Ballade karstique en Haut Jura

Voyant que l’heure de la retraite ne va pas tarder à sonner, je ressens comme une envie irrépressible d’en avoir un avant goût  …   une virée photo, voilà ce qu’il me faut !
Franck n’est malheureusement pas dispo… tant pis, j’irai seul.

Le département du Jura regorge de sites karstiques dignes d’intérêt.
Je commence par la grotte des Sarrazins, vers Longchaumois. Sur Basekarst, ils parlent d’un beau phénomène illustrant bien les plissements jurassiens… Hum ! Elle se situerait à côté d’un ancien cimetière de Pestiférés … Ah !
Le descriptif est éloquent : Il s’agit en fait plus d’un abri sous roche que d’une véritable grotte mais le porche fait quand même environ 30 m de large, 2,5 de haut pour 10 à 12 m de profondeur. Elle est creusée par gélifraction sous une strate dans une zone de flexure très marquée où l’anticlinal de Longchaumois retombe sur la vallée de la Bienne.

Un bon sentier bien indiqué y conduit (1,4 km). Un seul mot me vient à l’esprit en arrivant sur place « Surprenant ». Cela ne ressemble à rien d’autre que je connaisse.
Voilà un beau challenge photo … pas si simple de trouver les bons angles de vue qui donneront une bonne idée de l’ensemble. L’objectif 9-18mm me sera bien utile.
Heureusement, l’appareil est équipé d’un intervallomètre : Je programme des séries de déclenchements à intervalles prédéfinis. Cela me permet d’aller donner les échelles sans être obligé de courir ! Pour ce genre d’endroit, c’est important d’avoir ce repère de grandeur pour se faire une idée juste de l’ampleur du site. Je n’avais qu’une hantise, c’est que le soleil s’en mêle et que je crame tous les contre-jours … il pleut et je suis à l’abri…que demander de mieux !

Seconde étape : j’irais bien du côté de Lamoura pour aller voir à quoi ressemble la grotte du Célary également pointée sur les cartes IGN.
Là aussi, il faut marcher un bon quart d’heure pour y parvenir.
L’entrée de la grotte se situe en falaise et on descend une soixantaine de marches pour y accéder. Devant l’entrée, je me demande comment elle a été repérée car c’est impossible de la deviner depuis le bas du banc rocheux. Ce n’est qu’en pénétrant à l’intérieur que j’ai l’explication : Au fond de la cavité, un puits rejoint le plateau et c’est par là que les spéléos sont descendus la première fois !).
Si cette grotte s’était trouvée en Loue-Lison, il y aurait eu peu de chance pour qu’elle soit aménagée de la sorte. Avec leurs milliers d’hectares de forêts, les communes de ce secteur sont riches. Pour que les locations liées au ski restent garnies à la saison chaude, les collectivités font des efforts pour que les séjours soient agréables.

Sur le chemin du retour, je fais une halte photographique du côté de Saint Laurent en Grandvaux.
Sur la commune proche des Chauvins, j’avais déjà cherché un lapiaz présenté comme un des plus beaux du massif jurassien mais les photos ne correspondaient pas avec ce que Franck et moi avions trouvé.
Cette fois-ci, j’ai apporté une carte vu du ciel bien utile car les zones rocheuses sont en plein champ. Je fais le tour de tous les « tas de cailloux » du coin et au bout d’une demi- heure, c’est bon : une magnifique dalle inclinée se présente devant moi. Les rigoles creusées par les ruissellements sont effectivement exceptionnelles. Le soleil joue à cache-cache avec les nuages et j’en profite pour mettre en évidence les creusements de la roche.
Je rentre enchanté de mon périple solitaire. Il ne me restait qu’à vous le faire partager avec ces quelques lignes. Peut-être cela vous donnera t-il envie d’aller les découvrir ?

