Archives de catégorie : Sortie Photo

Mini-spot photo à la Mittonière

Samedi 20avril, Franck se propose de m’emmener faire des photos à la source de la Mittonière, vers Ronchaux.

Quand je vois la topo sur l’ISD, Tome 2 page 239-240, je suis un peu sceptique.
Le développement est de 670 m mais 420 m sont noyés et le premier siphon se trouve à seulement 50 mètres de l’entrée !
Franck y est allé récemment avec son neveu pour reconnaître le premier siphon et ils avaient réussi à sortir quelques clichés.
Je fait quand même confiance à mon ami Franck car depuis le temps qu’on se connaît, il ne m’a jamais embarqué dans des plans foireux!

L’eau du Bief de Caille est d’une limpidité qui donne envie de se mouiller. Il y a d’ailleurs une belle tufière 200 mètres en contre-bas de la source; le site, proche du village, est aménagé pour profiter de la fraîcheur du ruisseau.

L’eau de la source n’est plus captée depuis 2007 et on entre en traversant les anciens aménagements.
Après un passage bas où l’on a de l’eau jusqu’à la taille, le plafond se relève d’un coup.
Et là, surprise, on est tout debout dans un très beau profil de galerie digne d’un collecteur.
Bien sûr, ça ne dure pas car on bute très rapidement sur le 1ier siphon.
Pour un non plongeur qui ne fait pas de photos, c’est sûr qu’il mettra plus de temps à s’habiller que pour parcourir la cavité !
Pour nous, c’est différent : 50 mètres de rivière dans une eau magnifique nous suffisent amplement pour s’éclater 2 ou 3h00 à s’appliquer à faire des photos.
On a tout amener: flash, spots et torches leds, panneaux leds….et on a bien fait : les torches leds étanches s’avèrent très efficaces pour éclairer dans l’eau.
Encore une belle séance photo hors sentiers battus.

Merci Franck !

Pour voir les meilleures photos c’est  ICI 

Gouffre de la Combe de Malvaux

La neige commence à faire son apparition sur les premiers plateaux.
Qu’à cela ne tienne, les skis de fond ne sont pas encore de rigueur pour monter au belvédère du Temps … et puis on a le 4X4 de Gauthier.

J’ai déjà visité ce gouffre peu après sa découverte par le GS Magma en 1980 (mais les souvenirs que j’en ai ne sont plus très précis.)

 

Thomas se décide finalement à nous rejoindre pour une séance photo dans ce gouffre d’initiation.
Après la zone « intime » de l’entrée, on se retrouve dans un beau petit méandre bien corrodé mais pas facile à mettre dans la boîte.

 

Gauthier est à l’équipement. Bien que la cavité soit fréquentée, les spits ne sont pas toujours bien placés, ni en nombre suffisant et parfois en mauvais état.
Vu que nous sommes tous les 3 volontaires pour s’inscrire au brevet d’initiateur début juillet à Montrond, notre visite devient rapidement prétexte à parler technique d’équipement. Chacun y va de son avis.

C’est vrai que les puits de 16 et 13 mètres sont chouettes et ils doivent l’être encore plus quand ça coule. Mais pour faire des photos, rien ne vaut l’étiage car quand les embruns s’en mêlent, ça devient vite ingérable.

A moins 70m, on arrive à un carrefour avec des profils de galerie différents. Aux deux extrémités, la boue s’entasse en décantation.

Nous ferons les photos au retour. Du coup, je déséquipe les verticales.
La belle combine jaune AV de Thomas n’est pas reluisante mais on fera avec !

Dehors, il fait déjà nuit et il continue de neiger. Nous redescendrons donc avec prudence vers la civilisation.

