Archives de catégorie : Sorties Spéléo

À propos de la Combe du Creux

Mi-novembre 2017

Investiguer un siphon peut être vu comme un voyage. C’est un voyage de la seule première vers une étude plus soutenue, matérialiste et scientifique aussi bien qu’esthétique. C’est un passage de la lumière à l’obscurité, ensuite à nouveau vers la lumière mais avec une humeur différente.
Les couleurs principales de la palette ne sont pas les mêmes que dans des endroits moins éloignés. Au lieu de se tenir debout sur la terre, dans un environnement chaud, il faut palmer dans l’eau, sous terre, vivre dans un environnement plus froid.
Enfin, même si visiter un siphon est toujours merveilleux, c’est d’extension limitée, il n’y a pas « plein de temps » comme dehors, au lieu de cela l’horloge avance à chaque respiration.

L’entrée

Un lieu exotique rêvé à l’interface des mondes intérieur et extérieur

Mai 2017

Le niveau d’eau fluctue en fonction de la météo.

Le niveau le plus bas est atteint en été, cependant que des crues peuvent survenir après les épisodes pluvieux, rendant la plongée plus difficile ou impossible (davantage de décompression, moins de visibilité).

 

Mi-novembre 2017

 

 

Quelle que soit la saison, le bleu-vert (turquoise) contraste avec des nuances de la couleur opposée ; cette palette est très différente de vues plus classiques.

 

Les arbres vues depuis l’entrée suggèrent différents sentiments, selon l’heure et la saison.

La teinte verte, qui est importante au photographe, va du vert émeraude sombre à des nuances jaunâtres plus claires.

Fin août 2017

C’est une des dernières choses que l’on voit en entrant sous terre et une des premières vues après la plongée.

Fin août 2017, durant un étiage extrême

 

Les jours de pluie, lorsqu’ils n’empêchent pas de pénétrer dans la cavité, rappellent l’origine de l’eau. Sans eau, la palette serait certainement plus terne.

La lumière peut pénétrer au travers de l’eau transparente et se réfléchir sur la roche, donnant des nuances turquoise qui se mélangent avec d’autres reflets à la surface.

L’eau opaque, pendant ou juste après les crues, a une couleur plus marquée. Les ombres deviennent plus importantes que les reflets.

 

Les formes pouvant être vues dans la cavité (« Spéléothèmes »)

juillet 2017

Un monde étrange, parfois sans dimension ou dépourvu d’échelle.

Il y a un seul endroit dans le siphon où une surface libre peut être atteinte, au sommet d’un puits noyé.

Ailleurs, seules de minces bulles d’air peuvent être piégées sous le plafond où elles accentuent la corrosion, même dans la zone profonde.

Parfois elles ressemblent à des miroirs de mercure ou d’argent. Parfois on peut deviner des reflets de la galerie à travers une eau claire. Ce ne pourrait pas être un refuge en cas de problème.

Mi-août 2017

La cavité contient plusieurs dépôts d’argile.

Une forme fragile, peut-être une stalagmite d’argile, suggère que cette zone n’a pas toujours été noyée. L’approcher et la mesurer demande un bon équilibrage ; un simple coup de palme ou de doigt la détruirait irréversiblement.

Juillet 2017

Au début de la zone profonde, un autre dépôt d’argile correspond à la boue qui a coulé d’une galerie secondaire il y a longtemps. Le dépôt a été labouré par les bouteilles relais des plongeurs.

Plus on rentre loin dans la cavité, moins il est facile de photographier des formes intéressantes, à cause du manque de temps.

 

Des galets et des marmites suggèrent que cette partie de la cavité n’a pas toujours été noyée.

Une ligne sur la carte géologique indique que la lithologie change de calcaire à marno-calcaire ; sous terre cette ligne peut être touchée.

août 2017

Des coups de gouge peuvent être trouvés dans plusieurs endroits de la cavité.
Les mesurer permet de reconstituer des écoulements passés et d’alimenter des modèles numériques.

Des coups de gouge « bi-dimensionnels » très particuliers peuvent être observés et mesurés. Ils pourraient correspondre à des cannelures (formées lorsque cette partie de la cavité était exondée) guidant la formation des coups de gouge.

