Sortie Gouffre du Creux serré – Chamesol (18 mai 2025)

J’ai décidé de casser la tirelire quelque peu, et d’investir dans du matos perso pour l’équipement de cavité. Eh oui, nous habitons quand même à presque 1h de Montrond, ce qui complique le timing quelque peu. Et qui plus est, les cavités proches de chez nous, dans le Haut Doubs, sont nombreuses, et devoir passer au préalable au local et y retourner ensuite ne fait que compliquer la logistique, évidemment.

Bref, cette fois c’est Mélanie qui initie le choix de la cavité, car son papa, lui a partagé plusieurs fois ses souvenir de gamin, dans lesquels il racontait être allé dans le trou du Creux serré… « sans rien hein,

juste avec une corde à nœuds et nos lampes de poche, tu sais, celles qui « clairent » rien là avec la grosse pile plate dedans »

Bref, c’est tout autrement équipés que nous voici aux abords du chemin cahoteux qui mène à un autre chemin encore plus cahoteux… et on laisse la voiture en bord de forêt, au sommet d’une longue colline qui domine à la fois Chamesol, mais donne une vue magnifique sur Villars-les-Blamont et la région dominant les plaines de Montbéliard, Belfort et l’Alsace qui s’en suit.

Armés de notre topoguide comme fidèle compagnons, nous voici à la recherche de la « doline en contre-bas de laquelle s’ouvre le gouffre ». Il est 11h30, cette fois on est bien question timing.

A chaque sortie son sketch vous allez dire, mais bon, je fais 20 mètres, et hop, je trouve une magnifique doline, bien profonde, en tête de laquelle 2 magnifiques foyards nous accueillent en mode, « posez vos AN ici »… 15 à 20m plus bas, un amas de roche le long d’une sorte de fracture rocheuse, un trou noir… pour moi, c’est clair, c’est là !

Quelques nœuds plus loin, et l’immense banane au visage de jouer avec mes propres cordes orange fluo si souples en 9mm, me voici en train de descendre en poignée longée jusqu’au bas de la doline…

Stupeur, le trou noir et colmaté par des tas de feuilles mortes sur plus de 50cm d’épaisseurs, dans lesquelles s’enchevêtrent des bois morts, et des pierres moyennes à grosses…Je commence à faire de la place, et après 5 grosses minutes de nettoyage, il apparait que 2 grosses caillasses refusent de bouger dignement, et retombent de là où elles viennent systématiquement. Je m’acharne pendant 5 minutes supplémentaires, et dégoulinant de sueur, je me tourne vers Mél lui demandant si elle ne voit pas quelque chose de plus évident dans les parages, parce que plus je creuse, moins ça ressemble à une entrée de grotte !

Elle est bien plus efficace que moi, et après quelques instants, j’entends « piailler » : « c’est ici l’trou ! » Arff… c’est ballot hein ? Allez, faux départ, on remballe tout et on se déplace de 80mètres plus loin, dans la pente de cette colline, et là, pas de doute ! Le gouffre a une immense gueule bien béante ! Rien à voir !

Les arbres sont marqués des derniers amarrages qu’ils ont supportés. On les garnit de nos sangles, et c’est re-parti mon kiki ! une fois le plan incliné descendu en laissant gentiment glisser la poignée, me voici à chercher ce qui pour moi est mon premier équipement sur spits ! et là, c’est moins facile que les broches, car déjà, on les vois peu, mais en plus, le doute s’installe car il y en a partout, dont une bonne partie qui semblent en piteux état. Après un peu de réflexion, la logique semble s’imposer, et j’équipe une main courante tendue (souvenirs des conseils de Jean-Lou à la Belle Louise, merci) qui me permet d’arriver sur une descente bien verticale enfin de margelle rocheuse, sans friction de corde.

Par chance, les plaquettes se vissent tout seul dans les inserts, donc rien à bricoler de ce côté. Quelques minutes après, nous voici à la base du P11, où une forte odeur de produit chimique, type pétrole ou autre plastique brulé plane… peu rassurant. La base du puits donne d’un côté sur une zone en cours de désob, et de l’autre sur la poursuite de la cavité. L’odeur de plastique est bien plus forte du côté désob, et j’imagine qu’au vu des fils électrique encore fraichement tendus au beau-milieu du passage, et des nombreux sacs blancs remplis entassés ça et là, que des tirs récents ont dû avoir lieu. On continue donc notre visite par le chemin normal, et arrivons après la descente d’un court ébouli dans une grande salle. Il faut franchir un pont de pierre fait d’une voûte naturelle.