La Nisotte et le Coucou

C’est au printemps 2009 que des spéléos de l’ASCR découvrent le gouffre de la Nisotte. (commune de l’Hopital du Grosbois)
A l’époque, cette exploration intéressera la presse écrite et même la télé ! et pour cause :
En bas des puits d’entrée, un squelette entier d’ours adulte y est couché sur le flanc ainsi qu’un autre (jeune adulte), recouvert d’une fine pellicule d’argile.
(Voir la feuille de chou n° 12 pages 11 et 12 : http://www.speleo-doubs.com/actualite/fichier/feuille_chou_12_092012.pdf

Les animaux étaient probablement à la recherche d’un abri et sont tombés accidentellement dans les puits.
Bien sûr, les « bestiaux » n’y sont plus. Des fouilles paléontologiques sont rapidement organisées et permettent de soustraire les dépouilles aux trafiquants d’ossements.
Sur l’ISD n° 5 page 353, on nous dit que la cavité est également joliment concrétionnée et puis, on y verra peut-être quelques griffades témoignant de la tentative désespérée des ours de trouver une sortie.

En quête d’inédit, Julien, Damien et moi sommes partants pour une séance photo en lieu inconnu.
On se gare le long de la D387 (direction Naisey les Granges) juste après être passé sous la voie rapide N57-E23. De là, on longe la voie ferrée sur 630 mètres plein nord. On dépasse un panneau kilométrique ferroviaire indiquant 425.150. On poursuit alors sur une trentaine de mètres pour apercevoir une grande doline sur la gauche. La petite entrée de la Nisotte se trouve en bas de cette doline sur la gauche.

On retrouve tout à fait la description proposée sur l’inventaire. L’équipement est bien fait. Les spéléos découvreurs ont même ajouté quelques marchepieds au-dessus du puits pour que « la télé » puisse descendre.
On prend pied sur un cône d’éboulis boueux puis on découvre une galerie de dimensions confortables avec de belles nuances de couleurs de roche. Le concrétionnement y est également bien présent.
Il reste quelques rubalises aux endroits où les squelettes gisaient.
On trouve rapidement une griffade non recouverte de calcite.
C’est toujours émouvant de voir ces traces de griffes laissées par ces imposants « Ursus Arctos » qui se sont retrouvés piégés ici, il y a quelques milliers d’années. C’était pas l’époque des Bisounours !!

Comme d’hab, on ne voit pas le temps passer en faisant des photos. Au final, on sera restés entre 2 et 3 h00 sous terre avant de retrouver la lumière du jour.

On apprécie alors une bonne soupe chaude désormais traditionnelle.
En cassant la croûte, on se disait qu’il y a probablement d’autres « Nisotte » sous nos pieds …. si on grattait un peu.
Pour celle que nous venions de visiter, il s’en est fallut vraiment de peu pour que l’entrée ne soit pas visible, enfouie sous quelques centimètres de terre.

Nous partons ensuite à la recherche d’un autre gouffre découvert à la même époque que la Nisotte : le gouffre du Coucou. Tome 5 de l’ISD page 357.
Pour se faire, on revient sur nos pas le long de la voie ferrée sur 80 mètres environ. Puis, après l’avoir traversée, on s’enfonce droit dans la forêt sur une bonne centaine de mètres. L’orifice d’entrée est protégé par des fils barbelés.
Un ressaut de 4 mètres débouche de suite sur un beau puits plein vide d’une trentaine de mètres. Cette fois-ci, c’est Julien qui se colle à l’équipement.
Il y a un arbre en travers au-dessus du trou mais il n’inspire pas confiance. Heureusement, nous sommes des gens très organisés … une abatteuse d’arbre est passée par là il y a peu et nous a laissé une bille de sapin à la bonne longueur !.
La partie supérieure du gouffre est sèche et les spits n’ont pas trop souffert de l’usure du temps. En bas, ça dégouline pas mal; Là aussi, il y a de belles nuances dans les couleurs de roche.

Au final, grâce au téléphone performant de Damien, on n’aura pas cherché bien longtemps pour trouver ces deux gouffres perdus dans cette grande forêt où les repères sont peu nombreux.
C’est sûr, on remettra le couvert pour ce type de cavités « hors sentiers battus » où l’on prend plaisir à se laisser surprendre.

Avec ses talents d’aquarelliste, julien nous a taillé le portrait du Coucou.

Toutes les photos    ICI

La Charnière des Biefs

Le début du gouffre des Biefs Boussets est agrémenté d’une curiosité géologique remarquable : Non loin de l’entrée, les strates de calcaire se sont plissées de façon spectaculaire.

