient plus simple en les appliquant. Cette fois je peux enfin comprendre et même tenter un mini saut en fin de puits. Thomas qui a tendu l’oreille, nous rejoint rapidement. Nous nous laissons aller à la contemplation du porche majestueusement déchiré par les eaux millénaires au dessus de nos têtes. Tel un œil ouvert sur les ténèbres, ce lit de cascade asséchée est ouvert sur le ciel. Les nuages gris nous regardent nous enfoncer dans l’obscurité d’une galerie étroite.

Un méandre décoré de milliers de petites coupoles d’érosions nous accueille. Son parcours étroit et sinueux nous mène rapidement à quelques petits ressauts arrosés, agrémentés d’un petit ramping. Des minis descentes très appréciables où Thomas et moi prenons plaisir à prendre un peu de vitesse avec et sans frein pour tester nos descendeurs. Nous passons le dernier ressaut par un autre passage, une petite escalade « avec mon aisance légendaire »  J-Lou nous guide et sort les muscles pour nous éviter la chute. Nous voilà vite récompensés par la vision d’un plissement de terrain improbable ! Ici, au pied d’une petite cascade de 4m, les strates de calcaires forment un véritable  rouleau de pierre scindé en deux, comme si une vague avait été jadis pétrifiée. Des strates rondes, bien marquées, qui témoignent de l’histoire géologique de la région, « magnifique » !

Nous arrivons ensuite au P10., Deux passages s’offrent  à nous,  J-lou opte pour l’équipement hors crue, ce qui inclut un fractio un peu aérien, rien de tel pour entrainer des bleus et nous éviter la douche froide !  Nous descendons chacun notre tour sur cette coulée glissante, l’inspecteur veille, guide de loin pieds et mains dans cette belle verticale. Il s’en suit deux petits ressauts et le lit de rivière  immaculée laisse vite place à la salle de décantation où bon nombre d’ossements domestiques centenaires en tous genres, viennent se déposer dans la glaise.  Nous passons une perte et c’est la pause ! Une belle petite salle à manger bien au sec nous ouvre les bras. Le sujet incontournable pour ce repas sera évidement : La traversée du Verneau ! Grand sujet, qui fait vite rêver des explorateurs passionnés du sous-sol ! « C’est quand l’été prochain ? »

Une fois repus, nous voilà engagés dans un dédale d’étroitures qui je dois le dire, m’amuse un peu. L’amusement laissant  place au coup de flippe, quand J-lou nous incite tout deux à le suivre dans un petit méandre suspendu qu’il faut passer en opposition. Une première pour nous !  Thomas R connait bien l’expression de mon visage, et prévient l’homme de tête. Celui-ci me tend sa grande longe et nous voila longés ensemble. « Ce qui inclus quelque part, une certaine confiance de sa part » En tout cas, cela fonctionne, je suis rassurée et nous allons jusqu’au début du grand méandre histoire d’avoir un avant gout pour l’été prochain. Le Verneau, ça se mérite !  Thomas a le petit coup de stress aussi mais le gère comme un chef et passe cet obstacle tout seul. C’est devant de magnifiques gours, formant un petit défilé de cascades que notre chemin s’arrête pour aujourd’hui.

Le retour dans le méandre suspendu se passe avec plus d’aisance et c’est à l’approche du P10 que des sons gutturaux se font entendre. Oubliant vite l’option du rhinocéros laineux, nous comprenons  qu’il s’agit d’humains criant à tue-tête de laisser les cordes en place. C’est une équipe vosgienne de 7 spéléologues de sortie pour les JNS qui nous  attendent et nous accueillent en tête de puits, un vrai hall de gare, une aubaine ! J-lou, en bon camarade, oublie la leçon de déséquipement et leur laisse volontiers les kits. Contents de cette rencontre, les groupes reprennent leurs sens de progression respectifs. En m’amusant dans les ressauts suivant, je me rends compte de la majestueuse vue plongeante qu’elle offre sur nos compagnons en train de descendre.

La suite se fera sans encombre et avec un certain entrain, je profite de mon aisance retrouvée pour savourer chaque instant. La lumière du jour commence à percer la noirceur des Biefs, nous apprécions ce spectacle grandiose du porche qui s’ouvre à nouveau au ciel, imposante et immuable merveille. On me laisse gentiment la place pour grimper le P12 en tête, et c’est allongée dans un lit de roche que j’attends mes compères. Les arbres au dessus du vide, se tordent au gré des vents impétueux qui nous attendent un peu plus haut. Cette vision est magique, de purs instants de bonheur partagés qu’offre la spéléologie.