La cavité contient beaucoup d’autres formes intéressantes, qui demandent de la disponibilité pour les observer.

La galerie :sentiments et formes

Une vraie vie en liberté

Août 2017

Photographier sous l’eau sous terre pendant l’action nécessite de combiner plusieurs images pour récupérer suffisamment de lumière.

C’est l’équivalent d’une très longue exposition en photographie argentique.

L’appareil photographique est fixé sur un trépied et le plongeur éclaire la galerie avec ses lampes.

Une eau suffisamment claire peut être trouvée seulement en été.

juin 2017

En quelques dizaines de secondes, l’environnement peut changer complètement, l’eau devenant opaque au point de perdre l’appareil photographique (ce qui est arrivé deux fois).

La galerie principale n’a pas toujours une section classique, elliptique et « propre ».

Des dépôts d’argile et des formes de corrosion sont présents dans différents endroits.

L’existence d’un petit canyon suggère que la partie profonde de la cavité n’a pas toujours été noyée.

 

Aucun rayon de soleil ne peut rentrer dans le siphon. Apporter un éclairage artificiel permet de « peindre » depuis le noir, ce qui est exactement le contraire de l’aquarelle.

Mi-août 2017

Malgré le fait que cela ne corresponde pas à l’esthétique attendue par une majorité, ne pas apporter trop de lumière et préférer des expositions uniques peut être meilleur dans certaines circonstances.

Parfois cela transmet une humeur plus proche de l’expérience réelle.

 

Pour les profanes, il y a certainement peu de différence entre explorer un siphon ou juste le pénétrer. Une photographie appartient à une série que j’avais plein de temps pour réaliser.
Quelques secondes après avoir pris la seconde image, je manipulais le dévidoir dans une galerie secondaire que j’explorais à -44 m. La visibilité est devenue nulle et après quelques mètres sans amarrage naturel je rebroussais chemin, avec les deux mains sur le fil.

Toutes les photos   ICI

Pierre BOUDINET

Sortie Moulin des Iles, Cademène

Le 14 07 2018 avec Guy, Franck, Daniel.

Sur une proposition de Guy d’un choix de plusieurs sites nous optons pour le Moulin des Iles, Franck et moi n’avons fait que l’entrée et pour ma part ce sera ma première rivière souterraine en néoprène prêtée pour l’occasion par Guy.

 

La marche d’approche n’est pas très longue mais avec la chaleur ambiante il nous tarde d’être dans la cavité.

 

 

 

Arrivés sur place nous enfilons nos néoprènes et nous commençons l’exploration. Après le porche et la partie des cheminées nous débutons par une galerie basse sur plusieurs mètres avant de se relever.

La suite est une succession de méandres, le profil de la galerie est peu large et haute parsemé de gours plus ou moins profonds et de petits ponts qu’il faut escalader ou passer par dessous.

A mi-parcours nous pouvons admirer des excentriques en partie haute. Franck Fait quelques photos avec un minimum de matériel, pas facile.

La progression n’est pas toujours aisée. Dans la deuxième partie de la galerie en trou de serrure nous pouvons voir la galerie supérieure, ancien réseau.

Nous arrivons à la voûte mouillante de l’ancien terminus, je suis motivé pour aller voir la suite mais le plafond s’abaisse franchement et je renonce au bout de quelques mètres.

Cela fait 2 heures que nous progressons, nous faisons une pause, Guy prévoyant nous propose un café et quelques barres de céréales qui seront bien appréciés, cela va nous booster pour le retour qui se passe sans encombre.

 

Un bon bain dans la loue vient clore cette belle exploration de 4 heures. Un bon moment partagé et merci à Guy de nous avoir fait découvrir cette belle rivière souterraine.

Toutes les photos     ICI

Daniel Ramey

Descente (et remontée) du Creux Billard

Le 15 juin étant passé de quelques jours, les falaises du site du Lison sont à nouveau autorisées à la pratique d’activités sur corde.

Jean Lou et Damien proposent par mail de descendre le Creux Billard en rééquipant, au besoin, certains endroits de la verticale.

image d’archive

J’ai déjà fait cette descente il y a bien longtemps mais pas en suivant le trajet de la cascade éphémère.
Je saisi donc cette opportunité sans hésiter car j’ai une petite idée derrière la tête : faire des photos du site quand il est en eau et avec une echelle humaine le long de la chute.
Voilà une belle occasion de reconnaître les lieux au sec pour être opérationnel le jour J.