Un puit étroit descend sous cette arche, mais nous préférons pour l’instant nous concentrer sur la visite décrite dans le topoguide. Nous traversons donc, et arrivons dans une salle encore plus grande, remplie de coulées de calcite et de stalagmites. Les piliers formés, couvert de calcite, sont magnifiques.

A la base de la salle, la pente nous mène vers un goulet plutôt étroit, avec quelques ressauts formés par des blocs enchevêtrés là. Ceci débouche sur une nouvelle galerie en diaclase, et nous voici au pied d’un ressaut à escalader d’environ 2,50 m de hauteur… rien de bien compliqué, mais le sol est glissant comme tout. Je franchis l’obstacle avec prudence, et pose une corde à Mél qui reste toujours plus prudente ! La magnifique corde « à couper » de Jean-Lou, récupérée lors d’un récent exercice dans la grange et prise dans le kit « au cas où » nous aura été bien utile pour ce passage 

Nous voici au pied de ce que la topo nomme « une courte escalade exposée »… Tu m’étonnes ! On s’était dit qu’on verrait sur place, et bien heureusement pour nous, il y a bien un équipement en fixe ! Et qui plus est, l’équipement est sain, corde nickel, amarrage également, c’est top ! Je me pends dedans pour vérifier que tout est correctement installer 8m plus haut. Mais franchement, je ne m’imagine pas un instant tenter l’escalade sans cette corde en fixe ! Ouf, nous sommes chanceux que tout soit ainsi présent.

Hop, bloqueurs installés, et me voici en haut de cette belle petite verticale. LA sortie est un peu rock n’roll quand même, car le sol est vraiment glissant et tout en dévers, et il faut un peu jouer les acrobates pour s’extirper jusque sur le côté et poser les 2 pieds hors du vide. Mel me suit, et nous voici dans une entrée de galerie aux dimensions plus modestes, mais remplies de coulées de calcites, formant des boules et des coulées bien lisses sur les parois. Ayant grimpé de quelques mètres il faut se faufiler dans une première étroiture, en montée, au milieu de gros blocs rocheux, sans doute issus de la chute de l’ancien plafond de voute. Ca passe assez facilement tout de même. Le haut est un peu moins facile à lire quant à$ la progressions, et on s’y reprend à 2 ou 3 fois, à tour de rôle, à faire le tour de toute cette petite salle dont le sol est fait de gros blocs plus ou moins stables

et où il faut rester prudent pour ses chevilles ! Ca glisse, le plafond est bas. Il semble toutefois qu’un espace étroit dans le sol vers le fond de la salle soit la suite de la progression. J’y descends prudemment. C’est bon, mes pieds trouvent une suite facilement. Et ce ne fut pas pour rien ! Je pense que c’est vraiment là tout le cadeau de cette visite de gouffre ! Une première partie de la salle est garnie de stalagmites au milieu desquelles il faut se faufiler. On a l’impressions d’être des géants au milieu d’une cavité miniature.

La zone plus humide qui suit recèle des gours et flaques complètement inertes, entourés de colonnettes et concrétions verticales diverses est tout bonnement splendide ! La couleur est claire, la calcite immaculée. Woouah ! On est émerveillés de cette beauté qui semble bien plus préservée que la partie précédente de la visite, certainement du fait de cette escalade qui préserve des visiteurs peu respectueux et trop nombreux du passé…

Quelques enjambées plus loin, la calcite a raison des volumes nécessaires à notre progressions, et la cavité queute. C’est finalement court, mais vraiment beau ! On ne doit pas être bien loin de la surface a priori, juste quelques mètres en dessous, car nous sommes presque autant montés que descendus dans cette exploration. Le chemin du retour est simple, juste un peu flippant de se laisser glisser pour redescendre cette verticale de 8m bien glissante. Les contorsions pour remonter l’étroiture sont également bien sympathiques, mais ce n’est qu’un très court passage de moins d’1m, donc facilement faisable, même pour un « pas-souple » comme moi.