La charnière d’un synclinal est la zone ou le pli présente sa courbure maximale. La roche calcaire s’enroule sur elle même et présente cette charnière particulièrement impressionnante.
Autre originalité des lieux, cette formation a été recoupée par un écoulement qui a taillé un passage en son centre.

Avec Gérard et Thomas, nous nous y sommes rendus pour y faire une séance photo. C’est l’occasion pour nous de tester une nouvelle technique « light painting » en utilisant des torches leds (voir article du 18/11/2018)

 

Bien que nous soyons en semaine, nous ne sommes pas les seuls au parking des Biefs. Yvan Binot (Roc’ Emotion) est là également avec quelques stagiaires pour une « formation équipement. »
On taperait bien la causette mais le vent est glacial et nous ne traînons pas pour aller se mettre à l’abri.

Notre mannequin du jour (Thomas) se pare de beaux habits de lumière : une vieille combinaison rose rafistolée qu’Arnaux GOY (GSD) lui a filé !!
….. Heureusement qu’on a photoshop !!

A l’équipement, Thomas nous sort des nœuds qu’on savait même pas qu’ils existaient (chercherait-il à épater le moniteur qui nous suit … ? !!)

On commence la séance par le beau puits d’une dizaine de mètres qui se trouve avant la salle de décantation. C’est un endroit idéal pour faire des contre-jours : la roche est belle.
Gérard est derrière le boîtier. Il se concentre pour essayer d’améliorer la qualité des prises de vues au fur et à mesure qu’elles apparaissent sur son écran.
On se rend bien compte qu’il nous faudra du temps pour apprivoiser cette nouvelle technique car les contrastes obtenus sont tellement subtils.
C’est rarement par hasard qu’on arrive à sortir une belle photo.
Il faut persévérer et rester humble car l’interaction des paramètres est parfois complexe. La preuve en est qu’on peut faire plusieurs séances photo dans la même cavité et on n’en sortira jamais les mêmes images.

Midi doit probablement sonner au clocher de Déservillers …. on sort la soupe alors qu’Yvan nous croise avec ses élèves.

Ensuite, on attaque le gros morceau : cette fameuse charnière.
En prenant un peu de hauteur, on se rend vite compte qu’il y a moyen de prendre davantage de recul, et ce, de chaque côté du ruisseau.
En rive gauche on peut même accéder à un promontoire dominant cette petite salle et utilisant un ancien conduit du cours d’eau.

La finalité est de bien faire ressortir l’aspect arrondi des strates avec cette entaille creusée par l’eau

 

Les résultats sont encourageants. Sur Flickr, 4 de nos photos postées cumuleront près de 100 000 vues ! En regardant un des clichés, un fidèle visiteur y verra même un œuf cassé avec une éclosion de spéléo !!! …. On ne voit ça que sous terre !!!

Un grand Merci à Thomas qui aura généreusement fait don de son corps juvénile en temps que modèle, pour sa patience envers les personnes âgées que nous sommes et ses qualités d’équipeur hors normes !!!

Guy le 16/12/2019

Faire des photos spéléo avec une lampe torche !

En spéléo, il existe plusieurs techniques pour mettre en lumière les paysages souterrains afin de les rentrer dans la boite.
Une très grande majorité utilise des flashs, mais on a aussi les adeptes des ampoules pour les gros volumes ou alors les panneaux leds qui permettent de voir clairement le sujet à mettre en image.

Collecteur du Verneau

Et puis il y a les autodidactes un brin bricoleurs. François Lallier fait partie de cette catégorie. Quand on va sur sa page Flickr ou Instagram, on est bluffé par la pêche que dégagent ses photos. Les contre-jours sont époustouflants.

https://www.flickr.com/photos/flallier/

https://www.instagram.com/francoislallier/

https://flallier.fr/photo/series/cavites-karstiques

 

 

François utilise des lampes torches puissantes. Même si leur poids n’est pas négligeable, leur encombrement est équivalent à un flash.