Jean Lou est à l’équipement. Les conditions sont optimales : on est à l’ombre avec une petite brise légère qui remonte jusqu’à nous.
On savoure le spectacle aérien au milieu des martinets et des faucons.
Les paliers où prendre pied ne manquent pas et on est presque toujours contre paroi.

Je suis surpris par la surface du palier intermédiaire. D’en bas, on ne le soupçonne pas aussi grand. Les crues de fin janvier 2018 ont complètement décapé la roche qui est maintenant à nu.

L’acoustique est également excellente :
On peut saluer les touristes qui se pointent en bas sans être obligés de brailler !

Jean Lou ajoute un nouveau spit avec un petit perfo compact que Xavier nous a prêté (Merci beaucoup à lui) et nous voilà arrivés tous trois en bas avec de l’eau jusqu’au genoux !

Sur le chemin de la remontée, nous équipons la vire qui nous permet d’accéder à la grotte Nord qui se trouve perchée à 25 mètres au-dessus du lac.

C’est dans la partie supérieure de la galerie d’entrée de cette cavité que fut découvert en 1895 un gisement préhistorique daté de l’âge de bronze.
Nos ancêtres avaient du flair pour repérer les sites propices pour se mettre en sécurité (encore fallait-il pouvoir y accéder !!)

Damien ajoute une nouvelle corde à la verticale qui permet de monter au porche car Thomas envisage prochainement de venir découvrir les lieux.

Je laisse mes 2 compères déséquiper la grande verticale pendant que je fais sécher mon appareil photo qui a pris un bain involontaire !

A mon avis, même sans eau, l’ambiance mérite largement le détour. Les sensations sont différentes du porche de la Sarrazine , avec probablement moins d’adrénaline secrétée et un contact avec la roche plus intime.

Toutes les photos de la sortie    ICI     (avec quelques images d’archives)

 

Sur la carte postale ancienne ci-dessous, on a une  vue d’ensemble du site.

Les bâtiments à proximité de la source sont encore debout mais plus pour longtemps puisque Monsieur Bauquier va passer par là. …

Gouffres du Siblot (petit et grand), Grottes de Grosbois et de Buin

Salle inférieure du Petit Siblot

Rendez vous 9h30 au refuge, on se retrouve avec Thomas, Guy et Gauthier, avec dans l’idée de faire le petit Siblot (gouffre bien connu, mais que pourtant aucun d’entre nous n’a encore jamais fait) et éventuellement le gouffre du Caire, à proximité, si le temps le permet.

Salle inférieure du Petit Siblot

Etant quatre, et pour optimiser les trajets, nous prenons donc … 3 voitures ! 😉 et nous rendons sur le « sentier des dolines » à proximité d’Ougney Douvot.
Le petit Siblot est assez facile à trouver et une personne sur place nous indique le chemin (en nous mettant en garde contre les risques de vol);

 

Sur le parking, nous ne sommes pas les seuls, des alsaciens nous ont précédés. Gauthier inaugure un nouvel éclairage (« de fabrication grecque ») fraîchement reçu

Grotte du Grand Siblot (Franck)

Le puits d’entrée, plutôt étroit, nous permet d’accéder, après une courte verticale (P7) au second puits (P18) de belles dimensions (Wahou !).
Thomas se charge de l’équipement (par dessus l’équipement déjà en place) et nous lance: « Passez devant j’équipe ! »

Grotte de Grobois (Gérard)

Nous sommes agréablement surpris par les volumes et les concrétionnements (il y a de belles piles d’assiettes dans le plan incliné à la base du P18).
Nous trouvons la suite sans difficulté: remonté en escalade (équipement en place) et méandre en étroiture (courant d’air bien présent) pour rejoindre un balcon donnant sur une salle concrétionnée.

Grotte de Buin

Nous croisons les deux alsaciens et prenons le temps pour faire des photos.
Thomas en profite pour tenter diverses positions « chauve souris » et « descente sur corde la tête à l’envers »
Pendant ce temps, Gauthier, rencontre des difficultés avec son éclairage dont l’interrupteur ne répond plus Après plusieurs tentatives de changement des batteries, une parade est trouvée, Gauthier découvre qu’il est possible de changer de mode d’éclairage en mettant des claques dans son casque !! (Option propre aux leds grecques ??)

