Virée au Vauvougier . Novembre 2023

Le temps de ce weekend s’annonce très moyen et il a beaucoup plu cette semaine. En pareil cas, le nombre de cavités accessible se retreint forcément et on retombe souvent un peu sur les mêmes classiques
Bien à propos, Jean Lou propose une sortie au Vauvougier avec objectif d’aller au fond
Je n’ai jamais descendu le dernier puits et voici une belle occasion de descendre ce P40

Il y a Jean Lou, Jacky, Manu , Michel et moi
Une bonne équipe et c’est temps mieux car pour aller au fond, il en faut du matos et donc des bras

La préparation des kits est un peu plus compliquée de d’habitude car certaines cordes sont en cours de réforme et toutes les nouvelles ne sont pas encore en service, du coup, il manque quelques longueurs et on se retrouve à recouper des cordes en cours de réforme pour finir la préparation… Inédit !

A propos de recoupage de cordes, je me souviens de quelques anecdotes anciennes racontées par JJ BARTH (ancien GSA / GCPM)
Lors d’une sortie à la Baume des Crêtes il rencontre une équipe qui se prépare pour la descente. Le responsable taille des baudriers à la demande pour tous les participants dans un bobineau tout neuf, ou encore une équipe d’allemand qui avait passé une branche dans le rouleau de corde, et laissait filer la corde dans le puits d’entrée pour la couper à la demande … mais revenons à la sortie du jour

On prépare 5 kits bien chargés + 1 kit bouffe et après le café et beaucoup de papote, on se retrouve au bord du trou à 11h30  (pour faire taire les mauvaises langues, on dira que entre Montrod et Malbrans, la route est longue)

Merci à Manu pour la navette en 4×4 entre le stationnement vers le cimetière et le bout du chemin d’accès au trou

Jean Lou annonce la couleur. Les gars c’est la dernière fois que j’équipe cette vire et il s’engage gaiement pour un équipement peut-être pas très académique, mais tellement plus agréable pour le franchissement
Rapidement c’est Didier qui prend le relais. Il connait bien pour avoir déjà équipé lors de la précédente sortie en début d’année

Jacky choisit de progresser à son rythme et il s’engage en bon dernier avec le kit bouffe…et lui aussi annonce la couleur. Je vais à l’étroiture, on mange et je remonte. Ne vous occupez pas de moi (tout ça avec cet inimitable accent, un fin mélange de ses origines méditéraéennes avec une pointe d’Alsacien , le tout agrémenté par ces  dernières années passées dans le Doubs)

Bon ok, on ne s’occupe pas de toi… mais c’est quand même toi qui à la bouffe hein.

Il est presque 13h et nous ne sommes pas encore à l’étroiture. On se pose dans les galeries après le puits ASCO pour casser la croûte. Cette cavité est surprenante, par mauvais temps, on trouve de l’eau dans le puits d’entrée, tout le réseau est très sec, et au fond, on retrouve enfin quelques écoulements

Peu avant l’étroiture, on trouve un équipement provisoire en place. Des Nancéiens sont en cours de désobstruction un peu plus bas et parfois ils laissent une partie de leur équipement en place.

Nous franchissons rapidement l’étroiture… qui n’en est plus une depuis le dernier secours spéléo

Un peu plus loin Jacky nous interpelle. « C’est encore loin l’étroiture ? »  . Je lui réponds qu’elle a été franchie il ya un petit ¼ d’heure

.

« A bon, alors, c’est là que je vous laisse » et il rebrousse chemin pour un retour à la lumière en solo.

Nous poursuivons gentiment le franchissement des quelques passages un peu plus selects. Tout le monde passe mais le passage en haut de méandre étroit sur quelques mètres laisse quelques souvenirs S’en suivent quelques enchainements de ressauts et puits pour déboucher à la confluence de la galerie du bétail d’un coté et de la suite vers le fond de l’autre côté. On file vers le fond et bien nous a pris de conserver nos kits d’équipement car la suite de la partie classique n’est plus équipée.

 

 

 

 

 

Comme partout, Ici aussi tout est broché et le cheminement en vire avant le dernier puits est facile à trouver

Dernier grand jet magnifique avec enfin un peu d’eau au fond

Au retour, visite de la galerie du bétail. Ca vaut vraiment le coup d’oeil !

