Le gouffre de la Belle Louise

GOUFFRE DE LA BELLE LOUISE

Profondeur : – 116 m    Développement : 857 m

Puits des cannelures

Une légende est à l’origine du nom de cette cavité exceptionnelle. Plusieurs versions existent, mais elles se rejoignent sur l’essentiel. Au temps où le majestueux château dominait le village de Montrond, une jeune fille était fiancée à un pauvre métayer. Mais elle portait plus d’attention aux richesses qu’à la beauté du cœur.

Le puits d’entrée

Elle oublia le jeune homme et se laissa séduire par le vieux seigneur. Après quelques temps, les noces eurent lieu en l’église seigneuriale de Villers. Elles furent suivies d’un banquet où rien ne manquait. Vers minuit, la nouvelle mariée se dirigea vers la chambre nuptiale. Mais un homme la saisit et l’emmena dans la nuit sinistre. Le diable en personne emportait la belle Louise dans son royaume des ténèbres. Le lendemain matin, après de longues recherches, le seigneur et ses gens arrivèrent devant un gouffre d’où émanait une forte odeur de mort. Seuls quelques lambeaux de la robe de mariée étaient encore accrochés aux épines qui bordaient l’abîme. Dès lors celui-ci porta le nom de « puits de la Belle Louise ».

Base du puits d’entrée

Historique :

Eugène Fournier, professeur en géologie à l’université de Besançon, explora la cavité le 22 janvier 1899. Ce fut la première grande cavité explorée en Franche-Comté. Cette date marque donc le début de la spéléologie dans notre région. Un peu plus tard, après bien des péripéties, il s’arrête devant une laisse d’eau qu’il croit être un lac souterrain. En 1936, Charles Domergue franchi l’obstacle et explore les grandes galeries et la salle du fond. Quelques petits diverticules ont été découverts en 1968 par la SHAG (club spéléo de Besançon-Palente), puis par le Groupe Spéléo du Camping Club De France (Paris) en 1984

Galerie inférieure

Description :

La descente s’effectue par le puits fossile de 46 m (sur votre gauche). À sa base, un second puits de 10 m et un ressaut de 2 m permettent d’accéder à une conduite forcée. À ce niveau, on trouve une cheminée correspondant à l’arrivée d’un conduit prenant naissance dans le puits actif d’entrée (puits devant vous, dans lequel s’écoule un ruisseau temporaire provenant du coteau marneux se trouvant sur votre droite). En poursuivant dans la conduite forcée, on se retrouve au-dessus du puits des Cannelures de 20 m de profondeur. En descendant cette verticale et le ressaut de 6 m qui y fait suite, on se retrouve devant la laisse d’eau qui arrêta Fournier lors de son exploration. En la franchissant on trouve :

Salle de décantation

– à gauche de grandes salles de décantation dans lesquels s’ouvre le puits Bidal de 18 m de profondeur.

– à droite, une galerie qui rejoint le puits Billard de 15 m de profondeur, ainsi qu’une autre salle de décantation boueuse : la salle Fourquet. Une vire au niveau du puits Billard permet de se rendre dans une galerie en baïonnette. Vers le terminus de celle-ci, à droite on trouve un petit puits de 13 m.

Puits des cannelures

À l’extrémité, une cheminée de 20 m a été escaladée. Un méandre impénétrable se trouve à son sommet. Les deux points bas de la cavité (puits Bidal et puits Billard) sont occupés par des plans d’eau. Une coloration en 1980 a prouvé la relation du gouffre de la Belle Louise avec le lac terminal de la grotte des Cavottes, et avec la source du Moulin de l’Ecoutot sur la commune de Scey-Maisières. Une plongée du siphon du puits Bidal n’a pas permis de découvrir une suite. Signalons aussi que le puits d’entrée a été le théâtre ces dernières décennies de 2 accidents tragiques ayant coûté la vie à 2 personnes… les abords du gouffre sont dangereux !

Salle de décantation