Les plus belles images ainsi que les localisations des sites visités   ICI

La belle descente de l’ascension : le gouffre de la voie aux Vaches 

L’histoire se passe par un merveilleux jeudi ensoleillé, digne du mois de juin à venir…
Thomas, quelques jours plus tôt, avait imaginé cette sortie dans le réseau des Essarlottes .
Malheureusement , le sort en décida autrement pour lui, obligé de remettre sa voiture en état après une sortie de route la veille ( tentative de d’exploration d’une doline en voiture?).
Je rejoins donc au point de RDV à Gevresin une équipe composée de :
– Jean-Lou ( mon formateur officiel , une main de velours dans un gant de fer, à l’inverse du
dicton)
– l’incontournable Christophe
– Sa fille Emilie, crapahuteuse méritante
– et Micka, membre du GSD et néanmoins fort sympathique
Tandis que nous nous préparons à la descente (chacun se demandant si par ce temps, une randonnée ne serait pas plus agréable …) , nous avons la surprise d’ être rejoints par un groupe de spéléos touristes, venus du nord de l’Angleterre. Une discussion s’amorce alors, pour savoir qui d’eux ou de nous descend en premier, et quelle est la meilleure voie d’accès à la galerie Jackpot. En définitive , nous choisissons le voie aux vaches, tandis que eux passeront par l’entrée numéro 1.
Nous trouvons cette voie déjà toute équipée, avec de la grosse corde certes difficile à faire
coulisser dans le descendeur mais tout de même bien pratique : pas de corvée d’équipement et déséquipement aujourd’hui !
Une petite porte au fond d’une doline s’ouvre sur une série de puits , entrecoupées de
quelques méandres plus ou moins étroits et sinueux, juste ce qu’il me faut pour réviser ma technique. Nous rencontrons aussi une portion quelque peu instable, maintenue par des étais et du grillage, et il nous faut faire bien attention à ne pas prendre appui sur certains rochers qui menacent de s’ébouler dans cette zone.
Après une série de ramping avec pour seul horizon les semelles des bottes de Jean
Lou…OOOhh surprise ! Nous débouchons dans la vaste salle Victor, cavité impressionnante, grande comme un hall de gare. 

C’est tout un autre univers qui s’ouvre à nous ici. L’endroit est tout indiqué pour le pique nique, et la faim commence à se faire sentir….

Le repas est l’occasion de discuter de la suite de l’expédition , topo en main : allons nous du côté de l’aval, où il reste potentiellement une cheminée non explorée d’après Micka, ou bien au contraire poursuivons nous vers l’amont, par la très belle galerie Jackpot ? Christophe et Jean Lou nous expliquent aussi le long travail de désobstruction qui a été nécessaire pour mettre à jour cette cavité, et je complète un peu mon répertoire de spéléo ( qu’est ce qu’un réseau fossile/actif? Qu’est ce qu’un collecteur ?).
Le ventre bien rempli, nous décidons finalement de faire un bout de chemin vers l’amont, quitte à revenir voir l’aval sur le retour….
La suite est un véritable régal, paysages magnifiques, vasques d’eau claire, et un vrai terrain de jeu pour crapahuteurs.
Cerise sur le gâteau, il suffit de se baisser pour ramasser des fossiles d’ammonites noirs et lustrés , de vrais petits bijoux.
Il faut que je m’arrache à cette contemplation pour suivre le reste de l’équipe qui progresse déjà plus loin… Christophe nous fait remarquer qu’il faudrait revenir ici faire quelques photos !

Sur notre chemin nous découvrons un phénomème éphémère et fragile.  De la mousse se forme sur l’eau à l’aval d’un mini cascade, mais ce qui est superbe, c’est la forme que prend cette mousse sur le petit bassin à l’aval de la cascade.
Le phénomène est tellement fragile qu’il aura suffit d’une goutte d’eau pour tout disperser

Nous arrivons bientôt au bout de cette expédition, arrêtés par une mare de boue, juste avant
le siphon qui ferme l’amont.