Galerie de l’As de Pique, Grotte de Neuvon, Côte d’Or

 

La différence, c’est qu’il n’est nul besoin pour lui d’emmener une demi-douzaine d’éclairage …une lampe suffit ! A cela, on ajoute évidement un appareil photo posé sur un trépied.
Sceptique, je lui demandé comment il procédait mais je n’ai pas compris grand-chose à ce qu’il me racontait (des histoires de caches devant l’objectif …. !!) bref il fallait que je vois cela de mes yeux.

RDV est donné ce samedi devant l’église de Reugney pour monter à la Baume du Mont. François vient accompagné de Manon, sa compagne (Manon que l’on retrouve sur la plupart de ses photos de mines).

Galerie du Métro, grotte de Bournois

Nous sommes donc 3 spéléos, c’est justement le nombre de personnes idéal qu’il nous faut.
François installe son appareil devant une compo qui l’inspire. Diaphragme à 8, iso 200, la mise au point manuelle positionnée à l’infini et la pose B.

Les bassins merdiques, collecteur du Verneau

 

Le déclencheur est au bout d’un fil pour éviter les bougés.
Manon se met en place pour donner l’échelle dans un endroit judicieux et pas trop centré. Jusque là tout va bien.
Je suis derrière l’appareil et obéit à François. Il se positionne derrière Manon (par rapport à l’appareil) et me demande de déclencher. François se met à éclairer Manon avec une main vibrante comme si on salait un plat ! C’est pour ne rien brûler m’explique t’il !!
Au bout de quelques secondes, François me demande de placer un cache (tapis de souris) devant l’objectif. Il se déplace alors pour aller « saupoudrer » l’arrière plan après que j’aie enlevé le cache.

 

Quelques secondes plus tard, je remet le cache pour qu’il vienne vers moi afin de déboucher l’avant plan de la même manière avec un dosage précis que François a appris à connaître avec l’expérience. Enfin, dernière étape : obturation et visionnage du résultat…. Et le résultat est là !!

Grotte de Chauveroche

Avec des poses aussi longues, le risque de « bouger » du modèle est grand. C’est pour cette raison que le balayage initial se fait pour fixer le contre-jour sur le personnage.

Sur le Nikon de François, il y a une option « impression » qui permet de mixer plusieurs photos ayant des éclairages différents et qui éviteraient l’utilisation du cache mais François l’utilise peu. Ce pourrait être une solution si on est que 2 personnes pour faire les photos.

Bien sûr, cette technique demande de la pratique. Ces torches peu chères ne s’éteignent pas d’un seul coup. Leur intensité baisse à mesure que les batteries se vident. Donc il faut en tenir compte dans la durée d’éclairage.
Autre contrainte, il faut que l’éclairagiste puisse trouver à se planquer pour les différents angles de lumière. La configuration des lieux conditionne donc pour beaucoup dans l’organisation des prises de vues.

Salle-Belauce-Réseau-du-Verneau

Pendant cette séance riche d’enseignement, j’ai occupé les 3 postes (photographe, éclairagiste et modèle) pour bien saisir les petits détails.

Ansel Adams, un photographe américain du siècle dernier, disait :
« Vous ne prenez pas une photographie, vous la faites !! «
Pour le coup, cette citation me semblait coller parfaitement avec cette séance photo pas banale.

Un grand MERCI à vous deux pour votre disponibilité.

….. Et c’est quand vous voulez pour une nouvelle séance !!

La source de l’Ain……vide.

Sortie photo insolite avec Franck, Daniel et Guy

Juste avant que les pluies ne reviennent « enfin », Daniel est allé vérifier les niveaux d’eau à la source de l’Ain.
D’ habitude, à l’étiage, on bute sur un plan d’eau au moment où l’on quitte la lumière du jour, mais là, rien, la voie est libre.
Il descend jusqu’ à -35 m et progresse sur une centaine de mètres en croisant ici ou là, quelques flaques.
Sans tarder, Daniel nous contacte pour nous faire partager ses émotions.

La pluie salvatrice est annoncée pour ce week-end … je parviens à me libérer et nous voilà partis ce vendredi pour une séance photo insolite dans un endroit où normalement, on a 35 mètres de flotte au-dessus de nos têtes !