Sortie de mes rêveries, on regagne la voiture pour se mettre au sec. Et vite chassés par les vents, on regagne le gîte pour rendre le matériel, d’une propreté inhabituelle ! C’est ainsi que la journée se termine, on aide J-lou pour rincer une corde neuve de 200m, ce qui nous vos de précieux conseils et quelques échauffements musculaires. Une chasse aux noix et noisettes plus tard, le gîte retrouve sa tranquillité et nous, nos domiciles respectifs.

Bilan : 4 genoux colorés, 2 courbaturés légers et une très bonne journée !

Toutes les photos de cette sortie   ICI

Merci

Sarah

JNS 2020 au Sentier Karstique Merey sous Montrond

Pour les JNS de l’an dernier, notre club était allé à la Baume du Mont, vers Reugney. Nous n’étions pas seuls car le club spéléo Karstic s’était joint à nous pour couvrir l’évènement.

Dès la fin août, on commence à prendre la température alentours et c’est plutôt mal engagé pour y retourner. Du fait du Covid, Dominique Bérion maire de Reugney n’y est pas favorable car trop de contraintes. Du son côté, Kasrtic ne souhaite pas non plus s’investir au vu de ce contexte si particulier. La gestion du matériel (casques longes …) serait compliquée à gérer car il faudrait le nettoyer entre chaque participant.

Benoit suggère l’idée d’un plan B qui consisterait à ouvrir le Sentier Karstique pour les JNS. Le maire de Merey sous Montrond y est favorable.

Par échanges de mails au niveau du club, on se consulte et le projet mûrit petit à petit. Il faut que les visites aient un caractère différent de celui qui se fait d’habitude. L’idée d’axer les commentaires sur le thème de la spéléo est retenue : Benoît en connaît un rayon donc pas de soucis de ce côté.
Le grand préau de l’accueil du sentier nous tend les bras pour une idée supplémentaire… et s’y on y faisait une expo photos spéléo ! Comme on commence à en avoir quelques unes de sympas sur les cavités majeures de notre coin, ce serait l’occasion de montrer aux gens d’ici ce qu’il y a sous leurs pieds ! Sous chaque image, on ajoutera la topo du trou pour que cela soit plus concret (commune – développement – dénivelé …)
A côté du magasin, la maquette de la Belle Louise trouvera sa place avec pas mal de panneaux explicatifs.
Benoît s’occupe de planter des panneaux sur le bord des routes et contacte l’Est Républicain. Les maires de Merey et Montrond jouent le jeu en faisant suivre aux habitants par mails. Vu que le thème est bien axé spéléo, on communique également sur les listes du CDS pour que les clubs soient informés.
Trois visites guidées seront organisées : une samedi après-midi de 14h00 à 16h00 et 2 dimanche après-midi (à 14h00 et une autre à 16h00)
Pour l’expo-photos spéléo, ce sera tout le WE de 10h00 à 18h00 en non-stop.

Durant les visites guidées habituelles, ce sont la géologie-karstologie, la compréhension du karst du massif jurassien et la lecture de paysage qui sont abordés.
Cette fois-ci, on y parlera :
Spéléologie scientifique : apport d’utilité publique (en plusieurs endroits)
Ecole française de spéléologie et le Spéléo secours français (à la grande doline, lieu d’exercice)
Spéléologie et protection de l’environnement, écoulement souterrain, transit en milieu karstique (au Grand lapiaz)
Désobstruction, recherche de première -désobstruction en plusieurs endroits mais surtout à la doline des Grandes Roches.
Spéléologie sportive (au niveau des grands gouffres)
Spéléologie balade (au niveau de la grotte Maéva)
Spéléologie pour les photographes (au niveau du lapiaz de ruissellement)
Spéléologie et archéologie (au niveau de la doline des charbonniers)
Spéléologie et paléontologie (à la grotte Maéva)

Pour le samedi, une soixantaine de personnes sont venues, dont 18 pour la visite guidée gratuite.
Le dimanche, on a doublé avec plus de 120 personnes dont 54 lors de la première visite guidée.
La météo bien que maussade et ventée ne nous a pas trop dérangé.
Le public était composé de pas mal de gens du coin ainsi que quelques spéléos.
Nathanaël, Thomas et Jean-Lou sont venus donner la main pour remballer.
Merci également à Romain Venot, Claude Paris et Philippe Crochet de nous avoir permis d’exposer leurs clichés. Les photos de Gérard, Franck et Daniel étaient aussi mises à l’honneur.


Au final, le site du Sentier Karstique s’est avéré idéal pour y organiser une manifestation de ce genre sans que ce soit trop lourd au niveau logistique.