Grotte du Grand Siblot (Franck)

Nous remontons et profitons du reste de l’après midi pour visiter à proximité:
– Le gouffre du grand Siblot: Grotte courte mais haute et large avec un puits de lumière au plafond en entrée;
– La grotte de GrosBois: Les gours que l’on y trouve à l’entrée ainsi que le profond sous-tirage valent le détour
– La grotte de Buin à Baume les dames: Plutôt insolite, une escalade de la coulée au fond permet d’accéder à une galerie avec une table de pic nique et des chaises.

Le gouffre du Caire attendra pour une prochaine fois !

Toutes les photos   ICI

Sortie du 20 Mai 2018 – Julien Gressier

La Chasse au Trésors ! – Gouffre Jacky Gauthier

Vendredi 27 avril, enfin disponible, je décide (sans aucun mal) Jean-Lou pour aller faire un tour au Gouffre Jacky GAUTHIER n°01. C’est un puits de 55m à VERRIERES DU GROSBOIS, dont l’entrée vue sur photo m’a particulièrement attiré : la tête de puits est équipée d’une potence digne d’un puits de mine de diamants !

Photo Romain Lepage 2017 Basekarst – GIPEK

Ça doit valoir le coup !

Nous trouvons facilement l’entrée. Le temps de nous équiper, et nous descendons un magnifique P55. Des anneaux sur la potence facilitent grandement l’équipement, dans ce magnifique puits quasi plein gaz.

Au fond, visiblement un énorme travail de désob, toujours en cours.

Après une bonne bière, nous décidons de rechercher l’entrée du Gros Bourbier, non loin de là.

Jean-Lou retrouve facilement l’entrée de la Vieille Herbe, mais malgré nos recherches ardues dans la jungle de ronces et taillis quasi infranchissables, aucune trace de l’entrée du Gros Bourbier. Nous décidons d’abandonner, et de retourner à la voiture.

En chemin, nous découvrons un majestueux arbre, équipé d’une plateforme, à une vingtaine de mètres de haut, accessible par des échelles montées en fixe. Quelle vue, perchés là haut !

Mais le trésor de s’est pas limité à ça. Tartine a pu concocter le soir même une petite omelette aux tiques valeureusement glanées par Jean-Lou, lors de nos recherches ! Trois en tout, plus celle que je lui avais déjà retiré

GSCA – 18 octobre 1964 – Descente au treuil

La Rochette c’est super chouette !

Cette semaine, les conditions météo sont idéales pour aller taquiner la Rochette

Rendez-vous et pris avec Thomas et Jacky pour ce samedi 21 Avril 2018.
Thomas est impatient de se confronter à ce gouffre qui en a découragé plus d’un !
Par précaution, un petit repérage la veille permet de valider que le tonneau d’accès n’est pas rempli de galets comme parfois. C’est bon, ça passe et il y a même un puissant courant d’air soufflant.

Nous voici à pied d’œuvre sur site ce samedi matin. Franck  nous accompagne jusqu’à l’entrée ou nous nous engouffrons à 9h45.
Il y a beaucoup d’eau dans la première partie basse mais la garde d’air est largement suffisante pour passer. Jacky barbote avec nous jusqu’à la cheminée de 7m, puis il ressort.

Au-dessus de la cheminée, les choses sérieuses commencent. Hauteur de la galerie, 47cm. Après quelques mètres, la hauteur ne change guère, mais une belle voûte mouillante vient compliquer la progression. A la sortie de cette zone, Thomas a toujours la patate et annonce qu’il s’attendait à quelques chose de beaucoup plus compliqué.
Nous continuons à remonter le réseau et nous laissons de côté les galeries annexes qui sont toutes rapidement trop étroites pour être visitées.
Le sol est tourmenté et devant nous, les cupules se dressent telles des couteaux acérés. Du coup, la progression est plus piquante…(et surtout plus lente)