Il s’écoule ici à grand fracas une rivière souterraine sortie d’on ne sait où. Une question se pose ici : mais que sont donc devenus les anglais, que nous étions censés croiser le long de cette galerie ?
Nous rebroussons chemin , mais alors que Jean Lou et Micka sont déjà loin devant, Emilie se retrouve les bottes scotchées dans la boue, faisant ventouse ! Je lui lance une corde pour l’aider à s’extraire et repense en riant à une scène mythique du film « la chèvre », dans les sables mouvants :
CAMPANA:-qu’est ce qui vous arrive encore ?
PERRIN :- je ne sais pas je m’enfonce.
CAMPANA:-vous allez arrêter de faire le pitre quand je vous parle ?


Mais tout finit bien et nous rejoignons vite le peloton de tête.
Nous apercevons sur le parcours retour l’abouchement de la voie d’entrée numero 1 (et toujours pas
d’anglais).
De retour dans la grande salle Victor, nous croisons enfin 2 anglais esseulés et qui ont
vainement cherché leur chemin vers l’aval. Heureusement, Emilie maîtrise bien l’anglais et Micka leur donne en cadeau ( oh thank you, it’s a gift ?) la topo de la cavité qu’ils n’ont pas (engagés jusque là sans la carte????). Nous n’en avons plus besoin car nous remontons, un peu pressés par le temps. La remontée se fait sans encombre et, donc ,sans déséquiper.
Comme chaque fois il est bon tout de même de retrouver la lumière du jour, et nous partageons dans la bonne humeur un petit café et quelques bières.

    

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Micka met à notre disposition une invention de son cru, ma foi fort utile et ingénieuse :
un jérrican équipé d’une petite pompe, elle même alimentée par une pile . Le tout avec du savon, cela fait une fontaine idéale pour retrouver des mains propres avant de prendre le volant !

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Nous voici à nouveau tout frais, et nous nous lançons du coup dans quelques débats hautement philosophiques, voire métaphysiques :

– peut on considérer comme une bonne action écologique de ramener un serpent trouvé au fond d’une grotte dans une bouteille (ou une capuche !!! ). Quel serait le point de vue de la bestiole si elle pouvait s’exprimer ?

-était il judicieux de laisser la topo de la grotte à un groupe d’anglais ayant potentiellement
voté en faveur du Brexit ?

-Dans une course au départ arrêté, lequel d’un photon ou d’un neutrino, gagnerait à la fin et
cela remet il en question la théorie d’Einstein ?

Mais encore et surtout cette dernière :
-prenez par exemple un gars bien sympathique, bon… ajoutez à cela qu’il est inventif ,
prévenant, agréable compagnon de route… bien…maintenant ajoutez encore qu’il est du GSD : cela remet il en cause les qualités précédentes ?


Sur celle ci nous sommes un peu secs, et aurons sans doute d’autres occasions de
débattre…
C’est sans aucun regret pour la randonnée perdue ce jour là que je repars chez moi, décidément enchantée par ces sorties spéléo. Celle ci fait partie de mon très modeste best of !

D’autres photos ici 

Céline.

Les flashs crépitent au Cul de Vau

Gérard suggère une sortie photo en ce samedi 01 juin ; Ca lui plairait bien qu’il y ait de l’eau … alors pourquoi pas le Cul de Vau.
Le GCPM y était il n’y a pas si longtemps pour une sortie initiation et rien que dans les 500 premiers mètres j’avais repéré pas mal de spots aquatiques.
Si on ne prend pas de photos, cette galerie dite « du Grand Lac » peut sembler monotone mais en y regardant de plus près, c’est un beau profil de canyon souterrain pratiquement droit.

De plus, l’eau est claire (…ce qui n’a pas toujours été le cas)

Je gonfle un bateau dès le début de ce très long bassin et on charge le matos dedans.