Sur le lien suivant, les 69 photos exposées sous le préau  :     ICI


Guy,  le 06 octobre

Pourpevelle

Il y a un an, Le GCPM avait fait découvrir le Réseau du Verneau au GSAM. En échange de bon procédés, Thomas Jounin « dit : Le jaune » avait annoncé par mail au club qu’une sortie interclubs serrait organisée au célèbre Gouffre de Pourpevelle ce 26 septembre.
En voyant la topo, j’avais répondu au nom de Thomas Richer « dit : Le bleu » pour qu’il se joigne a cette escapade assez verticale ! Mais ma peur du P33 à plus ou moins été dépassée par la curiosité de servir de modèle, au modeste mais célèbre photographe de notre club : Guy Decreuse.

 

C’est ainsi que la sortie s’organise avec une bonne équipe de 10 personnes pour trois clubs différents :
– GSAM : Représenté par Cécile/Olivier et Claude.
– SCV : Bernard.
– GCPM : Thomas J/Guy/Emilie/Didier/Thomas R et moi.

Le rendez-vous est donné a 9h30 au parking du gouffre ; A notre arrivée nous sommes bien accueillis, un précieux petit café, un petite clope pour certains « peut- être la dernière ! » ainsi que quelques présentations et retrouvailles. On nous explique que le GSAM est arrivé bien avant nous afin d’équiper l’intégralité des puits « Génial », et qu’ils attendent leurs convives au fond du trou.


Nous allons donc nous équipés, du bleu, du jaune, du rouge, du violet… Il ne manque pas grand-chose pour aller chercher le trésor au pied de l’arc en ciel ! Guy vérifie et ajuste notre équipement. A l’abordage !

Une très courte approche nous mène au dessus de la première verticale, un trou magnifiquement végétalisé, orné de racines en tous genres. Les descentes s’enchaînent ; Quand vient mon tour Thomas J vérifie chacun de mes gestes tandis qu’Emilie reste avec thomas R pour en faire de même. Tout se passe bien, passage de fractio pas trop compliqué et me voila avec Guy nous enfonçant dans l’obscurité. Le sol est glissant, nous arrivons rapidement en tête du deuxième puits où il faut tenir en opposition afin d’installer son descendeur. Premier petit flip de la journée, est-ce que mes jambes sont assez grandes ? J’hésite grandement, ce qui force Guy à remonter afin de m’aider à trouver mes appuis. « Un modèle féminin, ça se mérite ! »

Parvenue en bas je fais l’erreur de laisser mon descendeur stop ouvert et celui-ci se tord un peu … résultat, il ne se ferme plus correctement. Guy est déjà engagé sur le puits suivant donc c’est Thomas J qui gentiment me prête son super descendeur très agréable a utiliser. Obstacle franchi, thomas J nous suit de près, nous chantons tous trois, et il me dit que le descendeur stop est réparé. Au grand désespoir de Guy, je choisi donc de l’attendre pour faire à nouveau l’échange car nous voilà au-dessus du grand puits de 33m.

Le puits est équipé en double ce qui permet a Guy de m’accompagner jusqu’au fractio aérien juste avant le plein vide et de ne jamais être trop loin. « Ouf » Evidement je ne regarde pas en bas, mais j’aperçois tout de même des lueurs lointaines, la paroi s’éloigne peu à peu et me voila plein vide à me dire que l’araignée violette au dessous de moi avait raison. Les descendeurs stop, bien que rassurant, ce n’est pas franchement l’idéal a mon goût. Je suis obligé de forcer en permanence sur la poignée, ce qui me vaut quelques crampes. Quand est venu le moment où j’ai touché le sol au milieu du groupe, mes yeux levés au ciel, j’ai pu admirer un spectacle encore jamais vu. Cette vision surréaliste me fait vite comprendre qu’il faut mériter sa contemplation, savoir sortir de sa zone de confort et se complaire dans l’inconnu.

J’ai eu beaucoup d’émotions à voir nos trois derniers compères nous rejoindre, un magnifique spectacle que seule la nature peut animer. L’équipe est au complet et on partage un bout de galerie avant de se scinder en deux : d’un côté galerie sud pour l’équipe explo composée de Thomar R, Thomas J, Emilie, Didier, Olivier et Cécile qui se verrons remettre à plus tard leurs objectif initial de Pourpelui. Puis l’équipe photo, composée de Guy, Claude, Bernard et moi.
Je suis notre petite troupe dans une vaste galerie sèche aux contours dessinés. On m’explique que les spots photos sont repérés a l’allé et mise en image au retour. Nous arrivons rapidement dans une petite salle parsemée de gours de toutes tailles, certains vides, d’autres pleins, un vrai tableau de maître ! Cela fera une compo photo formidable ! Nous poussons à peine plus loin pour déposer le matériel à côté d’un gour étendu à l’eau limpide. Il amorce une petite galerie descendante qui serra notre premier spot.