Il est un peu moins de 15h30 lorsque nous ressortons, tout s’est super bien passé, et on n’est même pas sales…enfin, « presque » même pas sale, ce qui veut dire qu’on est propre en se voyant à l’instant t, mais que finalement tout est quand même bien blanchi par les passages des étroitures

Une jolie petite cavité, bien à l’abri de tout risque aquatique, à découvrir pour les celles et ceux qui sont un peu plus loin que nous du site où elle se trouve.

Et une immense satisfaction personnelle à cette nouvelle petite étape de sortie de cavité dite simple, mais dont l’équipement est plus rudimentaire que les précédentes. Il est encore assez tôt pour filer rendre visite à Guy qui est présent aux journées de la nature sur le site de Consolation ! Zou, vivement la prochaine  Nico & Mél. Les photos de la sortie ICI

OUZENE 7/06/2025

Sortie organisée pour les deux nouveaux venus au club, afin de mettre en pratique sous terre les techniques de progression vues précédemment à la grange et au sentier karstique.

Je mets un mail sur le site du club pour solliciter l’aide de collègues pour m’aider à encadrer. Céline, Catherine, Daniel, Michel répondent banco. Vu les conditions météo le choix se porte sur Ouzène cavité où l’on peut facilement avoir un œil sur les manipes de nos débutants. Temps pourri, on s’équipe sous des rabasses, on accède au trou à l’abri de nos parapluies. Il y a déjà un équipement en place ce qui ne facilitera pas les choses avec des risques de confusion ce qui arriva d’ailleurs.

Céline encadre Sohan qui pour une première se débrouille bien. Pour Xavier, pas de soucis, entièrement autonome et à l’aise car déjà de l’expérience derrière lui.

Après les fractios et dévias nous nous retrouvons devant « l’ex » étroiture un peu élargie depuis le secours du Belge en 2010. Etonnamment malgré les orages et les importantes précipitations de ces derniers temps, il n’y a pas d’eau dans les gours qui précèdent et qui suivent l’étroiture, même le boyau où était coincé le spéléo est à sec.

Retour à la base des puits où nous cassons la croûte, un équipement en place dans le P18 nous interpelle un peu, une espèce de ficelou de diamètre 5.5 mm dont je ne me servirais même pas pour me faire des lacets. Je sais que ce genre de cordelette est l’avenir des équipements de progression, sont fiables, mais je pense qu’il me faudra un certain temps pour me sentir confiant sur ce genre de matos.Puis je remonte en prenant les devants pour aller équiper la galerie supérieure.

Là tout le monde apprécie cette superbe galerie percée de regards sur le réseau inférieur. Puis retour vers la surface avec Michel au déséquipement, un timide soleil nous accueille et nous permet de nous changer au sec.

Tout le monde est enchanté par cette sortie, les nouveaux comme les confirmés. Retour au club, nettoyage du matos ou Céline prise de folie tente de m’asperger avec un tuyau d’ arrosage très mauvaise idée de sa part !  Nous terminons cette belle journée avec une petite bière bienvenue.

Merci à Xavier pour les petits pains et les croissants du matin et à Daniel pour les bières du soir.

Une sélection de photos ICI

Jean Lou

Le Réseau Alain – Borne aux Cassots.

Sur invitation de Christian Vuillemin du Spéléo Club Lédonien (Lons le Saunier), nous poursuivons nos séances photos afin d’avoir une vision exhaustive de l’ensemble de cette cavité dépassant les 22km de développement.

Cette fois, notre objectif sera le Réseau Alain qui débute à 1600 mètres de l’entrée et qui s’étend sur plus d’un km. Emmanuel Baud vient nous prêter main forte pour   

transporter tout ce matériel sur place et également jouer le rôle de modèle…un jour férié avec tarifs de nuit, ça va nous coûter un bras ! La météo est favorable et les niveaux d’eau ont de bonnes chances d’être au top.

Je connais cette branche pour y être venu en sortie club à l’initiative de Damien en octobre 2021 ….C’était la première fois que je mettais les pieds à la BAC et depuis, je ne compte plus !

On commence à être bien rodés, Christian a toujours plein de choses à nous raconter sur cette cavité décidément pas comme les autres. On ne progresse pas trop vite au début, histoire de chauffer la machine en douceur et d’ajuster l’habillage.