On poursuit jusqu’au premier gour crevé et on commence la séance en rebroussant chemin.
Je monte dans l’embarcation pour créer une ambiance « navigation insolite » et là, un bruit de sifflement se fait entendre !

 

Aie, aie !! ça commence bien. … temps pis, on se passera de cet accessoire pour cette fois.

 

Les gours crevés portent bien leur nom. On peut passer aisément par l’éventration à la forme carrée. Sur la photo ci-contre on remarque des peintures rupestres « récentes » en haut à droite !!

On ne peut pas dire qu’on se facilite la tâche avec ces conditions plus qu’humides. Les 4 flashs contre-jour sont fixés sur des trépieds et installés à fleur d’eau, dirigés à l’horizontal pour limiter les zones cramées)

Gérard est aux commandes de l’appareil hybride. Il a avec lui une lampe torche pour faire la netteté et un flash équipé d’un snoot. Cet accessoire est une sorte de tube qui se fixe devant le flash : il crée un faisceau de lumière très étroitement focalisé grâce à une grille « nid d’abeille ».

Il permet de cibler l’échelle humaine tout en conservant les zones sombres autour.

De mon côté, j’essaie comme je peux de mettre en scène une impression de photo d’action. C’est quand même plus facile avec les flashs car on évite les problèmes de bouger. De plus, Gérard n’a pas besoin de trépied et il peut moduler les compos plus rapidement.

On y reviendra (avec un nouveau bateau !) pour mettre en image la suite.

 

Guy le 02 juin 2019

Le bois des Angles, vers la Grâce-Dieu

Dernièrement, Benoit me demande de faire des mises à jour sur Base karst….des nouvelles infos (datant de 1987 quand même !) et concernant les cavités situées juste au-dessus du monastère de la Grâce Dieu.

En rafraîchissant les fiches, je me dis que ça vaudrait le coup d’aller y faire quelques photos. Franck connaît déjà une partie du site car il y est allé seul en 2015.
On emmène la tablette pour vérifier les coordonnées.
Le cadre reculé du monastère mérite à lui seul le détour. C’est un oasis de tranquillité .Tous les ¼ d’heure, les cloches de l’église viennent troubler le silence des lieux ….donc c’est supportable ! On n’entend pas le grondement de la cascade de l’Audeux car elle dégringole un peu plus en amont.
Il y a une demi-douzaine de grottes longeant le même banc de falaise.
Franck me fait remarquer qu’il est rare d’avoir une telle concentration de cavités en si peu d’espace. Si lui le dit, c’est que ça doit être vrai !
Grâce au plan d’ensemble qu’avait fait le GCPM en 1987, les entrées se succèdent sans qu’on aie besoin de chercher.
On arrive à la grotte n° 2 qui a la particularité d’être située en falaise mais facilement accessible.
A l’aplomb de celle-ci et 4 mètres en dessous, se trouve la n° 1. Franck ne l’avait pas trouvée à l’époque.

Et là, grosse surprise : Il s’agit en fait d’une conduite forcée courbe qui a été coupée par le recul de la falaise à l’endroit même du virage. Le profil des conduits est très esthétique. La grotte ne fait que 54 mètres de long mais on y passe une heure ! On sort quelques 113 photos ….il doit bien y en avoir une ou 2 de bonnes !!
C’est sûr, on y reviendra avec la technique des flashs pour voir la différence.

Toutes les photos de cette sortie avec les cavités légendées par numéro :     ICI 

Et voilà !, les belles du Doubs ne sont pas que dans les topoguides mais aussi hors sentiers battus pour qui sait les regarder.

La fissure à DéDé – Suite

Le 3 Mars avec Jean Marc nous avions engagé une petite désobstruction dans un trou souffleur

Ce samedi 18 Mai, il n’y a pas grand monde de dispo pour une séance désob ..
Oufs, un p’tit message de Nat .  » moi je peux venir mais ca ne sera que l’après midi »

aller, va pour un après midi désob.
Le trou à DéDé ou trou à Jean Lou est idéal pour une petite séance.
Il y à Nat, Clément et moi et nous ne sommes pas trop à 3 pour porter le matériel.