Je déséquipe, et on se retrouve tous dehors vers 19h

Grosse séance de nettoyage et on se quitte vers 20h30 après une petite bière

Quelques autres photos ici

Christophe

Heureuse Surprise à l’Assemblée SSF 25

Ce samedi à l’assemblée générale du spéléo secours du Doubs un trophée et remis à un club ou à une personne que l’on veut mettre en avant pour une action où un événement relatif à un accident ou un incident ayant engagé l’action du SF 25.
2023 année très calme, le seul incident remarquable fut un retard signalé pour une explo dont les participants étaient sortis hors délais horaires.
Il en avait découlé une pré-alerte au sein du SSF afin d’envoyer du personnel pour aller voir si il y avait lieu de déclencher et un vrai secours.
Heureusement la personne s’était signalée sortie avant que les choses n’aillent plus loin.
La personne impliquée n’étant pas présente à la réunion, je fus donc sollicité à sa place, pour recevoir cet objet appelé « trophée à la CON » qui doit être porté obligatoirement par celle-ci lors de toutes les formations ou réunions auxquelles elle participera au sein du spéléo secours pour l’année 2024, c’est donc avec joie et soulagement pour mes vertèbres cervicales que je refile le bébé à sa juste propriétaire.

Jean-lou

Techniques d ‘assistance victime, stupeurs et rigolades dans la vieille grange (21/11/23)

Il n’est point besoin de compte rendu pour quelques exercices d’entrainements un jour de semaine.

Toutefois la journée méritait bien son petit article en fin de compte .
Au nombre des trucidés : Jacky, Jean Lou, Sarah , Michel, Yann et moi. Julie en observatrice attentive.
Au programme : mouflage avec répartiteur de charges, couper de corde et petit repas
convivial au gîte.

En annexe : deux sauvetages à l’échelle des troupes en perdition .

En bilan humain : une entaille au visage de Jean Lou et des hématomes de l’entrejambe tant côté féminin que côté masculin.
A déplorer : le comportement inapproprié de certains participants qui se rient ouvertement des misères de leurs camarades.


En conclusion : malgré cette attitude regrettable, un certain nombre de choses en bonne voie d’acquisition, un rendez vous donné aux Cavottes pour une mise en pratique souterraine.


À refaire avec plaisir et sans modération !


Céline.

Balade photos à Ouzène

Le temps reste décidément pluvieux actuellement.

Le gouffre d’Ouzène fait partie de ces plans B auxquels on pense quand la météo devient trop humide.

Avec toute la flotte déjà tombée, les gours étagés situés derrière l’étroiture ont de bonnes chances d’être pleins…. donc pour nous, amateurs de photos spéléo, cela peut être finalement un bon plan A ! De plus, Daniel n’y a jamais mis les pieds, alors ….

Comme d’habitude, pour éviter de se trimballer trop de matos, je pars devant à l’aube pour équiper le trou et on se retrouve Daniel et moi à 8h30 au parking.

Il ne pleut pas, donc on va en profiter pour commencer la séance dans le second puits d’entrée qui est bien moussu et spacieux.
On choisit ensuite la première entrée pour poursuivre même si celle-ci ne présente pas d’intérêt pour des photos de puits.

On ne se concentrera aujourd’hui que sur l’itinéraire classique, en délaissant la variante supérieure qui permet de faire des circuits par des puits parallèles.

L’arrivée devant le P18 ne manque pas de personnalité comme si le plancher se dérobait sous nos pieds. Hélas, la compo n’est pas évidente à mettre en image car il faudrait aller poser des flashs de l’autre côté et je ne trouve pas les amarrages nécessaires….tant pis.

Arrivés dans les beaux volumes de la salle inférieure, on flaire pas mal de possibilités et on s’y collera au retour, préférant commencer par le fond.
L’étroiture nous montre le bout de son nez au-dessus de gours étagés pleins d’eau.

Plutôt intime d’entrée de jeu, elle se relève un peu avant un léger virage qui ne manque pas de coincer les kits.

On se relève en se retrouvant dans un décor complètement inattendu, au-dessus de gours étagés. C’est aussi ça la spéléo, c’est un peu comme la boîte de chocolat de Tom Hanks dans Forrest Gump, on sait jamais sur quoi on va tomber.

