Rochanon Un chantier de désobstruction hors normes (au moins 2000m² de déblais ressortis, des milliers d’heures de travail, des moyens matériels impressionnants et aussi quelques cochons à la broche…)
Démarré en 1995, le chantier s’est arrêté en 2010.
Pour les besoins d’évacuation des déblais, 1 passerelle avait été construite sur le puits de 34m. Et en 15 ans, la passerelle aura été renforcée, remplacée, améliorée à plusieurs reprises.
A la fin des travaux, l’accès à la passerelle a été sécurité par des barrières et panneaux de restriction, mais au fil du temps, les randonneurs et autre curieux finissaient toujours par venir jeter un œil sur ce trou insolite dans les bois au bord d’un ruisseau.
Le plancher de la passerelle n’est pas éternel, et il fallait programmer une date pour démonter / sécuriser l’accès au puits.
Agnès, Jacky, Didier et Thomas
Le démontage de la plateforme était initialement programmé pour le 27 juin mais cette date a été réaffectée pour des besoins d’exploration urgents…
Le démontage se réalisera donc le 24 Juin 2020
On se retrouve mercredi 24 au matin à l’orée du bois des Millières pour répartir le matos dans les sacs et c’est parti pour le gouffre du Rochanon.
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Jacky est déjà venu pour démonter la vieille barrière, équiper une main-courante et prendre des mesures.
À peine arrivé, Didier enfile son baudrier et sort la scie sabre : les hostilités peuvent commencer !
Pendant ce temps, nous déballons les affaires et finissons le démontage de la vieille barrière.
Pendant que Jacky et Agnès installent les amarrages de la nouvelle barrière, on s’occupe d’évacuer les planches découpées. Étonnement le bois n’est pas moisi, il est certes complètement trempé mais après + de 10 ans il a bien vieilli pour du sapin.
De son côté, Didier avance bien (enfin pour le coup, il recule) la difficulté, c’est d’esquiver la ferraille.Sinon si ça touche, ça fait pas un beau bruit…
Ensuite Jacky joue au mécano. Il emboîte les tubes, mesure les tubes, déboite les tubes, coupe les tubes, emboîte les tubes, mesure les tubes…. c’est bon !
On installe le grillage, on remet le petit panneau « danger » et on remballe.
Il reste une petite partie de grillage à poser, Jacky reviendra pour finaliser tout ça !
Damien Thomas Jean-lou Rendez-vous au refuge à 9h30, Damien propose le Moulin des Isles, Thomas ne propose rien à part qu’il doit être de retour pour midi, et moi je propose La Chenau 1, vu que je n’ai pas pris de néoprène pour aller batifoler dans de l’eau glacée.
Nous avons fait un rééquipement conséquent dans ce réseau mais il nous reste quelques spits à planter pour finaliser le travail. En profiter aussi pour vérifier les longueurs de cordes à utiliser en vue de faire une fiche d’équipement fiable. En arrivant au bord du gouffre une bestiole bien planquée dans les buissons dans notre dos, démarre en faisant un barouf du diable. On n’a pas vu ce que c’était mais c’était du gros. Damien à l’équipement. Sur la vire d’accès au P 40 ou 45 m de profondeur, je vois Thomas caresser un amarrage, avec des yeux tout rêveurs Je sais qu’il adore la spéléo, il ne me ferait pas un fantasme sur du matériel des fois ? Que nenni ! il est tout simplement nostalgique et fier de lui car c’est le premier spit qu’il a planté de sa carrière de spéléo.je me souviens de lui avoir proposé à l époque de mettre une plaque commémorative. Il m’avait regardé en se demandant si c’était du lard ou du cochon. Quand nous sommes les trois sur la vire, Damien commence à descendre, c’est la seule façon de se sécuriser car le début du grand puits parpine beaucoup. Arrivés à la base, Thomas nous quitte pour remonter pour être à peu près à l’heure de son rendez-vous. Nous continuons donc à deux, c’est vraiment un très beau réseau, les puits s’enchaînement et nous descendons rapidement jusqu’à l’endroit où nous nous étions arrêtés de ré-équiper. Les 2 puits suivants sont un peu plus compliqués à gérer, Damien se débrouille très bien avec le peu de spits en place. (Nous reviendrons finir le travail 5 ou 6 spits à rajouter pour faire un équipement confort et sécurisé) le gouffre se termine sur un méandre assez étroit parcouru par un ruisselet. Je déséquipe, Damien m’attend sur la vire du grand puits pour sécuriser la sortie, puis il prend le relais et déséquipe le puits d’entrée. Damien est enchanté car il ne connaissait pas la partie inférieure du réseau et il confirme que c’est la plus belle partie du gouffre de La Chenau.