Je m’attends à une ambiance austère et lugubre. Il n’en est rien. La roche a une couleur rouge inhabituelle. A part au niveau de l’entrée où les pierres sont polies, on progresse dans un dédale de blocs de bonnes dimensions.

Ce qui est frappant dans cette visite, c’est le fil d’Ariane qui nous accompagne de bout en bout.
A mi- parcours, on longe un beau plan d’eau claire sur notre gauche.
A la lumière de nos lampes, on compte une demi-douzaine de truites qui se sont fait piéger là, au moment où la source a cessé d’être active.

Au bout d’une centaine de mètres, on bute sur un puits noyé. Dans ce secteur, il y a aussi des escalades possibles mais nous n’irons pas plus loin.

Au retour, on croise des randonneurs qui habitent près de la confluence entre l’Ain et le Rhône et ils se demandent s’ils sont bien à la source de la rivière d’Ain ! En fait, il y a des arrivées d’eau dans le lit de la rivière, en aval de la source.

Presque tous les ans, il y a une période d’étiage où l’entonnoir d’entrée est vide. Ce qui est bien moins fréquent, c’est de pouvoir pénétrer aussi loin les pieds au sec.

On aura croisé beaucoup de monde pendant cette séance photo.

 

Certains iront même un peu plus loin quand on leur a dit qu’il y avait des truites !
Tous avaient envie de taper la causette, ce qui nous a bien changé puisque d’habitude, on ne voit personne.

 

Ce site karstique à vraiment deux visages complètement différents, ce qui le rend unique dans notre belle montagne jurassienne.

 

Photos + cartes postales anciennes   ICI

Tourisme karstique à Pont de Poitte !!

Profitant de cet étiage prononcé et d’une lumière adéquate, Franck et moi-même continuons notre tournée des marmites !

Pont de Poitte n’est pas la porte à côté mais avec ces conditions exceptionnelles, on ne pouvait pas laisser passer ça.

Juste avant d’être engloutie par le barrage de Vouglans, la rivière d’Ain se permet toutes les fantaisies karstiques.
En pleine agglomération, c’est un festival de marmites que l’on peut découvrir.
Plus en aval, avec le Saut de la Saisse, c’est comme un baroud d’honneur lancé par le cours d’eau, avant de s’assagir dans les profondeurs de la retenue.

Il y a un fort contraste entre les deux secteurs.

Au niveau du pont qui enjambe la rivière, les lambeaux de roche émergents sont recouverts d’une moquette végétale.
Pour accéder à certains d’entre eux, il faut choisir son itinéraire si l’on veut garder les pieds au sec. Par endroits, la roche est ciselée comme de la dentelle.

Au Saut final, la mousse ne parvient pas à s’accrocher à la roche, ce qui rend l’endroit quasi minéral. Cela contribue à rendre ce site unique pour la région.

On a un peu le même genre de paysages aux cascades du Sautadet, dans le Gard. La roche est ici très claire, ce qui lui confère un aspect tendre.

Les meilleures  photos de cette visite   ICI

Escapade photos vers Saint Claude

Vu que les samedi-dimanche sont pas mal chargés en ce moment, on s’improvise un week-end en semaine !
C’est ainsi que Gérard et moi nous retrouvons au camping de Saint Claude pour profiter de cette belle arrière saison.
On commence par le canyon du Flumen. Comme nous n’avons qu’une bagnole, nous ne faisons que le best of  (l’amont).
Si son débit est d’habitude important (ce  dont il faut se méfier), cette fois-ci, il n’y a rien à craindre.
Le début est original puisqu ’ on passe sous les ruines d’un moulin.
Je me rends compte que certaines cascades sont accessibles hors activité canyon. (bon à savoir pour de futures photos d’eaux vives)
Bien qu’on soit pas bien loin de la route, on ne l’entend pas, ce qui ajoute au pittoresque de cette descente.
L’eau est froide mais c’est normal puisqu’elle sort de terre juste au-dessus du canyon.
La dangereuse marmite suspendue annoncée sur Descente canyon ne nous effrayera pas beaucoup car elle est vide !