On a l’impression d’arriver dans une micro-relique d’une rivière souterraine qui a depuis trouvé son chemin ailleurs. Le profil se transforme ensuite en diaclases concrétionnés qui se prêtent également à quelques compos.

On ne verra pas le temps passer à se concentrer sur les spots très variés de cette cavité. Il est 16h00 passé quand on retrouve le plancher des vaches.

Une sélection d’images choisies : ICI

Guy

Sortie En Versenne (Samedi 4 Novembre 2023)

Céline, Guy, Daniel, Michel, Jean-lou

Profitons d’une occasion plutôt rare, une invitation pour 6 personnes du club, d’aller visiter l’aval des réseaux d’en Versenne.
J’avais fait le réseau amont à l’occasion d’un exercice SSF en 2002, mais jamais l’aval.

Nous nous retrouvons à cinq sur le parking à proximité de l’entrée artificielle accueillis par Denis Motte et Daniel Chailloux.

Nous ne serons pas seuls, une douzaine de plongeurs hollandais (dont quelque uns s’exprimaient très bien en Français) et Belges feront partie de l’expédition. Nous serons encadrés par deux accompagnateurs, Louis et Frédéric qui connaissent le réseau comme leur poche. Je ne savais pas trop comment m’équiper, néo complète ? Sous combine ? Mais voyant tout le monde se mettre en néo 5 mn mini, j’opte pour une 2 mn intégrale avec un caleçon long et tee shirt technique à grandes manches, espérant que ça suffira, de toute façon je n’ai rien d’autre, faudra que ça fasse l’affaire

L’effet de groupe génère pas mal d’inertie et nous ne mettons pas loin d’une heure pour tous nous retrouver au bord de la rivière avec un niveau d’eau moyen.

Les galeries sont énormes et superbes avec ça et là de belles concrétions et coulées stalagmitiques.

Avant de nous engager dans les parties les plus aquatiques du réseau, nous cassons une petite croûte bienvenue.
Nos guides nous emmènent dans tous les affluents et galeries s’arrêtant sur des siphons.

Ça bastonne pas mal, beaucoup de courant, quelques voûtes mouillantes heureusement pas très méchantes menant à des galeries avec des formes d’érosion fantastiques.

La progression est soutenue, ce qui nous permet de ne pas avoir froid.
A un carrefour, Louis indique une galerie menant à un siphon soit disant à environ 60 m de distance, Michel et Céline s’y engagent, Louis et moi nous attendons leur retour pour les guider vers un autre passage.

Ça traîne, je commence à me cailler, ils arrivent enfin, la galerie faisait plutôt 200 m de long, ce qui explique aisément ce retard.

Nous nous engageons dans une voûte mouillante très boueuse genre si t’as des bottes tu les perds !.

Nous retrouvons l’équipe qui nous a précédée, là tout le monde fait demi-tour pour regagner la sortie.
Retour silencieux, la fatigue se fait sentir et on se concentre en faisant attention où l’on met les pieds car ça glisse pas mal dans les passages argileux. La remontée du puits de sortie avec néoprène n’arrange pas les choses.

Heureusement pas de pluie dehors, changement rapide pour se retrouver dans des habits chauds et secs, une bière gentiment offerte par les hollandais termine bien cette belle sortie.

Je regrette quand même qu’il n’y ait pas eu plus de copains du GCPM présents à cette sortie.

une sélection de photos

ICI

avec le nom de leurs auteurs


Jean-lou


le Réseau Covatannaz

En ce dimanche 29 octobre, il était prévu une simple petite promenade familiale automnale en forêt. Soudain, 1 heure avant de partir, je reçois un message d’un belge, me proposant de faire une partie du réseau Covatannaz a Sainte-croix, en Suisse

Cette cavité s’étend sur 5km, il y a 4 entrées situées dans le canyon Covatannaz . Ce n’est pas, que je n’ai pas envie de passer du temps en famille, mais nous avons déjà fait hier ( samedi ) le glacier du Mont miné qui est d’ailleurs facile d’accès ( Valais ).

Je les délaisse pour quelques heures, l’appel spéléo est trop fort pour moi, je fonce donc direction Sainte-Croix où je retrouve un Belge et 2 Suisses .