L’accès au gouffre de Précit (découvert par Franck Feret en 2014) était bouché par un gros tronc de bois qui encombrait l’entrée .
Après plusieurs opérations le tronc était descendu plus bas, mais il s’était à nouveau coincé en travers d’un grand puits. Il ne permettait pas de poursuivre l’exploration sereinement.
Des moyens bruyants n’ayant pas réussi à le faire bouger, l’opération de ce jour consiste entre autre à essayer de le décoincer avec un tirefort.
En cette sortie déconfinement, il y a du monde au rendez-vous, mais pas de travail pour tous et on propose en plan B pour ceux qui veulent, de repointer les coordonnées de certains trous du secteur afin de mettre à jour l’inventaire spéléo du Doubs.
Le gouffre de Précit se trouve en contrée lointaine (pour ne pas dire presque inconnue …)
Situé sur la petite commune de Saraz, (13 habitants) nous imaginons qu’il va falloir batailler dur au coup coup dans la forêt primaire afin de rejoindre notre camp de base.
Nous décidons donc de rejoindre le point Alpha en avion et les équipes seront parachutées sur la zone.
Chacun sait que le meilleur amarrage, c’est l’attache remorque d’une voiture !
La technique du tirefort est redoutable d’efficacité .
Le plus long aura été la mise en place de la manip. Une fois que tout a été réglé, le tronc a été dégagé en 30 secondes . Il se trouve maintenant (et pour longtemps) au fond du grand puits de 30m.
Le temps n’est pas top et la pause casse croûte se fait dans le camion de Didier (heu pardon… dans l’avion !)
Après midi, Dom et Alain partent donc repointer quelques trous du secteur.
Pendant ce temps, le reste de l’équipe (Thomas, Jacky, Didier et moi) nous reprenons l’exploration des petites zones qui n’avaient pas été visitées lors de la première par manque de temps.
Thomas est à l’équipement et après quelques plantés de spits aériens + un joli pendule, il finit par atteindre une petite galerie. Nous avons l’agréable surprise de découvrir que la galerie se transforme en une sorte de méandre qui se poursuit sur une dizaine de mètres environ. Malheureusement, la suite devient étroite et impraticable.
Nous y retournerons afin de mettre la topo à jour avec ce nouveau diverticule
Affaire à suivre donc.
Il est maintenant assez tard et il semble que le très mauvais temps ne permettra pas à notre moyen de transport aérien de revenir sur zone.
Il va donc falloir bivouaquer ! Nos réserves d’eau sont épuisées
Après une formation accélérée aux talents de sourcier les infortunés se lancent à la recherche d’une hypothétique source sous jacente.
La recherche sera finalement récompensée . Quelle chance !
Apparemment ravis de leurs précédents séjours en Franche-Comté, nos deux compères Serge Caillault et JeanPhilippe Grandcolas remettent le couvert pour quelques séances photos à travers notre beau patrimoine souterrain.
Jeudi 04, les voilà qui arrivent en milieu de matinée. Je leur propose une journée plutôt pèpère avec la grotte de Baume Archée pour commencer. Question esthétisme, on est gâtés : C’est le genre d’endroit où l’on pourrait tourner un film avec des hommes préhistoriques.