A peine arrivés au sentier de sortie, on repère déjà des touristes qui justement remontent les gorges en voiture !! et ils ont de la place.

Après un casse croûte rapide au camping, on enchaîne avec le Grosdar aval. Gérard l’a déjà fait 2 fois, moi non.

Bien que ce soit la rando-aquatique d’initiation du secteur, je n’ai jamais osé me lancer dans une séance photo avec Franck dans cette gorge sans l’avoir préalablement reconnue.
Nous ne sommes pas seuls durant la marche d’approche …. des milliers de papillons (pyrales du buis) s’envolent devant nous.

Curieusement, certains buis sont encore en bonne santé apparente mais d’autres sont complètement cramés.

Après être passés devant une ferme inhabitée et au moment où l’on aperçoit la cascade de la queue de cheval, on se met à l’eau.
La descente est un vrai plaisir esthétique avec des marmites pleines qui nous tendent les bras.

Les niveaux sont très bas mais l’eau est claire et pas encore trop envahie de feuilles mortes….des conditions idéales pour mettre en valeur les fantaisies de l’érosion.
Le soleil joue à cache-cache et c’est tant mieux pour ne rien griller.
Gérard me précède et donne volontiers les échelles.
Tous les obstacles de cette descente se contournent et il y a même une échappatoire possible en amont de la cascade finale de la queue d’âne.
C’est sûr, j’y reviendrai avec Franck.
Le timing est bon. En soirée, nous trouverons encore le temps de parcourir le sentier touristique des gorges de l’abîme (à nouveau ouvert) et d’aller voir la cascade des Combes.

 

Le second jour de notre « WE en semaine » sera consacré à une séance photo à la Lésine du Miroir, au-dessus de Saint Claude.
J’y suis déjà allé avec Franck en avril 2015 http://speleo-gcpm.fr/miroir-o-mon-beau-miroir/  mais nous n’avions pas encore les grands panneaux leds à l’époque.
Cette fois-ci, forcément, on trouvera l’entrée du premier coup.
Bien que je connaisse les lieux, je reste muet et ému en arrivant au bord de ce mur « « très spécial » Gégé est conquis de suite, lui aussi !!
Le site à photographier fait tout au plus, une trentaine de mètres mais on restera quand même 2h30 à s’appliquer pour sortir quelques clichés.
C’est un vrai challenge de gérer la lumière dans de telles conditions car l’espace n’est pas bien large et il y a surtout ce mur parfaitement lisse et brillant.
On garde quand même comme objectif, l’idée de contre-jours toniques.
Il nous faudra vraiment affiner pour produire quelques images sortant du lot et qui magnifient ce site géologique unique.

Comme il nous reste encore un peu de temps après cette belle séance photo, on fera un petit crochet par le lapiaz de Loulle et les traces de dinosaures (Gérard ne connaissait pas.)

Une fois de plus, l’aspect minéral de notre cher Jura nous aura ravi.

Toutes les meilleures photos de cette virée jurassienne   ICI

Le Beau Thomas !

On l’aura tellement charrié pendant cette sortie photo interclub que le titre du CR était tout trouvé…

 

Nous nous retrouvons donc à 4 spéléos, d’abord à la Vieille Folle pour lui tirer le portrait puis à la Baume d’Echarnoz vers Reugney. (Il y a Pierre DIVOUX et Romain VENOT , tous deux du GSAM ainsi que Thomas et moi-même.

 

 

Cette sortie marque aussi le retour de Romain Venot (du GSAM) dans sa région d’origine et nous nous réjouissons de multiplier les occasions pour s’adonner à cette passion de la photo souterraine.

 

Dès l’entrée de la cavité, l’esthétisme est au RDV avec cette forme ogivale caractéristique.
Je suis déjà venu 4 ou 5 fois faire des photos ici , avec Gérard ou Franck ; du coup, je suggère des angles de vue qui me semblent intéressants.
Le sujet suivant se concentrera sur les cupules présentes aussi bien au sol que contre les parois. On a pas l’habitude de faire des plans rapprochés sur ces formes d’érosion , ce qui rend le challenge excitant.