Nat trouve la zone d’entrée un peu étroite pour travailler et nous commençons par élargir  l’entrée.
Rapidement on aperçoit quelque chose comme un méandre et on poursuit l’élargissement dans la faille coté aval.
La suite est maintenant bien visible mais c’est étroit et nous ne sentons toujours pas de courant d’air (Temp extérieure: 15°)

A suivre

Christophe

Mesures de débit dans le ruisseau de la Vieille Folle

 

Le GIPEK (groupement pour l’inventaire, la protection et l’étude du Karst) travaille sur la modélisation des informations hydrologiques du Verneau. Pour ce faire, il est nécessaire de collecter des informations. De nombreuses sondes de mesures judicieusement positionnées enregistrent actuellement les données en  continu dans et hors du réseau. En complément,  il est nécessaire de recouper et compléter les informations avec des mesures ponctuelles sur le bassin d’alimentation dans des périodes très actives.

 

Mercredi 8 Mai 2019.
Il y a Thomas, Nat, Jean Pierre (Sipteurs Fous) et moi.
En matinée, nous sommes allés faire un tour dans la grotte Est du Creux Billard (article ici)
Cet après midi il fait mauvais et un gros épisode  pluvieux est annoncé. Le ruisseau de la Vieille Folle est en crue. Le temps est donc idéal pour réaliser une mesure de débit.
Cette manip va servir de formation à Thomas qui se chargera d’en réaliser d’autres.
(dans l’ombre,Guy déjà beaucoup donné pour l’acquisition de données par mesure de salinité dans ce secteur).

 

 

Le protocole de mesure est simple mais précis : Mise en place d’un enregistreur de salinité dans le ruisseau. Injection d’un volume de sel précis plus en amont au niveau du pont sur le chemin.
Enregistrement de la courbe de restitution (il faut savoir être patient) et stockage des données pour un recoupement plus tard avec les sondes en place.

A terme, il sera donc vraisemblablement possible de visualiser en temps réel les niveaux d’eau dans le Verneau à l’instar de ce qui a déjà été réalisé par les Spiteurs Fous pour le réseau Pontet : faux monnayeurs  (voir ici)

Le travail d’acquisition ne fait que commencer et il va encore s’étendre sur de nombreux mois Ensuite il restera un gros boulot d’analyse d’interprétation puis de modélisation.avant la mise à disposition des résultats.
L’enregistreur de salinité est mis à notre disposition par la DREAL Franche Comté.

D’autres photos ici

Christophe

Redécouverte des Ordons !

SORTIE du 16 Mai 2019

Les Ordons

Hervé Perton avait pris rendez-vous auprès de moi il y a quelques temps déjà pour une sortie aux Ordons.

Il faut dire que la dernière fois qu’il y était descendu c était très peu de temps après que le GCPM ait fait la première.

Je parle de cette sortie à Xavier et i se joint à nous car il n’y est pas retourné depuis le grand nettoyage de printemps réalisé par le club

Nous nous retrouvons au refuge pour préparer le matos, tout ça tient dans un kit.

Arrivés sur site, Xavier équipe, Hervé suit et je ferme la marche.

Descente sans histoire, nous parcourons la galerie. Xavier admire la nouvelle propreté des lieux et le récent balisage nettement plus efficace que l’ancien qui était devenu une référence au niveau national de ce qu’il ne faut pas faire.

Hervé lui n’est pas surpris, il faut dire entre ses deux sorties il n’est pas passé par la case saleté.

A la remontée il en bave un peu ce qui est compréhensible quand on sait qu’il ne fait qu’une sortie par an.

De retour au refuge, il nous montre une magnifique copie d’arbalète du moyen âge.