C’est également intéressant de voir comment chaque photographe s’approprie de sujet de façon différente. Le ruisseau ne coule pas et c’est sûr que cela ajouterait un + sur les images. Nous passons presque 2 heures à peaufiner nos clichés.
Miroir – strates verticales
Ensuite, nous changeons de rive pour se rendre à la source du Pontet. Là aussi, l’esthétisme est au RDV. Nous parvenons à gravir la cascade pour donner l’echelle. Les photos sont faites dans les 2 sens et les 2 godox de Serge nous rendent de bons services.
Pour conclure notre journée, nous entrons dans les Faux Monayeurs pour aller vois le miroir de faille et le mettre dans la boite.
La seconde journée se passera au gouffre des Biefs Boussets.
Gérard sera des nôtres cette fois-ci. Nous avons comme objectif d’aller jusqu’à la base du P10. Ca peut paraître peu ambitieux mais les sujets photos sont amplement suffisants : Le puits d’entrée ne manque pas de personnalité avec son arche rocheuse. Ensuite, il y a le méandre aux formes sinueuses et cupulées (pas si facile à photographier). Le puits de 10 avec les ressauts qui le précèdent sont vraiment chouettes car la roche est superbe.
Le clou du spectacle est sans nul doute la Charnière. L’enroulement des strates y est exceptionnel. Pour couronner le tout, le ruisseau s’est frayé un passage en son milieu.
Nous y étions déjà allé avec Thomas J mais nous n’avions pas d’objectif grand angle. Serge en a un et il peut se permettre une compo que nous n’avions pu faire. Le résultat est à la hauteur de nos espérances. Jean-Philippe et moi–même assistons Gérard et Serge du mieux que nous pouvons.
Troisième et dernier jour, Nous nous retrouvons à nouveau tous les quatre pour un objectif simple mais exaltant : le P15 du gouffre du Paradis, vers Trépot. J’y étais déjà allé avec Franck et Gauthier mais avec la technique des spots + flashs et nous n’avions pas pu réaliser un vrai contre-jour. Ce puits est de toute beauté et large (c’est après que ça devient nettement plus intime). Gérard et Jean-Philippe nous prêtent main forte en se mettant à notre disposition.
C’est vraiment agréable de savoir qu’on peut soigner les clichés dans les moindres détails sans craindre d’abuser de la patience de nos collaborateurs. On tente des compo dans les 2 sens : du bas vers le haut et inversement. Sans nul doute, la photo réalisée en plongée sera notre préférée.
Pour Jean-Philippe, cette petite sortie entre amis fait resurgir quelques souvenirs : en octobre 1981 avec mon frérot et un copain du SC Vesoul, ce fut ma plus belle claque spéléo ! j’ai démystifié le gouffre en avril 1987 en retournant au fond ! c’était un petit pèlerinage ! …. et un hommage à Jacques Goujet décédé dans ce gouffre en 1968 à l’âge de 25 ans, il y a reposé 6 ans avant d’être ressorti en 1974 !
Nous cassons la croûte sous terre, bien à l’abri des averses pour ressortir vers 13h30. Il nous reste suffisamment de temps pour compléter avec une petite virée au porche de Plaisir Fontaine. Cette entrée orientée plein ouest est majestueuse.
Serge a 2 godox et Gérard en a un troisième …. tout le jus nécessaire pour mettre en lumière les parois de cette entrée impressionnante. Avec une vitesse de prise de vue au 1/200 ième, j’essaie de composer une photo nocturne (en plein jour) grâce à nos éclairages puissants.
Voilà, encore du bon temps passés entre retraités déconfinés et animés par une même passion !!