Nous apercevons un spéléo qui arrive vers nous, c’est Thomas qui nous rejoint ; il vient de la perte amont des Biefs où il est allé donner un coup de main. A partir de ce moment là, c’est lui qui donnera les échelles et je m’improviserai éclairagiste.

 

Nos deux invités semblent ravis de ce studio photo et ils s’en donnent à cœur joie.
J’ai apporté un bateau pneumatique gonflable pour mettre en scène une navigation sur le bassin profond.

Nous devons d’abord dégager pas mal de branches suspendues au fil téléphone.
Vu la turbidité de cette eau croupie, il est inutile de placer des spots dans l’eau …cela ne donnera rien de plus. A force de renouveler les prises avec les 2 appareils, on fini par en sortir quelques unes de bonnes. Pour ce type de cliché, les flashs sont indiqués car il est compliqué pour Thomas de rester immobile dans l’embarcation.

Quelques mètres après le bassin, la galerie a un profil de rêve avec des surcreusements étagés. Pour couronner le tout, une flaque permettra d’ajouter un reflet aux compos. Thomas fait preuve à la fois de patience et d’une grande imagination pour rendre son rôle de modèle créatif et nous ne manquons pas de lui rappeler !!!!

Nous poursuivons encore un peu plus loin pour tenter de mettre en boite ce curieux passage du bénitier. Un bassin profond déverse son trop plein par deux coulées de calcite bombées évoquant des bénitiers. Nous ne sommes pas trop de trois pour assister Romain qui est derrière l’appareil.

 

Le temps d’un casse croûte et nous poursuivons notre route vers un tout autre décor, celui de la Baume d’Echarnoz, Reugney.
La technique du contre-jour reste identique mais là, ce sont les volumes qui changent car on est dans une grande salle ovoïde.
Je suis épaté par la puissance des flashs (il faut dire qu’il y en a 9 en service pour éclairer les lieux.)

 

 

Arrivés aux voitures, il se met à pleuvoir. Romain souhaite voir à quoi ressemble le puits de la Brème à l’étiage car il l’a toujours vu plein d’eau. Avec cette sécheresse, nous ne serons pas déçus.
Voilà une belle journée entre amis qui s’achève. Reste encore le plaisir de voir le rendu des photos devant l’ordi et sur les réseaux sociaux.

 

Toutes les photos de cette sortie   ICI

Guy

Une histoire de baguettes !

C’est lors d’une formation « Sourcier » organisée au printemps 2018 que j’avais rencontré Roger LUTZ et son épouse Claudine. Roger était même intervenu durant cette journée pour témoigner de l’efficacité des baguettes puisqu’elles avaient permis de découvrir la grotte dite « Baume du Coudrier » située non loin d’Arbois. (Le coudrier étant l’autre nom donné au noisetier, auquel les sourciers prêtent de grandes qualités.)

Plus récemment, nous sommes allés faire une séance photo dans une grotte située sur le secteur du Coudrier. C’est là qu’a émergé l’idée de contacter Roger et le Cercle Arboisien de Recherches Spéléologiques, pour savoir s’il y avait une possibilité de faire une séance photo dans cette cavité découverte avec des moyens peu courants !

Roger nous explique que la grotte est fermée avec une trappe du fait de son extrême fragilité. Il y a tout de même quelques visites accompagnées par an, qui peuvent se faire sous certaines conditions. Un arrêté préfectoral en fixe les modalités.

 

Nous expliquons que notre souhait est d’aller y faire de la photo. Ça tombe bien puisque Roger est sur le point de finaliser un ouvrage consacré à ce sanctuaire souterrain. Il pourra enrichir son livre de quelques uns de nos clichés.

RDV est pris le premier juillet au parking du trou. Nous sommes au nombre de cinq, le maximum possible pour un groupe : Gérard, Damien, Daniel, Franck et moi. Roger a convié Patrick Guerin, un second accompagnateur, également découvreur de la grotte. L’enthousiasme est de mise, d’autant plus que Roger semble intarissable pour nous présenter toutes les facettes de cette cavité si particulière.