Le réseau est parfois recoupé par de belles diaclases qui permettent de se reposer en position assis.
Quel luxe !
Thomas découvre qu’il a perdu une vis de fermeture sur son boitier batterie. Oups…. Une lampe toute neuve. Bon, on a franchi les zones les plus mouillées. Ça devrait tenir jusqu’au bout.
Nous arrivons maintenant au niveau d’une grande diaclase qui recoupe toute la galerie. Il faut franchir cette zone de presque 10m (debout…)  pour accéder à la suite.
Dans cette zone, une petite salle de 2x2m permet de faire une pause et nous profitons du lieu pour casser  la croûte. il est 14h15 et nous avons « déjà » topographié 160m de réseau ce qui veut dire que nous progressons à la vitesse fulgurante de 35m à l’heure !!!.
Mais ne nous décourageons pas. L’estomac plein, nous voici repartis dans une zone basse très similaire à ce que nous avons déjà franchi avant la grande diaclase.

Les visées laser s’enchainent quand soudain, j’entends un bruit inhabituel.
Thomas découvre que la vitre incassable de son bel appareil photo (tout neuf) vient d’exploser dans sa poche.
Ca me rappelle une mésaventure en 2003 lorsque nous avions tenté avec jacky de réaliser la topo avec des moyens plus rudimentaires, j’avais explosé la vitre de la boussole dans les mêmes conditions et  sans son huile, la boussole était devenue beaucoup moins précise…
L’appareil photo est HS.

Nous voici arrivés à la zone des boyaux. Devant nous, 2 galeries assez étroites. Celle de droite parait plus aisée, mais je me rappelle que même si au final les 2 galeries se rejoignent, celle de droite est au moins 2 à 3 fois plus longue que celle de gauche…

Malins…. Nous nous engageons dans celui de gauche.  Après quelques mètres ….. oups, la galerie se sépare encore en 2 et là … je ne me rappelle pas de cette bifurcation.  Test des 2 réseaux qui finalement se rejoignent après 15m environ de reptation dans des zones parfois assez étroites (oui oui, dans un réseau déjà bien étroit on peut trouver des zones encore plus étroites) mais ça passe et c’est l’essentiel
Au franchissement d’un petit bassin, je découvre que la pochette étanche de l’appareil de levée topo n’est en fait pas (ou plus) étanche du tout. Le PDA baigne dans l’eau …. Là, ça craint ! Si le matos topo rend l’âme … il faudra peut-être tout reprendre.  C’est bon,  l’appareil ne montre aucun signe de faiblesse. Nous continuons.
Thomas m’indique que je viens de passer devant une galerie qui mériterait quelques visées topo.
Une petite salle est en effet suivie d’une diaclase remontante. Le sol est très argileux et  il complique la progression. En haut, à +5m environ, ça continue en galerie basse. Pas de traces au sol ; Il me semble que nous sommes en première et je propose à Thomas de faire un petit repérage de la suite.
Sans se faire prier, il s’engage dans la galerie, mais après quelques mètres, rapidement, il aperçoit les traces de nos prédécesseurs dans cette zone. Denis Michel, Sylvain Borie et d’autres peut être sont passés par là en 1999, et se fut même le terminus d’une sortie en première.

Les infos sur la paroi sont peu visibles

Pour preuve, les inscriptions dans la glaise. Moi, je ne me rappelle pas être passé par là, mais, il y a aussi des preuves du contraire. Toujours dans la boue, on retrouve les initiales de Jacky Bonanséa et Christophe Raguin  lors d’une séance topo en 2003 (la fameuse boussole cassée…)

 

Reprise de la topo car nous voulons absolument terminer toute la partie basse. Thomas ne sait plus s’il faut continuer ou arrêter.
Après encore 100m environ, nous arrivons enfin au pied de la diaclase qui permet d’accéder au réseau supérieur. Pas d’erreur possible, le courant d’air vient de là, et une corde de progression encore en place conforte notre analyse.
Fin de la topo pour aujourd’hui et c’est enfin de moment du retour.
Dans le boyau « merdique » nous ne reconnaissons pas la configuration des lieux et la zone nous parait anormalement longue à parcourir. En sortant du boyau, nous nous apercevons que nous sommes revenu par le fameux boyau de droite… celui que nous ne voulions pas prendre car très long et très merdique. (je confirme… Thomas aussi )
Sympa, Thomas me ramène le PDA que j’ai perdu dans une vasque d’eau. Cette fois, l’appareil baigne complètement dans la pochette censée être étanche..
Heureusement qu’il l’a retrouvé…. Sinon adieu topo …On prie pour que la carte SD au moins soit exploitable !
  Retour vers la sortie à un petit rythme car les coudes et les genoux commencent sérieusement à faire mal malgré les équipements appropriés.
La voûte mouillante « super facile » à l’aller devient beaucoup plus difficile dans l’autre sens (la fatigue est là) mais on sait que c’est le dernier passage compliqué. Dans 60m nous serons dehors