Les couleurs automnale sont magnifiques, nous installons une main courante sur une vire qui donne accès à un petit passage dans une des quatre entrées. Celle-ci est une arche assez spacieuse où se jette une cascade de la résurgence.

Le réseau de la Covatannaz s’ouvre en rive gauche de l’Arnon dans les gorges du même nom presque tous les spéléos vaudois ont mis leurs bottes dans cette cavité à leur début.
Dans la grotte des lacs quelques concrétions et de l’eau pour patauger .


Nous ne ferons pas la traversée aujourd’hui, le passage entre les grottes des lacs et les grottes du vertige est très argileux, nous redescendons par le P20 puis on termine par le canyon .



Ce fut une belle découverte à refaire avec les membres du GCPM

Les photos ICI


Michel

L’autre visage de la grotte Baudin

La Salle Hope – photo Gérard JAWORSKI

La grotte Baudin permet aux non plongeurs d’accéder au collecteur du Verneau, elle autorise également les traversées depuis le gouffre des Biefs Bousset, si la météo est favorable. La majorité des spéléos qui la parcourent gardent le souvenir d’un long ramping et d’un boyau étroit.

Notre visite avait un autre but, mettre en valeur quelques-uns de ses décors souterrains. Guy, Daniel et moi-même ne sommes pas à notre coup d’essai, mais ces ballades photos restent toujours aussi agréables. La météo pluvieuse n’est pas un problème, mais bien au contraire devait rendre les parties aquatiques beaucoup plus belles.

Grosse surprise lorsque nous nous changeons sur la place vers l’église, trois personnes nous interpellent
«  »Vous n’avez pas peur qu’il y ait trop d’eau ? » »
«  »Pas de problème nous allons à Baudin… » »
«  »Mais, il est là Baudin ! » »

C’est alors qu’une personne se détache du groupe et se présente comme étant M. Baudin. Il nous raconte plein d’anecdotes sur la découverte de l’entrée par son fils lors d’une séance d’escalade. Il nous confirme que de nombreuses séances de désobstruction ont été nécessaires et qu’ils ont persévéré bien qu’il n’y ait pas eu de courant d’air au début. Une bonne leçon pour nous inciter à persévérer sur nos chantiers de désobstruction.

L’accès à la grotte est parfaitement sécurisé par la pose d’un câble, bien salutaire, surtout par temps pluvieux. Les rampings sont l’occasion d’un bon échauffement et les genouillères (voire les coudières) sont bien utiles.

La galerie des gours -photo Guy DECREUSE

Comme espéré, les vasques, ruisselets et gours sont actifs. Nous allons faire rapidement un repérage du boyau GSD en vue d’une prochaine séance et nous sentons les vibrations et les grondements du collecteur tout proche.

Pas de difficulté pour les prises de vue, les spots sont rapidement repérés et les images collectées dans nos cartes mémoires. Nous quittons vite le cheminement classique afin de mettre en valeur d’autres secteurs de la cavité.

Une difficulté particulière dans cette cavité est liée à la présence d’une argile de décalcification très collante qui nous transforme en statues et qui adhère à notre précieux matériel photographique (enfin il en a vu d’autre).

La suite lors d’une prochaine sortie photo-spéléo…

Les photos de la sortie ici avec le nom de leurs auteurs

Gérard JAWORSKI

Sortie via ferrata à Saillon (Valais) Lundi 23 octobre 2023

Nous hésitons un moment avant de maintenir cette sortie : Manu et Joris n’ayant pas pu se libérer, on aurait pu remplacer par une petite virée spéléo plus près. Pour finir la météo suisse nous annonce de belles températures et le soleil tandis que l’automne s’abat sur la Franche Comté.

Allez on fonce !
Julie et les filles se joignent à nous. La via Farinetta est tracée en surplomb des gorges de la Salentze. À son pied coule une cascade d’eau thermale , hiver comme été à la température de 24 degrés. Vignes et figuiers témoignent de la douceur du climat .

Très jolis points de vue sur le canyon , ses vasques, ses cascades, quelques passages dans de petites cavités à flanc de falaise.
Nous bouclons l’itinéraire rapidement et avons encore toute l’après midi pour profiter du coin, paré de magnifiques couleurs en cette fin de saison. Julie et Michel décident de me faire découvrir la vue depuis la cabane de la dent de Valerette .