Une fois la trappe ouverte, c’est avec une certaine fébrilité que nous descendons le puits d’entrée d’une douzaine de mètres. La verticale atterrit dans la « salle du miroir », où l’on peut observer un beau miroir de faille strié. En bas, première surprise, nous constatons que le percement artificiel du plafond s’est fait à l’endroit le plus haut de cette salle où nous venons de prendre pied, soit à 2 ou 3 mètres de la surface.

C’est Michel Rosa, dit « Baba » un spéléo ardéchois qui, avec sa baguette de coudrier, a indiqué avec une très grande précision l’endroit où il fallait creuser.
Il l’a répété plusieurs fois : « C’est ici qu’il faut creuser ! »…. Et il ne s’est pas trompé. Roger nous explique qu’il était sceptique et avait testé les capacités de Baba en l’amenant à la verticale d’une cavité connue et topographiée et à sa grande surprise l’ardéchois avait repéré avec précision le plan de la grotte en surface !
Devant ce constat, même le plus dubitatif ne pourrait que se rendre à l’évidence : ça marche.

La cavité est scindée en deux parties distinctes. Nous commençons par la galerie nord appelée aussi « Rivière des Nymphes ». Elle mesure 113 mètres de long. Elle est spacieuse et quasi horizontale.

La période estivale n’est guère propice pour observer des écoulements à si faible profondeur mais, à notre grande satisfaction, il y a encore un peu d’eau dans certains gours.

Bien sûr, il y a un cheminement à respecter. Celui-ci est matérialisé par un cordon blanc qui n’a rien à voir avec des rubalises disgracieuses. Seul Roger s’autorisera à sortir de ce tracé pour donner une échelle humaine ou poser un spot. Nos accompagnateurs sont très prévenants en nous indiquant où il faut se baisser, faire attention de ne pas poser la main…

Nous sommes limités pour la pose des spots, compte tenu de la fragilité du concrétionnement et constatons qu’il nous sera difficile de mettre en place certaines techniques de contre-jour.

En même temps que nous mettons en place des compositions photo, Roger nous propose une lecture scientifique de ce que nous voyons : traces du passage de l’eau ayant creusé les conduits, séismes ayant occasionné des fissures dans les concrétions, mouvements tectoniques….. Toutes ces explications sont un avant goût de la monographie de la Baume du Coudrier que je me réjouis de parcourir d’ici quelques mois.

Nous revenons à la base du puits d’entrée pour commencer la visite de la seconde partie de la grotte appelée « L’autre côté du Miroir », au vu de sa situation à la base du miroir de faille.

Le gabarit des galeries est bien plus petit et il nous faudra redoubler de vigilance pour ne rien endommager. Nous reconditionnons notre matos pour avoir des petits sacs et rien qui traîne. Là encore, nos accompagnateurs sont très attentionnés et nous aident dans le cheminement et le port du matériel. Ils nous font constamment des recommandations pour la préservation de la caverne.

Le spectacle est tout à fait différent : des stalagmites presque translucides, des gours aux lignes très esthétiques, des cristallisations, le tout est dans un état de conservation exceptionnel lié au travail de protection des inventeurs de la cavité. Cette partie de la grotte se développe sur 125 mètres et se termine par la « salle du Dragon ».

L’arrivée dans cette salle est un enchantement, car en son milieu une arrivée d’eau calcifiée forme « La fontaine de jouvence », Patrick et Roger confirment que c’est l’emblème de la grotte.

Le choix a été fait, aux deux extrémités de la Baume du Coudrier, de ne pas entreprendre de grosses désobstructions, là encore par souci de préservation.

Cette sortie photo fut comme un rêve éveillé et elle continue de nous trotter dans la tête. Nous ne pouvons qu’adhérer aux mesures prises pour la préservation de la cavité et félicitons le club inventeur pour son excellente gestion de l’accès à ce milieu très fragile.

 

Un GRAND MERCI à Roger et Patrick pour leur accueil, leurs connaissances et leur passion tellement communicative…

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Et en bonus, la vidéo de Franck : https://www.youtube.com/watch?v=XMEYrSC1qH4&feature=youtu.be

Damien, Gérard et Guy