Ca y est ! On aperçoit le bas du tonneau. Dehors une voix familière nous accueille.
Guy et Jacky ont patiemment attendu pendant de longues heures notre retour
Guy s’impatientait et nous annonce l’heure 19h45. Oups… avec Thomas, on était persuadés qu’il était 16h ou grand max 17h00 ….
Merci les gars de nous avoir attendu avec une bière bien fraiche!
    

Au final de cette sortie de 10h, 376m de précieuse topo seront exploités pour un dénivelé de + 2,50m.

Le PDA fonctionne toujours, la lampe de Thomas aussi. L’appareil photo reste définitivement HS et je ne suis pas sûr que la garantie va fonctionner….

Vivement la prochaine fois car le réseau supérieur est beaucoup plus confortable (entre 80cm et 1.20m de hauteur…. Le luxe quoi !)
Thomas reste très motivé pour la suite. Bravo et merci pour m’avoir accompagné dans cette séance un peu ingrate mais indispensable.

D’autres photos ici

Christophe

Sortie initiation aux Cavottes (par Daniel)

Quand Guy et Thomas m’ont proposé cette sortie d’initiation au Cavottes j’ai tout de suite été emballé par l’idée

 

On s’est retrouvé à 9,30 H au gite pour la prise de matériel.
Des Cavottes je ne connaissais que la salle du Chaos et la galerie situé à droite de l’entrée.
J’avais hâte de découvrir la suite.

 

Pour la partie technique ça a commencé par la tyrolienne puis Thomas a équipé la vire du Faux Pas et le R7.

Cette première descente s’est bien passée, j’ai été mis en confiance par le sérieux de mes accompagnateurs en terme de sécurité.
Nous avons continué par la galerie Sud jusqu’au P20 et nous avons entamé une séance photo sur le retour de cette galerie Sud, les volumes sont très intéressants.
Thomas et Guy se sont lâchés pour les pauses.

 

De retour au pied du R7 il était le moment d’un petit casse-croute et d’un café apporté par Guy.
La suite fut la découverte de la galerie Nord, nous y avons croisé un groupe d’Allemands faisant une pause, la salle Ex-terminale fut le terme de notre exploration.
La remontée du R7 fut assez physique pour moi, par manque de technique ou de quelques kilos en trop…

La tyrolienne dans le sens du retour a été plutôt ludique, sortie des Cavottes à 16H et retour au gite pour le matériel.
Merci à Guy et Thomas pour cette première expérience de technique spéléo et de leur bon humeur.

La Chenau 1 – Trépot – Sorie ré-équipement

Sorties du 24 et 30 Septembre 2017 à Lachenau

Thomas,  Jacky et Jean-lou

Il y a quelques temps, nous étions allés à LaChenau et Thomas avait été victime d’une rupture d’amarrage dans le puits d’entrée « grosse frayeur ». Heureusement le second spit avait bien tenu, mais Thomas m’avait proposé d’y retourner pour planter quelques spits afin de sécuriser un peu mieux l’entrée.

24.09 :           Rendez-vous au refuge Thomas, Jacky et moi, après la pose de deux spits dans la zone d’entrée, je leur propose de revoir l’équipement du P40 de Lachenau 1, nous y étions allés avec Xavier et Jean-Marc je crois. L’équipement était plus que succinct, acrobatique et vétuste.

Nous en profitons pour initier Thomas à la pose de spits et aux choix de cheminements.
Après la pose de son premier spit, Thomas tout fier parle de poser une plaque pour commémorer l’évènement.

Ce jour là nous posons une douzaine de spits.