Il donne rendez-vous à tout le monde pour les journées du patrimoine qui auront lieu à Montrond.

Une journée à thème sur le moyen âge avec des activités diverses, tirs à l’arc, à l’arbalète et frappe de monnaie d’époque entre autres….

D’autres photos ici

J.lou

Grotte Est du Creux Billard – 8 Mai 2019

Dans le cadre d’un sortie ouverte, Thomas propose d’aller faire un tour dans la grotte Est du Creux Billard. Cette cavité est assez peu voire rarement visitée.

Petit message sur la liste Gipek, et nous nous retrouvons à 4 pour cette sortie.
Il y a Jean Pierre Villegas, Natanaël, Thomas et moi.

L’entrée de la grotte se situe en falaise environ 30m au dessus du niveau d’eau du creux billard en étiage. Depuis plusieurs années, un équipement est en place et il permet un accès facile à la cavité. Les cordes sont vieillissantes et par précaution, Thomas préfère rééquiper le dernier jet  (depuis le bas) 15m plein vide .

Nous profitons de l’occasion pour mettre à jour le pointage de la cavité dont les coordonnées ne sont actuellement pas très précises, mais les falaises perturbent les signaux satellites et les nouveaux points GPS relevés sont encore faux.

Dans le passé, cette cavité était vraisemblablement en relation avec les galeries de la grotte nord et d’après  la topographie, il manque environ 30m de réseau pour réaliser une jonction.

Le réseau présente de belles formes d’érosion sur le parcours.
Après une escalade équipée de  5m, le concrétionnement obstrue rapidement la suite.
On trouve quelques traces de désobstruction infructueuses.

D’autres photos ici

Christophe

 

 

 

A la Légarde !

La Légarde le 11 juillet 1937 par P.WEITE (collection Claude PARIS…Merci Claude )

Thomas lance une « invit » interclub GSD-GCPM …on se retrouve à …2 !
No problème, si on s’arrête à la trémie, le nombre est suffisant pour embarquer les kits de cordes.
Du coup, j’ajoute un peu de poids pour tenter quelques images.
Quand à mon acolyte, il a une idée derrière la tête : il avait repéré un frottement à 3 mètres du bas du P30. Son objectif est d’emmener un perfo et de la cordelette Dyneema pour ajouter une déviation à cet endroit.
A mesure qu’on s’approche du trou, je me rends compte que les sapins sont très hauts. Quand j’ai visité ce gouffre la première fois (voilà 40 ans) ils étaient à peine plus hauts que moi !

Voilà 110 ans que cette belle classique fut explorée par Mr Virieux et ses compagnons. (Mr VIRIEUX était un contemporain et ami d’Eugène Fournier). En dévalant ces verticales dont les hauteurs vont crescendo, je me dis qu’il fallait être sacrément courageux pour descendre à -130 mètres comme ça, compte tenu des moyens de l’époque.
La photo monochrome du début du CR  immortalise une expédition réalisée 28 ans plus tard (en juillet 1937),  conduite par Pierre WEITE. ( Merci à Claude PARIS du GSAM)Dans le grand puits de 42 mètres, on a une pensée pour la spéléo belge Viviane qui, en février 1998, fit une chute mortelle en ces lieux suite à une mauvaise manip.

Ce qui est bien à la Légarde, c’est cette ambiance de cathédrale souterraine dans laquelle on reste finalement assez près de la roche.
L’acoustique est bonne, on n’est pas obligé de gueuler pour communiquer.

A – 71, Thomas sort son perfo allemand flambant neuf pour créer un mini-tunnel afin d’y faire passer de la cordelette … Au bout de 10 petites minutes, je comprends en voyant les yeux pétillants et vifs de mon jeune collègue que l’opération est réussie : plus de frottements !