Toutes les photos de ces sorties iciavec le nom de leurs auteurs
(Merci à Serge de mettre à dispo ses photos)
Guy
– Nous voilà au petit matin en route pour Montrond le château, rejoindre J-lou, Thomas »pro », Laurence et Bertrand au gîte de la GCPM. -Thomas »pro » est le premier sur place et commence à nous montrer les équipements et le plan des Cavottes. J-lou arrive et ils nous équipent pour le bizutage de la poutre, à savoir si nous sommes habilités pour grimper le R7. , test réussi. -Jusqu’ici tout va bien, les deux derniers acolytes nous rejoignent, Une préparation d’équipements variés s’en suit et nous arrivons à 11h30 devant la doline d’effondrement des Cavottes. Qui aurait cru, sans le savoir, que cet ilot touffu au milieu des champs, était en fait la bouche d’une caverne de plus de 3300m de développement ! -Nous sommes équipés de pied en cap et en attendant que nos guides s’habillent nous nous demandons quelle douce folie nous a prise ! Après une jolie photo d’équipe reflétant bien la différence entre pros et amateurs crispés, nous commençons notre descente dans la goule glissante et heureusement pourvue de grosses racines assurant notre progression. -Un premier couloir humide se dessine, nous pénétrons sous terre et après une première bifurcation nous voilà rapidement au sec et en rang dans un système de diaclases parfois assez étroit et étonnamment lissé par les milliers de visiteurs qui les parcourent. Après la salle du Chaos, digne de son nom et une bonne partie de rabotage sympathique dans ce labyrinthe rocheux nous passons les fractios du faux pas « à ne pas faire ». Celui-ci nous donne accès à un réseau plus spacieux, de grands couloirs enjolivés de timides concrétions où nous retrouvons notre bipédie jusqu’au ressaut de 7m.
-Thomas « am » est serein, il s’éclate à Cavotteland et descend rapidement pour atterrir 7m plus bas, » ! Quant à moi, je ne suis pas vraiment sereine à cette idée et je me cogne soigneusement les genoux lors de ma descente ce qui a le don d’amuser la galerie, moi comprise ! Heureusement, l’équipe des clostrophiles nous supervise et nous encadr soigneusement. Thomas « pro » assure toutes nos descentes et J-lou nous attend suspendu à chaque fractio pour nous accueillir de sa présence rassurante. Quand vient mon tour je me lance « au sens propre » et percute un peu J-lou « amortisseur 100% bio ». A mon grand soulagement j’atterris et les 3 funambules restant arrivent comme des plumes sur la soupe. C’est l’heure du repas !
-Moment détente agrémenté de discussions et d’un bon café souterrain « Le rêve ». Une fois énergisés, nous voilà repartis pour aller voir la salle ex terminale de la galerie nord qu’on atteint par la salle fournier et la salle des dunes « Oui oui, des dunes ! ». Notre avancée et fort simple et agréable, que la nature est bien faite ! L’ex terminale nous apporte son lot de surprise, un nain de jardin se cache là, et nous épie de son haut perchoir. Irréel, n’est ce pas ? – Après cette vision surréaliste nous fîmes demi-tour jusqu’au R7 pour parcourir les couloirs sableux jusqu’à la salle du bivouac. Camping 3 étoiles ! Évidemment mon humour se tarit un peu à l’extrémité de la galerie sud, quand J-lou nous montre le puits de 20m se dessinant sous nos pieds depuis un promontoire de calcite. Et surtout quand ils nous propose de le descendre ! « Moi, descendre un puits de 20m suspendue à un fil d’araignée ? Que nenni ! » – Et pourtant tout le monde se prête au jeu. Ne voulant pas être la brebis galeuse je me fis tant bien que mal à cette idée, que mon coté rationnel déchiffrait comme un suicide prémédité. « Quelle c.. ce mental ! » S’en suivit l’effrayante vision de celle d’un jeune homme, normalement constitué, devenir petit homme à la voix lointaine et résonante. La descente fut « rebondissante » ! « Ne pas regarder en bas, et une fois en bas, ne pas regarder en haut. » -L’attraction touristique de la boite aux lettres me fit oublier cette agréable misère jusqu’à ce que tout le monde soit descendu et que l’heure de la remontée arrive. Avec encouragement de Laurence, je m’élance juste après J-lou qui m’éclaire de son phare lointain. Drôle d’effort qui me fit souffler comme jamais ! heureuse d’être arrivée et d’avoir échappé à la combustion spontanée. – La joyeuse troupe fut réunie à nouveau et ce passage sonna le GONG de cette traversée. Le retour fut beaucoup plus serein pour ma part et le ressaut de 7m paru bien mignon à remonter. -Apres 5h30 sous terre, 6 joyeux lurons retrouvent la surface. -Thomas « am » me confia plus tard, n’avoir point eu peur, amusée et un brin jalouse, je propose donc pour lui un bizutage sur un P50 ! Un grand merci à tous ! Expérience unique et impressionnante qui ravit, les yeux et le cœur, le corps et l’esprit.
