Un weekend en Hélvétie

Cela faisait un moment que Marcel Guenot nous proposait des dates pour un weekend spéléo en Suisse.  Il nous alléchait avec une visite du réseau de Milandre (une superbe traversée souterraine en rivière) mais à chaque fois, il y avait des indisponibilités, ou encore c’était la crue du siècle dans Milandre…    Mais cette fois, c’est la bonne. Weekend du 1er et 2 Avril , c’est sur, la date est validée.
Nous sommes 5 du GCPM. Moi, Jean Lou, Thomas, Anne Sophie et Virgile.
On se retrouve chez moi à 8h00 (et donc pour une fois, je serai à l’heure…)
Nous covoiturons jusqu’à Fournet Blancheroche pour retrouver Marcel mais aussi Virgile et Anne Sophie qui arrivent directement de Lausanne.
Direction le Creux d’Entier (commune de Châtelat dans le jura Berlinois)
Sur place, nous retrouvons la joyeuse équipe du GS La Roche qui va passer le weekend end avec nous . Une bonne équipe du Spéléo Club du Jura est aussi là pour nous accompagner.
Le SCJ profite de l’occasion pour emmener des jeunes en initiation …
Il est 10h45. Le GS La Roche a déjà attaqué le rouge et le saucisson et rapidement l’opération se transforme en repas de midi improvisé pour tout le monde !
Nous serons une bonne quinzaine à descendre et il ne faut pas trop prendre de retard.
Comme des équipes travaillent au fond du réseau, l’intégralité de la cavité est équipée sauf le puits d’entrée.
Nous avions déjà eu l’occasion de parcourir ce réseau dans les années 2000. C’était avec Denis Michel et ses potes spéléos Suisses et donc, au fur et à mesure de la visite, je me rappelle ces zones déjà visitées.
Au premier palier en bois,Thomas déchire sa combinaison sur un clou et il ne s’en remet pas! Le palier franchi, les choses sérieuses commencent. Une succession de très belles verticales précédées par des vires équipées en câble.
Les équipements ne sont pas tout à fait comme chez nous mais dans les vires il y  a un câble et plusieurs cordes.


Ce n’est pas le jour de Virgile, et il nous laisse continuer sans lui. Dans son repli, il entraine bien malgré lui un jeune Suisse en initiation qui du coup ne se sent pas d’attaque pour les grands puits.
L’équipe s’est scindée en 2 groupes et heureusement, avec nous il y a Cédric (du SCJ) qui connait bien le réseau . Il nous guide depuis le départ, mais arrivé au début d’un petit méandre, il abandonne pour accompagner à la remontée une jeune qu’il encadre.
Il nous dit: « C’est facile, il n’y a qu’a suivre la corde » Il n’a pas fini sa phrase que l’on entend au loin devant jean Lou « C’est par ou la suite ? A droite ou à gauche »  Bon, on s’enfile à droite et au bout de quelques dizaines de mètres, il faut se rendre à l’évidence, le reste de l’équipe n’est pas passé par là.
La suite, c’était vers l’aval. Au carrefour, Nous retrouvons les copains qui remontent . Petite pause . Avec Thomas, nous décidons d’aller voir le fond.
Le méandre passe bien, sauf quelques zones assez sélectives…. que nous aurions pu contourner si nous avions été plus attentifs !
Accès au dernier puits (équipement en place : des cordes de 12 ou 13mm et ça ne passe pas dans le descendeur)
Descente du dernier grand puits pour aller jeter un œil à la désobstruction de fous que le SCJ à engagé ici. Chapeau les gars !
Remontée sans encombres

 

Après un parcours de quelques km dans les campagnes Suisses, nous découvrons que le GCPM n’est pas le seul a pouvoir accueillir du monde dans un gite tout confort pour les spéléos.
Le local club du SCJ n’est autre qu’une ancienne ferme isolée dans une paisible vallée. Le top !
La grange a été aménagée en salle de jeu avec bar et billard .
L’intérieur est fonctionnel avec tout le confort attendu par des spéléos
Bon, une seule douche, et, un moment j’ai crains devoir patienter des heures pour prendre une douche…. mais étonnamment je n’ai croisé personne ni le soir ni le matin

 

 

 

 

Nos hôtes savent recevoir  et la soirée raclette se passe merveilleusement bien.
Comme d’hab, Julot (GS La Roche) nous fait découvrir des élixirs doux et douteux
Les premiers vont se coucher vers 22h00, mais les derniers refont toujours le monde jusqu’à plus de 2h du matin.

Dimanche matin . Réseau Milandre. Il s’agit d’une traversée souterraine dans une rivière active.
L’accès est restreint et, c’est le SCJ qui possède les clés.
10h00, Julot ne sait toujours pas comment il s’appelle et il sent encore la mirabelle à plein nez !

Nous ferons la traversée depuis l’aval vers l’amont .
C’est peut être un peu plus fatiguant, mais au moins on ressort propre (ce qui est loin d’être le cas dans l’autre sens)
L’entrée par l’aval est originale, puisqu’il s’agit de l’ancien accès pour la partie touristique et donc les premières centaines de mètres sont aménagées avec rambardes et escaliers.
Une porte basse marque le début du réseau pour les spéléos.

La première partie assez basse et boueuse est plutôt inadaptée pour une progression en néoprène. les visages rougissent rapidement. Après plusieurs centaines de mètres dans ce chaos malaisé, nous débouchons avec un immense soulagement dans la rivière.

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Au début, le parcours est assez similaire au cheminement dans les Biefs en direction des patafouins. Puis, après une bifurcation tout change. C’est magnifique. A chaque virage c’est un nouveau décor. Les bassins s’enchainent  et souvent le parcours est superbement concrétionnée . Difficile de faire des photos car le rythme de progression est soutenu. Pascal ( le frère de Marcel) nous guide dans ce réseau qu’il connait bien.  
Arrivés à l’échelle, nous sommes environ à mi parcours et nous profitons d’une zone sèche pour casser une petite croûte. Plus on se rapproche de la sortie et plus les plafonds sont concrétionnés. Les colonnes coulées et autres stalagmites sont d’une blancheur à faire pâlir un fantôme.                  .
la sortie est pour le moins originale, puisqu’il s’agit d’une chemine artificielle ouverte par le SCJ .entre 1973 et 1976 . Un puits de 21m creusé en pleine roche et… pour le confort la section est d’environ 3x4m.

 

 

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Soit, au minimum 800m3 de roche qu’il a fallu extraire.
Le puits est équipé d’une echelle fixe.

 

Quelques mètres sous la surface, par un palier on accède à une petite galerie qui fait office de cave.  Mieux vaut ne pas avoir trop bu lorsque l’on va chercher une bouteille !

Nos amis Suisses qui aiment le confort ont construit un  chalet dans le champs à proximité du puits et pendant les travaux, c’était le point de ralliement des spéléos.
Aujourd’hui encore, le chalet est fonctionnel et c’est autour d’un feu que nous avons terminé cette belle sortie.
Un grand merci à Marcel, Pascal et à tous les membres du SCJ pour cet excellent weekend

Toutes les photos ici
(certaines sont de bien mauvaise qualité)

Christophe

 

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