Après avoir cassé la croûte sur la trémie, on tente quelques  photos depuis la base du grand puits. 2 flashs sont pendus au fractio et envoient plein pot en contre jour pour faire ressortir Thomas. Sur certains clichés , mon modèle à carrément pris feu !! Au final, on en a quand même une de bonne avec en prime , la perspective de la hauteur du puits.

La remontée se fait doucement car nous sommes chargés.(surtout Thomas !!)

Dehors, surprise, les pissenlits blanchissent à vue d’oeil car il neige abondamment (nous sommes un 4 mai ! ) on croise des vaches un peu hébétées qui doivent se demander ce qui arrive !

Et voilà une belle sortie décrassage pour bien se préparer au brevet d’initiateur qui approche à grand pas….

Nettoyage des Ordons

(Participants : Christophe B, Christophe R, Jean-Marc, Julien, Jacky, Damien, Gauthier, Nathanaël, Clément, Gérard, Dominique, Jean-Noël, Olivier, Jacques, Jean Lou et Guy)

Le gouffre des Ordons a été exploré par notre club il y a 28 ans (le jour de l’AG, en janvier 1991).
Du fait de sa fréquentation, la cavité a déjà bien souffert. Les concrétions ont perdu de leur brillance originelle. Les salissures dues aux passages répétés sur et hors cheminement ont fini par défigurer cette cavité si belle au moment de sa découverte.
Et puis il y a l’aspect terni des concrétions. Les lampes à carbure (qui n’existent quasiment plus aujourd’hui …) y sont probablement pour quelque chose.
Il est vrai également que le cheminement qui avait été confectionné « à la va-vite » avec des rubalises, n’était pas des plus gracieux. Quand il était posé à même le sol, il disparaissait rapidement dans la boue. Quand il était « hors sol », il saucissonnait allègrement les concrétions.
Cela fait un bout de temps que nous déplorions cette situation sans pour autant trouver de solutions …et puis un jour, il y a eu un déclic : le karsher !
En y réfléchissant, on s’est vite rendu compte que cette technique pourrait être tout à fait adaptée à ce gouffre. On est soit sur la roche en place, soit sur de la calcite. On est toujours debout pour nettoyer et jamais à l’étroit. De plus, on a le dénivelé des puits pour avoir une pression supérieure à celle d’un robinet. On a le 4X4 de Jacky pour acheminer le matos au plus près et un tracteur pour apporter l’eau sur place. Dernier point qui n’est pas des moindre, on a au GCPM, nombre de spéléos qui seraient facilement partants pour ce genre de chantier.
Dans les points négatifs, nous n’avons aucune expérience en la matière… c’est un peu l’aventure.
Quand on en parle au CDS pour une demande de subvention, l’idée est accueillie plutôt positivement et trouvée originale.
Sur internet, on voit des vidéos efficaces où l’on passe le nettoyeur à haute pression sous terre.
Dominique nous trouve un article très bien fait qui traite du sujet dans un Spelunca (n° 86, année 2002, pages 12 à 19). Dans le paragraphe consacré à la confection du cheminement, on y parle d’ailleurs des Ordons, …. l’exemple à ne pas suivre !
Tout cela ne fait que nous conforter dans notre motivation : Ca va marcher !
Je contacte Roger Lutz, un des spéléos à l’origine de la découverte de la Baume du Coudrier. Il nous donne de bons conseils pour ce qui est de la confection du cheminement.
On rassemble petit à petit tout le matériel nécessaire : tuyaux d’arrosage, embouts, karshers, cuves cubiques de 1000 litres, câbles et rallonges électriques, pulvérisateurs de jardin…
En bricoleur hors pair, Jacky confectionne les piquets du cheminement et prépare la grosse tuyauterie qui va aller des cuves jusqu’à la base des puits.
Avec Jacky, on met tout ça en place pour que tout soit prêt au jour « J ».
La première journée, nous sommes une dizaine de volontaires présents. La journée débute mal avec un groupe électrogène qui donne des signes de faiblesse dès le matin…Pour couronner le tout, les branchements électriques ne fonctionnent pas (mais quand on les connecte correctement, ça va forcément tout de suite mieux !)
Au final, le groupe tiendra quand même toute la journée avec 2 nettoyeurs fonctionnant en même temps.
Nous avons des talkies walkies qui nous permettent de communiquer avec la surface depuis la base du P18.
Pour ne pas se gêner, on commence par nettoyer depuis le fond tandis que l’on met en place le nouveau cheminement à partir de la base des puits.
Les effets des nettoyeurs à haute pression sont spectaculaires car la saleté présente sur les concrétions s’en va facilement.
Certaines concrétions sont plus sales que d’autres ; il s’agit d’argile ou alors de traces noirâtres.
L’action de nettoyer devient vite addictive…ceux qui tiennent la lance ne sont pas pressés de passer la main.
C’est un travail de fourmis mais petit à petit, se dévoile sous nos yeux une nouvelle cavité.
A la fin de la première journée, les 2 équipes se rejoignent vers les concrétions « tam-tams » qui trônent au milieu de la galerie.
Pour la seconde et dernière journée, nous sommes encore plus nombreux (une bonne douzaine de spéléos). Avec un groupe électrogène puissant et en bon état, nous pourrons brancher 3 karshers en même temps. En fait, ce sera le calibre des tuyaux d’arrosage qui deviendra notre nouvelle contrainte.
Dehors, il fait beau. Certains ressortent pour casser la croûte mais on s’arrange pour que les karchers tournent en non-stop.
Une grille métallique est installée au début de la randonnée souterraine tandis que Jacky fixe une pancarte de sensibilisation au respect des lieux juste au-dessus du P18. (Une pancarte définitive prendra sa place et sera écrite en 3 langues.)