A partir de la, j’assiste à la sortie du matériel, des flashs, un trépied, des télécommandes, trois appareils différents et un modèle qui en profite pour tendre l’oreille et admirer les lieux. Tout se met en place et Guy m’explique ou me mettre en installant les flashs d’une manière bien a lui. Ma posture est trouvée et les clichés, s’enchaînent jusqu’ à avoir LA PHOTO qui convient à tous. Je ne suis pas tellement alaise mais je suis vraiment en admiration devant les petits cristaux qui tapissent les contours des gours. Quand Guy me montre le premier résultat concluant et m’explique, j’oublie vite ma pudeur, magnifique ! Je ne suis pas le sujet, j’ajuste le regard, je donne l’échelle et je rassure par une présence féminine, les septiques qui croient le monde souterrain hostile. « Ca me va ! »

Notre deuxième spot est tout trouvé et me voila accroupi devant un vaste gour qui donnerait « presque » envie de s’y baigner. Claude est inspiré par la photographie de photographes pendant que Bernard et Guy en sujets studieux, nous parlent d’iso, de focal et d’exposition entre deux clichés. C’est dans la poche ! Direction la petite salle du troisième spot, ou assis sur le bort d’un gour à sec nous nous restaurons. Visiblement requinqué par cette nourriture, Guy ne rigole plus ! Il sort son arme fatale, « le Godox » et nous reprenons la séance avec assiduité. Je ne parlerai pas du moyen qu’il a trouvé pour faire sourire ses modèles masculins au moment de dire « ouistiti », mais je peux vous dire que cela marche également sur les modèles féminins… !

Les spots s’enchaînent, les photographes n’hésitent pas a se mettre dans des postures insolites pour avoir le bon cadre, couché, debout, accroupi, tout y passe ! Les résultats sont très très satisfaisants et bien que d’un tempérament à vouloir tout explorer je me prête au jeu jusqu’au bout. Je suis très contente de faire cette expérience et j’aurais grandement de quoi me défouler dans le P33 ! Pour le dernier spot nous partons dans la galerie sud ou nos collègues se sont engouffrés depuis des heures déjà. Une très belle galerie aux multiples concrétions menant à la rivière souterraine s’ouvre après un passage bas. La dernière photo se fera au niveau du premier bassin ou Guy va se tremper les cuisses, « ce qui pour nous équivaut à la taille ». Par chance le modèle doit rester au sec, le reflet dans l’eau est idéal et donnera encore d’excellentes photos à nos photographes !

C’est un peu avant la fin de la séance que des voix lointaines se font entendre et deviennent de plus en plus claires. Nos amis arrivent, certains sont en surchauffe et d’autres gelés. Plusieurs se dirigent vers la sortie tandis que Thomas R, Thomas J et Emilie assistent à quelques derniers clichés rapides. Fin d’explo et d’expo, pendant le rangement minutieux du matériel photo je fais visiter un petit bout de galerie au autres et nous nous retrouvons à 8 au bas du grand puits.
Les duos se forment, une fois une corde libre Guy me donne de l’avance, cette fois je vais monter accompagnée de Thomas J « El Présidente » qui me rattrape assez facilement. Pour mon plus grand bonheur tout ce passe à merveille, nous arrivons assez vite au fractio ce qui donne le top départ à Emilie et Thomas R. Les puits s’enchaînent comme à l’aller, dans la rigolade, et ce n’est pas mon éclatage de doigt dans un mousqueton mal positionné qui me fera pâlir ! « C’est plutôt, sortir du dernier puits »

La lumière du jour est en vue, et c’est dans un débat passionné sur le matériel et le monde souterrain que nous attendons les suivants « A quand la raclette ? ». Thomas R, qui n’a pas préalablement enlevé sa néo, remonte péniblement dans une chaleur corporelle digne du noyau terrestre ! « Respect »
Guy et Claude suivent rapidement en déséquipant. Tous sortis, nous les attendons pour la photo de groupe qui se fera en tenue plutôt atypique pour un certain jaune. « Chercher l’intrus » Une fois tous au sec, nous partageons quelques victuailles fortes appréciables et Bernard nous fait goûter une bière artisanale à tomber par terre ! « Ce qui me laisse penser que je vais venir l’aider en désobstruction dans ma région. »
Tout ce petit monde ce disperse vers les 18h45, ils rentreront bien heureux de cette formidable journée interclubs ! Un grand merci à tous et a bientôt !


Sarah