Quand la surchauffe guette, on a tendance à incriminer le taux de CO2 mais ce n’est pas le cas aujourd’hui.Peu après la vire (maintenant équipée en fixe) nous arrivons au carrefour qui nous concerne. Nous sommes à 1,6 km de l’entrée, la rivière arrive de la droite, sous une voûte surbaissée ressemblant à un ancien siphon.

Par une vire rive droite, nous nous y engageons. On trace dans ce magnifique canyon souterrain en repérant les spots potentiels et il y en a en profusion.  Manu nous avoue qu’il préfère encore le réseau pourri, trouvant cette galerie parfois monotone !

Nous ne manquerons pas de le charrier à chaque spot incontournable en lui signifiant qu’il fait quand même son difficile ! Une heure de progression plus loin, nous voici bientôt rendus. On casse la croûte dans un endroit qui semble bien avoir été aménagé pour cela.

Sur le retour, les modèles se relaieront à tour de rôle en indiquant ça et là des suggestions de spots. On avance bien car il n’est nul besoin de remballer tout le matos entre 2 images.

Photo où l’on voit les vermiculations supposées.

Lors de cette journée sous terre, nous aurons une belle surprise mais il faudra attendre que Christian scrute les images sur son ordi et qu’il nous en fasse part.  Sur le plafond d’une des photos, il est possible que ce que l’on voit soient des traces géantes fossilisés de vermiculations. Si c’est le cas, elles sont magnifiquement conservées et très complètes. Pour être plus précis, il s’agirait apparemment de terriers de crustacés fouisseurs genre petits crabes. Ces terriers se fossilisent différemment du milieu où ils évoluent. Formations assez banales mais très souvent fragmentaires. Ici, on peut carrément suivre la balade de la bestiole.

Sur le chemin du retour qui nous conduit vers la lumière du jour, Christian prend congé de nous un moment pour aller dans « sa cave ». Dehors, il nous en confiera la raison : c’est aujourd’hui son anniversaire ! HAPPY BIRDAY Christian !!!

Cette journée fut un réel plaisir à remettre au couvert sans modération ! Une sélection de photos choisies ICI

Guy

La Baume de Revigny, une grotte refuge chargée d’histoire.

Cette cavité située dans la reculée de Revigny, au sud de Lons le Saulnier, est particulièrement intéressante pour la photographie spéléo.

Guy s’y était déjà rendu à deux reprises et c’était donc une formalité pour trouver les entrées. Celles-ci, situées au pied d’un banc rocheux une cinquantaine de mètres sous le plateau, sont idéalement placées pour s’y réfugier et ont été largement utilisées dans un proche passé. Nous avons installé une corde de quarante mètres pour rejoindre un petit « sentier » de chamois qui nous a rapidement conduit à destination

Ce qui nous intéressait n’était assurément pas la visite d’une classique, au vu du développement de la grotte, ni sa riche histoire (https://juraspeleo.ffspeleo.fr/grottes/revigny/historique/refuge.htm), mais plutôt la beauté que ses galeries peuvent révéler sous les éclairs de nos flashs.

Guy et je l’en remercie, m’a servi de guide, d’assistant et de modèle… Le grand luxe ! J’ai découvert une cavité magique pour la photographie souterraine, tenant plus du confortable « studio » souterrain, que du milieu froid, humide et glaiseux que nous avons l’habitude de côtoyer.

C’est un lieu ou l’on peut (ou pas) sentir la charge des drames passés et la force de l’occupation humaine. Il est d’ailleurs triste de constater que nos contemporains ont cru bon de couvrir les parois de flèches rouges très disgracieuses. Mais grâce à la magie du numérique elles ont disparu de mes photos ! J’ai essayé, pour le fun, quelques prises de vue en light painting, misant sur la patience de Guy et je lui ai demandé également des poses inhabituelles (avec une petite mise en scène).

En résumé, une séance photo passionnante, dans une cavité qui serait parfaite, si elle était plus proche, pour accueillir les stages photo de Montrond le Château.

Encore un grand merci à Guy. Gérard Une sélection de photos ICI

La grotte de la Fontaine Boudot, vers Bretonvillers (25)

Voici une petite cavité bien hors secteur pour nous et également hors sentiers battus.

Dans l’inventaire spéléo du Doubs tome 4, page 344, on y apprend que même le GCPM y a bossé dans les années 90 mais sans résultats conséquents.