Une petite randonnée nous y conduit, et je découvre émerveillée cette ligne de crète au panorama époustouflant sur les dents du midi , toute baignée de brume et d’une lumière étrange, annonciatrice de la venue du front nuageux qui sévit à ce moment là sur Montrond .

On ne peut s’empêcher de rêver de rester dans la petite cabane la nuit et d’entreprendre le lendemain matin la conquête des territoires sauvages

tout juste effleurés par nos regards (un vrai coup à se rendre malade à devoir faire demi tour ici !).

Eh bien ça rentrera dans le vaste catalogue de nos projets Gcpm, avis aux intéressés

Un grand merci à toute la famille de Michel qui m’a promené comme une gamine et fait
découvrir de petits bijoux !


Céline.

Gouffre du Naud . . . à la mémoire d’un nyctalo

En cette fin octobre, la météo prévue n’est pas terrible, difficile de connaître le cumul des précipitations annoncées.

Sur la fiche « Gouffre du Naud » du tome 1 des « Belles du Doubs », Eric Jeannot nous annonce qu’en hautes eaux, ça peut poser soucis mais au fond seulement. Avec Daniel, on tente le coup pour une séance photo. La marche d’approche est courte mais nos parapluies seront quand même appréciés.

A notre arrivée, on tombe sur une plaque fraîchement scellée à la mémoire d’Eric. A proximité se trouve un arrangement floral.
Ce qui est écrit n’est pas sans rappeler la petite note d’humour qu’on trouve à chaque page des topoguides…. vous savez, le petit texte avec les lunettes qui résume en 2 mots la fiche cavité !


Avec Gérard, on était justement venus faire une séance photo avec Eric et son épouse Fabienne + pas mal de membres des nyctalos : voir ce CR : https://speleo-gcpm.fr/inter-club-au-gouffre-du-naud/
Du coup, nous entrons dans ce gouffre dans un autre état d’esprit, avec une pensée pour lui.

Ouf, on est à l’abri et pas la moindre goutte d’eau dégoulinante sur nous.
Par contre, en arrivant au grand puits, un vacarme de cataracte se fait entendre mais il vient d’une cheminée parallèle.
Le taux d’humidité dans l’air s’en trouve augmenté mais ça peut créer un halo avec le contre-jour.

Nous n’irons pas plus loin et passerons une partie de cette journée pluvieuse à faire crépiter les flashs.

En remontant, on entend des voix en surface. Ce sont Michel, Julie et une amie à eux venus justement visiter le gouffre ! Quelle coïncidence ! Du coup, on leur laisse nos cordes : la place est libre !

Guy

La Belle Louise en images

Cette classique de la spéléo locale possède une légende. On trouve sur internet pas mal de versions différentes.
Dans sa monographie « Le plateau de Montrond autrefois » , Hérvé Perton nous en propose une synthèse :

«  »Comme sur tous les plateaux karstiques, le sol est éventré de nombreuses cavités souterraines. Autrefois considérés comme des vestibules de l’enfer par l’imagination populaire, ces abîmes entretinrent pendant des siècles des craintes les plus diverses. Le diable semblait régner sur ce monde des ténèbres que parfois les humains osaient timidement affronter. Le puits de la Belle Louise, non loin de la grotte des Cavottes à Montrond-le-Château, est situé à

une centaine de mètres en contrebas des ruines de la forteresse féodale. À l’époque de la légende, Montrond est le chef-lieu de la seigneurie du même nom. Le gouffre fut désigné ainsi en raison d’un tragique événement devenu légende.

Il existe plusieurs versions de cette histoire, tant orales qu’écrites et qui se rejoignent plus ou moins. voici une synthèse de cette histoire probablement inspirée d’un fait réel : Au temps où le majestueux château dominait le village, une jeune bergère appelée Louise, fiancée à un pauvre métayer qui la cherchait en mariage depuis longtemps,

consentit, non sans désintéressement, à une autre union avec le riche seigneur local alors que son fiancé était retenu prisonnier dans une contrée lointaine.
Après quelques temps, les noces eurent lieu en l’église de Villers sous- Montrond et furent suivies d’un banquet où rien ne manquait. 