Le 7.05à 2h59, l’AFP annonce la découverte d’un trou noir … très proche de nous
Son p’tit nom : HR 6819 . (ça c’est vrai…)
Rapidement Jean Lou consulte internet pour en savoir +.
Calcul rapide des coordonnées et report sur une carte IGN Spatio-galactique du Doubs
C’est là !
(Oui, je sais, sur cette carte on ne voit pas très bien )
« Yes !! c’est pas très loin – Bon je fais un rapide repérage et si ça vaut le coup, j’appelle les copains pour faire la première ensembles »
Un p’tite corde quelques mousquetons, 1 peu de lumière et hop ; en route vers ce trou « noir » !
Rapidement arrivé sur place (un Berlingo ça décoiffe) Jean Lou se pose au bord du trou et raconte
Pfou ! Un trou béant … énorme !!
On ne voit pas le fond !
Je ne peux pas jeter de cailloux pour sonder, dans le coin il n’y a rien
La première de ma vie (il était temps…)
1 courant d’air aspirant de ouf ! . Ca va décoiffer
et oui, je confirme : c’est tout noir la d’dans.
Bon, il ne résiste pas à l’envie de faire un petit repérage du premier jet.
Pas d’amarrage naturel dans le coin. Qu’importe, l’attache remorque de la fusée (pardon, du Berlingo) fera l’affaire
Un p’tit coup de fil à Tartine pour expliquer qu’il ne peut pas laisser passer une telle occasion et hop !
La visite débute…..
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Bon, ça fait maintenant plus d’une semaine que Jean Lou est parti.
On n’a plus de nouvelles …
Tartine aimerait bien au moins récupérer le Berlingo et le GCPM la corde.
Quelqu’un pourrait-il aller rechercher tout ça ?
ça serait sympa
Le gouffre s’est ouvert suite à des travaux de terrassement début Février 2020. Un puits de 4m de diamètre pour 6m de profondeur laisse apparaitre un départ etroit en direction nord est. A la demande de la commune, le GCPM (Christophe Berna et Alain Bulle) se rendent sur place pour évaluer la cavité.
Le 15.02.2020 une nouvelle équipe du GCPM se rend sur place pour une évaluation plus précise et la réalisation de la topographie.
Le puits principal est situé en bordure d’une route communale. Les 3 premiers mètres sont constituées de terre argileuse. Les 3 derniers mètres sont en pleine roche. La suite est accessible par un passable bas. On prend pied sur une pente argileuse. Sur la droite (direction sud) un passage étroit en faille n’est pas pénétrable. En progressant un peu dans la pente très argileuse, le réseau principal se poursuit en direction nord est. La suite est visible sur environ 10m. Ensuite, la largeur ne permet plus de progresser. Il faudrait engager d’importants travaux de déblaiement de la terre (plusieurs mètres cube) pour peut être envisager de progresser un peu. Compte tenu de la position de l’entrée de ce gouffre (partiellement sur la route), le maire a condamné l’accès à cette voie et il souhaite une issue rapide. En concertation avec les différentes parties, il est proposé de condamner l’accès à la galerie avec un enrochement sur les 3 à 4 premiers mètres du puits et pose d’un géotextile avant un nivellement avec de la terre
Ce soir là, nous avions prévus avec Micka d’aller voir la salle Belauce dans le Verneau.