L’entrée n’est pas évidente à trouver mais Romain est notre hôte et il connait …. donc on le suit avec confiance. (voir plan joint  47.211995, 06.595565 )

A 150 mètres du parking, on monte dans la pente raide jusqu’à rejoindre un autre chemin forestier. Celui-ci longe une crête dont il faut s’approcher pour chercher une faiblesse qui permette de basculer de l’autre côté, au pied d’une falaise.

Arrivés au pied du banc, longer à droite sur une trentaine de mètres pour tomber sur la petite entrée , dans un éboulis.

De dimensions modeste, à peine 70 mètres de développement, les volumes sont esthétiques avec des parois concrétionnées et couvertes de mondmilch.

On passera une bonne heure à s’appliquer pour sortir 2 ou 3 clichés qui sortent du lot.

Merci Romain pour la découverte. Guy Une sélection de photos ICI

Séance photo au gouffre du Champ d’Aigle

La salle terminale (photo Romain)

Cette cavité hors secteur pour nous, est située sur la commune des « Terres de Chaux » entre Belleherbe et Saint Hippolyte. Son dénivelé avoisine les 100 mètres pour un développement d’à peine 250 mètres.

Romain se propose de nous y accompagner, Daniel et moi, pour une séance photos. On nous la présente comme une perte pas très active aux profils atypiques et austères… bref, il y a une ambiance à découvrir ! Son existence est récente puisque les désobs ont commencé au début des années 90.

Plus récemment (printemps 2025), le GSAM y a effectué une coloration au niveau de la cascade située au fond du gouffre. L’eau est ressortie bien plus tard en rive gauche du Doubs, au niveau du village de Bief. Quand nous nous insinuons sous terre, la météo est aux averses mêlées d’éclaircies, mais rien de bien méchant.

Le début n’est pas bien large mais on ne coince jamais, même avec nos kits bien pleins. On se laisse descendre les pieds devant, en suivant les recommandations éclairées de notre hôte. Par un boyau incliné, on débouche au-dessus de la seule verticale à équiper du gouffre : un P8 en balcon nous faisant découvrir une salle quasi circulaire et chaotique.

La partie intime prend bientôt fin, encore un passage sous un éboulis suivi d’un laminoir et une trémie…. Ça y est, on est debout ! Le sol présente une déclivité très régulière et il est jonché de dalles tombées du plafond. Le profil qui en résulte est très souvent triangulaire et nous progressons dans l’un de ses angles.

On ne voit pas de grosses traces de mise en charge, l’eau circule peut-être tout simplement sous nos pieds. Le terminus se présente en une grande salle oblongue très déclive elle aussi. Les empilements de strates ressortent de chaque côté pour donner un profil rectangulaire. Une cascade (qui ne coulait pas beaucoup aujourd’hui) en occupe la partie basse.

Romain met en image ce beau volume dans les 2 sens. Quant à Daniel et moi, nous nous concentrerons sur ce profil triangulaire qui est à mon avis l’une des « cartes de visite » du gouffre.

A noter que nous n’avons pas été incommodés par le CO2 parfois présent dans cette cavité. Encore une belle journée interclub/photo entre amis. Merci Romain pour l’invite.   Guy  

Le Burlandier, 2ème épisode (10 mai 2025)

Photo Jonathan Cervera

C’est une chance pour les cinq petits veinards inscrits en premier pour la visite de cette
cavité, qui est nous a t’on dit sans doute la plus jolie du département de l’Ain. Michel, Jean Lou, Damien, Alain et moi même sommes accompagnés par Guy , qui a organisé pour nous le timing et la remise des clés à Oyonnax.

Il y a tout de même un petit bout de route depuis le Doubs, et nous commençons par un petit
repas au bord du chemin, en partageant quelques nouvelles.

L’accès se fait par une toute petite entrée entre deux arbres, à côté duquel on passerait
aisément sans même le remarquer. Il faut un courageux volontaire pour s’y glisser tête en premier ,muni de la clé et d’un petit miroir , apparemment indispensable pour réussir l’opération d’ouverture, le cadenas se trouvant de l’autre côté de la porte.