 

Quand nous finissons le nettoyage, la nuit n’est pas loin de tomber et il nous faut encore remontrer tout le matos. La journée se finira bien tard dans le local matos du club.

Pour ce chantier, nous aurons consommé près de 7500 litres d’eau ; Nous aurons planté quelques centaines de  piquets métalliques et déroulé quelques longueurs de fil de clôture.
Nous en avons profité pour aménager le ressaut proche du fond afin d’éviter de trop le salir.  En voici le CR de Jean Lou et Jacky :

Brochage aux ORDONS

Après les 2 séances de nettoyage aux Ordons, il avait été envisagé de poser quelques «marches » pour faciliter un passage glissant , peu aisé, les spéléos le franchissant avaient tendance à bien frotter contre les parois salissant celles-ci.

Jacky avait pris des mesures en vu de fabriquer quelques marches genre via ferrata.

Nous nous sommes donc donné rendez-vous au refuge pour poser ces dernières.

En place sur site nous réfléchissons « un peu » à la meilleure manière de poser les 4 marches et les 2 poignées que Jacky a réalisé. En plus il a concocté des gabarits de perçages très ingénieux avec écartements réglables facilitant grandement la pose .Je perce les trous et les nettoie ,Jacky les scelle à la résine.

Tout ce travail nous prend bien 2 bonnes heures, après avoir nettoyé du mieux que l’on pouvait, toutes les traces de résidus liés au perçage.

Nous ressortons au soleil  nous boire une petite bière bien méritée

Les photos de ce chantier  ICI

Le lien d’une vidéo montrant l’efficacité des nettoyeurs à haute pression :  https://www.youtube.com/watch?v=1Xs6H5yeazw&feature=youtu.be

On espère bien que l’attitude des visiteurs va évoluer :
– Pour commencer, éviter de descendre avec une combinaison sale.
-Bien sûr, respecter le cheminement (on a trouvé des traces de pas dans des endroits improbables)
-Pour les groupes encadrés, sensibiliser les nouveaux visiteurs à la protection de ces lieux fragiles.
-Ne pas toucher les concrétions ! Ça laisse toujours des traces