Mais plusieurs personnes nous font remarquer l’audace de notre entreprise compte tenu des courbes de débit.
Et bien soit ! Faisons autre chose de moins audacieux…
Micka souhaite apprendre à équiper, il connaît bien la théorie mais il ne l’a jamais appliquée.
Nous irons donc aux biefs bousset pour qu’il se forme un peu. On commence par…le puits d’entrée…
Micka a du mal à estimer la taille de ses ganses. Je le laisse galérer un peu avant de lui expliquer ma technique. J’aurais aimé le laisser cogiter encore, mais dehors il fait froid et j’aimerais entrer dans la grotte pour me réchauffer😜. Arrive ensuite le ressaut de la charnière, qui est équipé déjà plus rapidement.
Et maintenant, on passe au choses sérieuses dans la suite de ressauts avant le puits de 10 mètres. Micka fait bien attention à laisser de la bonne longueur de corde sans que cette dernière ne traîne par terre. Attention de ne pas oublier de serrer les viroles des mousquetons ! Nous arrivons en bas du puits sans problème. On en profite pour revoir deux, trois nœuds, on grignote un coup et on remonte.
Il faut déséquiper, et c’est encore mon camarade qui s’y colle ! 😁
Le déséquipement, ça il connaît bien.
On sort rapidement et direction Montrond pour ranger le matériel.
Micka possède toutes les bases de l’équipement. La vitesse et l’aisance viendront avec plus de pratique.
Souvenirs… Souvenirs… Mélodie en sous-sol… karstique !
Comment est né le virus ?
J’ai débuté la spéléologie en 1978, peu de temps après mon arrivée dans les Vosges pour raison professionnelle. Les Vosges n’étant pas précisément un terroir karstique, c’est par le biais d’un éducateur stagiaire de mon école, Christian Guillaumey, que je suis « tombé en amour » (comme disent nos cousins québécois) avec l’exploration et la découverte du milieu souterrain.
Christian avait deux années d’expérience et nous avons démarré d’emblée avec la technique « Jümar » qui en était à ses débuts. La majorité des spéléos utilisaient encore les échelles souples et/ou, pour certains, la corde en double avec utilisation d’un shunt en sécurité (en complément parfois d’un descendeur spécifique posé sur les deux cordes). On ne lésinait pas avec la sécurité !
De l’importance des tests !
Nous nous sommes affiliés à la FFS comme individuels et avons démarré nos visites par un petit gouffre du secteur « le Debain » à Sans-Vallois (88) dans lequel la position verticale est exceptionnelle et les laminoirs particulièrement longs !
Quelques jours après ce premier essai Christian me propose une visite dans la rivière souterraine de Chauveroche à Ornans. Il me précise qu’il sera nécessaire de s’immerger complètement et de probablement franchir un passage bas en apnée !
Du rôle déterminant du baptême par immersion !
C’est équipé d’un bleu de travail, de trois sous vêtement rhovyl (Damart) et d’une paire de botte, que nous partons nager dans la rivière de Chauveroche…
Effectivement la seconde voute mouillante nécessite une baignade complète (c’est ce que l’on appelle un baptême par immersion) et c’est déjà bien frigorifié que nous rejoignons « la plage ». Nous remontons, à la nage, les grands bassins jusqu’à l’affluent de la fontaine avant de sagement décider un retour express vers la sortie.
Fort de ces débuts sans concessions (ça passe ou ça casse), j’ai entamé une carrière de spéléo qui continue 42 années plus tard …
De l’efficacité calorique du feu de bois !
Avec Christian nous n’avons pas chômé en mettant à profit la moindre occasion pour visiter des cavités dans toute la France avec des copains de Poitiers et de Montélimar.