Photo Jonathan Cervera

Damien s’y colle et s’en sort avec les honneurs, tandis qu’à l’arrière, les cancres du GCPM font les pitres dans la file d’attente ( pitreries athlétiques tout de même il faut le reconnaître).

Les premiers mètres sont franchement laborieux , le ramping est assez infâme, étroit,
mouillé, gravillonneux. Les coudes les genoux et les estomacs sont à rude épreuve.

Amis, par ce passage secret, et une fois vaincu cet obstacle, nous accédons à une vaste galerie, joyau de la fistuleuse qui, délicate et translucide ,orne tous les plafonds . On s’y déplace comme dans un musée, en prenant le temps de l’admiration, et avec beaucoup d’égard pour ce fragile monument souterrain.

Photo Jonathan Cervera

On ne peut que comprendre la nécessité d’en limiter et contrôler les accès afin de la
préserver. Nous prenons le temps qu’il faut, pour bien l’apprécier et la photographier .

Nos chaussures et nos vêtements soigneusement lavés par le ramping aquatique ne souilleront même pas
ce décor , qui a gardé toutes ces jolies couleurs. Une grande inspiration pour trouver le courage du chemin du retour et toute la petite troupe
retrouve l’air libre et le rayon de soleil pour se sécher et boire un petit café. L’après midi est à peine entamée et Michel et Julie nous proposent de nous faire découvrir
une cascade particulièrement esthétique non loin de là…

effectivement l’endroit valait bien ce petit détour ! On tentera aussi une visite de Dinoplagne , un site ou l’on peut admirer les empruntes laissées par les pas des dinosaures. Sans succès puisque c’était fermé.

Un grand merci à Guy pour nous avoir fait profiter de cette opportunité, et aux spéléos
locaux qui gèrent cette cavité. Une sélection de photos ICI Céline

Quatre décennies plus tard…

C’est une vidéo ( https://www.youtube.com/watch?v=H9s8sIRhyIc ) qui m’a donné envie de retourner dans le trou du Deujeau, près de 40 ans après mes sorties d’initiation dans cette cavité haute saônoise.

Guy et Daniel ont déserté l’arc jurassien pour l’occasion et nous nous sommes retrouvés pour une séance photo dans ce haut lieu de la spéléologie locale. Il convient sans doute de rappeler qu’il s’agit de l’accès « historique » à la rivière souterraine d’Arbecey, qui ouvrit la porte au réseau du Chaland (10 206m pour 43 mètres de dénivelé). Grâce au repérage très précis par GPS, nous avons rapidement retrouvé l’accès à la buse d’entrée située dans un bosquet au milieu d’un champ de blé.

Guy a installé la corde avec une déviation judicieusement placée pour rendre la sortie confortable. La base du puits étant relativement exiguë, il a fallu pousser un peu les gros kits photo pour trouver un passage. Étant (théoriquement) celui qui connaissait la grotte, je me suis engagé en tête, vers l’aval du ruisseau qui drainait quelques litres secondes.

Très rapidement, un passage exigu et aquatique est shunté par un boyau désobstrué dans une trémie, puis un court méandre demandant une reptation donne accès à une belle galerie. Je n’avais pas souvenir de ces deux obstacles et je me suis demandé comment je faisais, dans les années 80, pour encadrer des groupes à cet endroit !

Après quelques mètres on tombe sur un affluent qui nous à offert quelques spots photo très sympa. On a pu observer que l’eau, même souillée par nos passages, pouvait encore servir de miroir pour notre modèle !. La suite de l’actif principal est constituée de confortables méandres cupulés, entrecoupés de zones ébouleuses. Nous décidons de partir en repérage en direction du siphon d’accès au Chaland. Lorsque nous avons localisé suffisamment de spots photos potentiels pour le retour,

nous abandonnons nos kits pour une visite de la cavité en mode léger.La balade reste très agréable et après un passage bas aquatique, qui marquait le terme de mes sorties d’initiation, nous progressons rapidement dans le ruisseau qui garde toujours un profil méandriforme. A l’approche du siphon le plafond s’abaisse et nous décidons un repli stratégique pour garder du temps pour les photos.

Daniel, que rien n’arrête, pousse un peu plus loin pendant quelques minutes jusqu’à une escalade dans la partie terminale. Un petit casse-croute et reprise des photos dans une ambiance agréable. Nous n’avons pas eu à souffrir du froid ayant, par précaution, enfilé des néos légères. Nous avons passé six bonnes heures sous terre.