Retour à La Chenau ce samedi 30.09, Thomas et moi en prenant quelques précautions d’usage et un bon nettoyage des parpaings sur la lèvre du puits, nous parcourons l’ensemble du gouffre pour évaluer le travail restant et prévoir les bonnes longueurs de cordes. Pas mal de modifications à faire.

Il reste une dizaine de spits à planter pour réaliser un équipement de bonne facture et sécurit. Une autre séance sera donc programmée dans quelques temps.

Cette partie La chenau 1 est vraiment superbe, de belles formes d’érosion et de très jolis puits larges et corrodés. J’estime que c’est la plus belle zone de La chenau.

Il resterait à faire un travail de sécurisation au sommet du P40 (grillage ?)

A suivre donc….

Jean-lou

Chauveroche – Sortie du 26 aout 2017

Initialement, il était prévu de faire une sortie en Suisse, mais l’organisateur de la sortie nous ayant planté au dernier moment, nous avons du trouver une solution de repli.
Pierre a alors proposé Chauveroche. J
‘y étais allé avec lui en juillet 2016 (et aussi avec une bande de Tchèques dans les années 1990 …) et nous nous étions arrêté à la première cascade. Puis, il y était retourné avec Alicia avec le même terminus pour objectif. Corinne, quant à elle n’avait jamais vu Chauveroche.
Le but de la sortie était donc clairement de dépasser l’obstacle de la cascade, avec un autre but inavoué : voir le lac rond.

Il est donc 10h00 quant nous pénétrons dans la grotte. Tout le monde a opté pour la tenue classique. Les néoprènes ne seront enfilées qu’à l’arrivée vers les bassins.

Assez rapidement, nous remarquons que les galeries boueuses de la première partie sont beaucoup plus sèches que lors de nos précédentes visites. Du coup, ça glisse beaucoup moins et c’est tant mieux ! Je remarque d’ailleurs que la grotte semble bien s’assécher d’une manière générale. La fameuse « laisse Fournier » qui était un obstacle notoire auparavant n’est plus qu’une petite mare, bien boueuse certes, mais qui ne nécessite plus une corde pour se tracter et un gros risque de perdre ses bottes comme par le passé. Enfin, il y a quant même encore des passages bien glissants et la sortie, lorsque tout le monde est mouillé reste bien « rock’n’roll » (ou « meumeu » comme diront d’autres …).

Donc, nous voici finalement assez rapidement arrivés à « la plage », puis au « vestiaire » ou nous changeons de tenue. C’est à partir de là que Chauveroche prend tout son intérêt. Les énormes bassins à traverser à la nage sont un pur plaisir. Notons au passage qu’il manquait bien 15 cm d’eau dans les deux premiers bassins, ce qui nous a causé une petite frayeur quant à la remontée des gours. Mais le niveau de l’eau redevient vite normal et les gours ne seront finalement pas plus hauts que d’habitude.

Nous passerons en tête à tour de rôle car seul celui qui est devant peut profiter de l’eau claire.
Après avoir remonté tout les bassins, nous arrivons au très esthétique « affluent de la fontaine ». Ici commence un phénomène assez inhabituel, puisque l’eau coule à contresens et nous descendons donc une série de gours. Jusqu’aux « pertes » qui marquent le début de la partie active de la cavité. Pendant un moment, la galerie redevient boueuse.
Cette partie est plutôt traître parce qu’il y a des trous et des rochers complètement invisibles. Genoux et tibias vont prendre sévère dans cette partie.
Enfin, nous arrivons vers les « queues de baleines ». Il est juste midi et nous avons tous envie de casser la croute. Les sandwichs avalés, nous arrivons de suite à la fameuse cascade.
J’avais prévu une corde pour ce passage, mais finalement l’escalade est assez facile et nous n’en aurons pas besoin.

Le profil de la galerie change notoirement à partir de là. Moins large, plus irrégulière. Des marmites et des gours semblent très profonds. C’est peut être la plus belle partie de la grotte. La deuxième cascade n’est qu’une formalité à escalader.
La galerie s’élargi très sérieusement, mais nous arrivons à un carrefour. Le seul de la cavité qui puisse prêter à confusion. Nous choisissons la plus petite galerie qui est aussi la plus active. Par curiosité, je pars tout de même pour un petit repérage d’une centaine de mètres dans la « galerie du porche carré ». Cette galerie a des dimensions très respectables, mais je ne m’y attarde pas.