La Belle Louise était venue baronne mais en vain. Vers minuit, la jeune mariée se dirigea vers la chambre nuptiale mais un bras vigoureux l’emmena au dehors sur un coursier rapide. Le diable en personne emportait la Belle Louise dans son sinistre royaume des ténèbres et la précipita dans les profondeurs de l’abîme pour la punir de son parjure.

C’était au cœur de l’hiver, la neige recouvrait le sol ; les traces de pas restèrent imprimées dans le sol et servirent à diriger les recherches le lendemain matin. Le seigneur et ses gens arrivèrent devant le gouffre d’où émanait une forte odeur de mort.

(précision : selon les différentes versions, on aurait trouvé au bord du précipice, « une pantoufle abandonnée », « des débris de parure qui avait orné son cou », « quelques lambeaux de la robe de mariée qui étaient encore accrochés aux épines qui bordaient l’abîme » ou dans le gouffre « sa cervelle » !).

Puis, pour constater la mort de la malheureuse, plusieurs villageois courageux descendirent dans le gouffre à l’aide de cordes et rencontrèrent son cadavre gisant sur un banc de roches en saillie (précision : le puits d’entrée affiche une verticale de 46 mètres). 

Pour témoigner de leur macabre découverte, ils coupèrent le doigt qui portait encore l’anneau du mariage. Ainsi fut nommé le puits de la Belle Louise.
La date de cette histoire nous est inconnue mais au vu des éléments contenus dans le récit, on peut supposer qu’elle a eu lieu (si elle a vraiment eu lieu) à la fi n du Bas Moyen Âge (XVe siècle) voire même peut-être postérieurement (XVIe ou XVIIe siècle). 

Rappelons au passage que la Belle Louise ne fut pas la seule victime du puits d’entrée (fatal en cas de chute), mais que deux spéléologues y trouvèrent la mort en 1973 et 1983″ »

Avec Daniel, nous profitons de cette période sèche pour aller y faire une séance photos.
Daniel y était déjà allé début mai avec Jean Lou et Céline, donc il connait.
La belle C100 en 10 mm toute neuve qui pend au local matos va enfin pouvoir servir.
Au niveau de la partie basse du puits d’entrée, la roche est superbe. La lucarne et les parois cannelées sont du plus bel effet : nous faisons plusieurs essais d’angles de vue différents et il y a une image qui sort vraiment du lot.

Je découvre sur mon écran l’apparence d’une aile de papillon ! En fait, l’eau dégringole de 60 mètres de haut, ricoche sur un palier et se fracasse contre cette paroi de façon diagonale…. et c’est ce qui explique le graphisme.

On poursuit avec le laminoir surcreusé. Quelques flaques résiduelles sont exploitées pour tenter d’ajouter un reflet sur les photos.
Et voilà le clou de notre séance « le puits des cannelures ». Comme pour le Brizon, je l’équipe en double de façon à augmenter le nombre d’angles de vue.

Le timing est bon, on poursuit donc avec les salles de décantations. Ici l’ambiance est complètement différente : austère à souhait, pas du tout facile à mettre dans la boîte. On se concentre sur les plafond dont les parois présentent de belles formes d’érosion.

Nous n’irons pas jusqu’au bestiaire modelé en fond de cavité que Daniel connait mais je lui ferai découvrir la salle Fourquet.

En hautes eaux, il semble qu’elle se remplisse en bonne partie. Renseignements pris, il existe bel et bien une autre salle derrière la salle Fourquet. Son entrée s’ouvre et se referme en fonction des crues et des coulées de terre.

Retour vers la laisse Fournier, là où Eugène butta lors de son exploration débutée en janvier 1899. Il fallait déjà être sacrément courageux pour venir jusque là avec le matériel de l’époque. Chapeau bas professeur !!

L’eau de cette laisse ne semble pas très profonde mais elle est bien croupie, donc pas évident non plus de sortir une image sympa. Par contre, le profil de galerie qui la sépare des salles rend bien en images.
Chargés comme des mulets, nous voici au pied du grand puits.

Dans le tronçon supérieur de ce P46, Daniel pousse devant lui le Godox tandis que je tente quelques images depuis le fractio et ça paye : une photo montre bien l’ambiance plutôt impressionnante de cette verticale.

Encore une SUPER journée en duo sous terre avec une carte mémoire prometteuse.

Une sélection de photos ICI


Guy