Que dire de cette petite rivière souterraine… On retrouve par endroit des profils de galerie assez conséquents qui rappellent le Chaland. Très peu de spéléothèmes, mais des profils de galerie réguliers et agréables tant pour l’œil que pour la progression.

Il s’agit effectivement d’une belle cavité pour l’initiation, quelque peu estompée aujourd’hui par la proximité du Chaland.

Une selection de photos ICI Gérard

Gouffre du Brizon !

Je me suis porté volontaire pour faire le compte-rendu de la sortie spéléo du 23 mars mais comment être original sur une sortie dont plusieurs CR sont tombés ces derniers jours…

Effectivement, ma sortie fut au Brizon…vous comprenez donc mon problème ! Je vais essayer quand même…. Ce fut donc par un beau dimanche que Alain, Jean-Lou et moi nous retrouvâmes au refuge histoire d’aller cacher nos jolis minois du soleil de printemps.

Au départ, j’avais proposé le Gros Gadeau mais avec les pluies des jours précédents et les kilomètres à faire pour au final, peut-être, ne pas descendre, je propose le sempiternel Brison et son alignement de puits. Donc, nous voila parti à préparer nos 3 kits et direction la fin du village.

Une fois sur place, Jean-Lou équipe la première partie à vitesse grand V, connaitrait-il pas le trou par cœur ? je le suis et Alain ferme la marche. J’équipe la deuxième partie du trou, et là, surprise ! l’étroiture s’est rétrécie c’est certain ! J’ai un peu de mal à passer et ça ne peut être que l’étroiture c’est sûr !

Une fois, tous en bas, et bien il faut remonter, on se partage le déséquipement de la 2ème partie du trou qui est la 1ère quand on part du fond…Alain s’occupe de la 2ème qui est donc, vous l’avez compris la 1ère partie en partant du haut. Une fois à la surface, on se change au soleil et partons voir l’entrée de la Baume des Grettes, Alain ne  la connaissais pas ni son histoire,

, sur place, nous nous rendons compte que ça fait très longtemps que personne n’est descendu, les ronces ont envahi la grille d’entrée. En repartant, on s’arrête aux Cavottes ou le SSF 93 est en plein exercice évac, petite discussion avec 2 sauveteurs qui attendent devant leur système que le brancard arrive puis retour au refuge pour le casse-croute et nettoyage du matériel.

Voilà, j’ai essayé de faire au mieux ce CR du Brizon qui sera peut-être le trou le plus raconté de 2025….

Jean -Marc

Dimanche 31 mars, formation secours , acte 2

Un peu en complément de la journée déjà organisée par Manu et Jean Lou le jour de l’AG,
nous avions prévu cette rencontre aujourd’hui pour évoquer le secours sur corde et la mise en place d’un point chaud suite à un accident.

Aujourd’hui nous sommes 10 : toujours Manu qui a pris le temps d’aller nous chercher le kit
ASV juste avant, Jean Lou, Paul qui est venu nous enseigner le dégagement pédale crolée , Daniel,
Mélanie, Nicolas, Emilie, Alain , Xavier pour qui c’est le premier jour à nos côtés, et moi.La matinée se déroule dans la grange, et nous nous exerçons avec un certain succès cette fois
au dégagement d’un blessé par le bas, avec la technique du balancier pédale crolée et celle du
couper de corde.

Le petit repas sur la terrasse VIP du club est bien appréciable au soleil , et on se réchauffe un peu après l’atmosphère frisquette de la grange.

L’après midi tout ce petit monde déménage joyeusement aux Cavottes. Nous y entreprenons de construire un point chaud à la salle du Chaos, et étudions plusieurs possibilités en fonction du matériel à disposition, de la version ‘juste quelques couvertures de survie

‘ à la version grand luxe
avec le point chaud Résurgence emprunté pour l’occasion par Paul à Remi Limagne. L’occasion de
découvrir tout l’intérêt d’emmener sous terre ce type de matériel somme toute léger , peu
encombrant et potentiellement franchement utile.

une petite bière partagée de retour au gîte et un grand merci à ceux qui ont fait l’effort devenir partager leurs connaissances !

PS : Par mail à tous les membres un récap PDF des étapes du balancier.

Céline