Nous poursuivons donc dans la « mini rivière » avec ses innombrables cupules et marmites qui, bien que très esthétiques sont une vrai galère à parcourir ! Même si la dimension du conduit à très fortement diminué, ce passage reste à taille humaine et la progression peut continuer à vitesse respectable.

D’un seul coup et sans prévenir, nous arrivons à la base d’une immense cheminée. Comme nous avons un horaire de sortie à respecter, nous en profitons pour faire le point. Pierre remarque qu’il nous reste un quart d’heure avant de devoir faire demi-tour. Comme tout le monde se sent d’attaque, nous décidons de continuer encore un peu.

Mais alors, la galerie s’élargi, le sol devient plat (enfin !) et nous courrons pratiquement dans cette section. Au bout de 20 minutes, nous n’avons rencontré aucune difficulté hormis quelques petits éboulis à grimper. On ne peut pas s’arrêter là dessus. Surtout que le siphon ne doit plus être très loin …
C’est reparti. 10 minutes plus tard, un semblant de patte d’oie. Je prends à gauche dans un bassin qui devient de plus en plus profond et ou je vois clairement le plafond plonger. Pierre part à droite sur un talus glaiseux et s’écrie presque immédiatement : « c’est le lac rond, il y a un fil d’Ariane ».
Yes ! Nous y sommes arrivés. Alicia et Corinne sont là. Nous descendons dans le lac rond pour la photo souvenir.
Nous ne pouvons pas nous permettre de nous attarder. L’horaire limite est dépassé, il faut retourner. Rien de notoire à signaler pour le retour. Je peux juste noter encore quelques tibias et genoux amochés, des sauts vraiment marrant dans les gours et les cascades (attention cependant à bien viser au milieu de la galerie !) et les talus vers la sortie qui eux, sont beaucoup moins marrant …

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Nous revoyons le soleil à 18h15 avec finalement un quart d’heure de retard sur l’horaire limite, mais bon, nous serons pardonnés …

En conclusion, une sortie très agréable dans une cavité bien diversifiée avec des sections bien délimitées. Une grande satisfaction pour toute l’équipe d’être allé aussi loin dans cette cavité.

A noter que Jean-Louis avait proposé cette sortie pour ce même jour, mais il a finalement monté une équipe pour une virée un peu plus « verticale »…

La suite des photos ici

Gouffre du Paradis

Avec Tof, Jacky et Jean-lou

Nous avions donné rendez-vous au Tof près de l’accès du trou.

Après de nombreuses péripéties nous finissons par nous retrouver (merci les nouvelles technologies connectées   hi ! hi ! hi !  le Gps du Tof l’avait envoyé aux champignons au fond des bois !)

Alors !   le Paradis … ! ça ne l’est pas !

Bon : ce n’est pas l’enfer non plus.

Ça ressemblerait plutôt au purgatoire.

Passé la zone de puits confortables de l’entrée, c’est tout en diaclases. Têtes de puits très étroites techniques et acrobatiques, déplacement en fond de méandres glissants etc….

La dernière fois que j’y avais mis les bottes ça doit remonter à quelques décennies.

Je ne sais pas si c’est moi qui ai changé ou le trou (qui contrairement à la logique de l’érosion) ce serait resserré, mais j’avoue en avoir un peu bavé quand même.

Jacky et moi nous nous sommes arrêtés au bout du grand méandre. Tof lui est descendu en bas du 1er grand puits.


.La remontée fut longue et pénible ça coince vraiment de partout, je comprends que ce ne soit pas devenu une classique très courue comme les autres.

Casse croûte dehors au soleil et passage chez le Tof pour le café et les gâteaux, merci Sandrine.

 

 

Je tiens à remercier tous ceux qui ont répondu à ma demande de renseignements par mail et une pensée toute particulière à Pierre Boudinet qui a effectué un travail remarquable dans ce gouffre. Se balader là dedans avec des bouteilles de plongée, il faut le faire, Chapeau !

 

Jean-lou

P.S : en voyant la plaque commémorative de l’accident de J. GOUJET en 1968, ce qui fera 50 ans l’an prochain, je me suis souvenu m’être trouvé sur place lors de ce triste épisode. On ne rajeuni pas les copains !

 

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