En 1979 nous avons le plaisir de les recevoir dans le Doubs, pour les remercier d’un séjour dans le Lot, dans le but de leur faire découvrir Bournois et Pourpevelle…
Nous couchons dans une vieille ferme (aujourd’hui en ruine) vers la grotte de la Tuilerie à Gondenans-Montby après une visite du réseau sud de Pourpevelle, nous mettons nos affaires sécher autour d’une majestueuse cheminée dans laquelle nous avons fait un feu d’enfer.
Au milieu de la nuit c’est le branle-bas de combat, nos bottes ont fondu et ont mis le feu à nos combinaisons. Après extinction des feux (lol) force est de constater que notre matériel est hors service !
De l’importance du bistrot de village et du commerce local !
La décision est prise d’aller à Baume les Dames pour acheter des combinaisons chez un couturier spéléo local. C’est lui qui nous conseille la visite des Cavottes et de Vauvougier dans le secteur de Montrond le Château. Arrivés sur place nous allons à l’épicerie/bistrot du village pour nous renseigner sur un hébergement.
« Allez donc voir en face chez les Decreuse »
C’est chose faite, après dégustation en terrasse de boissons plus ou moins locales et plus ou moins alcoolisées…
Comment l’hospitalité et la paille ont joué un rôle déterminant !
Nous sommes tous restés babas face à la chaleur de l’accueil de la famille Decreuse. Très rapidement, suite au manque de gite dans le village, monsieur Decreuse nous propose de coucher dans sa grange, à la condition impérative de ne pas fumer. Pas question de le dédommager, car l’hospitalité est un devoir dans cette famille…
Comment la grand-mère est devenue célèbre dans le milieu !
Je dois particulièrement signaler la grand-mère Decreuse, une gentille petite dame calée vers la cuisinière et toujours affairée. Elle était sans nul doute un de ces personnages ayant inspiré la Madeleine Proust, je cite une de ses phrases les plus célèbre :
« Mais vous y cherchez quoi dans vos trous ? »
Comment sont nés beaucoup de petits ….spéléos !
En soirée, après la visite de Vauvougier, nous installons nos sacs de couchage dans la grange…
Très rapidement c’est un, puis deux garçons de la famille qui viennent nous rendre visite. Ils nous questionnent sur nos expériences de spéléologie et nous relatent leurs incursions aux Cavottes avec un matériel de fortune. Voilà une bonne occasion de remercier les parents en proposant une initiation à la spéléo « sécurisée » aux enfants de la famille.
Le lendemain c’est chose faite et c’est pour moi le début d’une longue aventure et d’une vraie amitié.
Quand le GCPM est né, deux années plus tard, nous l’avons immédiatement rejoint.
Gérard JAWORSKI (avec la participation d’Arlette pour les points d’humour).
Le GCPM a fait fort pour les JNS 2020 à la grotte de la Baume du Mont à REUGNEY.
Beaucoup d’émotion pour les participants lors de la descente à l’échelle ! Certains n’étaient pas très rassurés malgré les compétences techniques indéniables des encadrants. Mais les efforts des uns et des autres ont été bien récompensés.
En effet, le public a été conquis par la beauté de la cavité et par la surprise qui l’attendait plus de 30 mètres sous le plancher des vaches.
Il est vrai que le club spéléologique de Montrond n’a pas ménagé ses efforts pour que la journée soit réussie. Une vraie salle de restaurant de 34 couverts a été installée, avec plancher, tables, bancs et éclairage approprié. La cuisine a été équipée au gaz pour l’occasion. Et l’intendance a prévu le vin à volonté pour accompagner le menu festif. Il n’en fallait pas moins pour permettre à chacun de trouver le courage et la force de remonter !
Vraiment bravo aux spéléos pour cette idée géniale et inattendue qui a fait la joie de tous.
Les Journées Nationales de la Spéléologie n’ont pas fini de nous surprendre !
Qu’est-ce qu’ils vont bien pouvoir encore inventer pour la manifestation de 2021 !